ETHIOPIE-ERYTHREE: L’APPLICATION PLEINE DE L’ACCORD DE PAIX D’ALGER SALUÉE

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21 Juin 2018
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Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a salué jeudi les récentes décisions annoncées par l’Ethiopie et l’Erythrée visant l’ouverture d’un « nouveau chapitre » dans leurs relations, exprimant son « engagement envers la mise en œuvre pleine et entière de l’accord d’Alger ».

Les deux Etats avaient annoncé récemment être prêts pour engager des négociations de paix afin de mettre un terme au conflit frontalier vieux de deux décennies entre les deux pays et d’appliquer entièrement les dispositions de l’accord de paix signé en décembre 2000 à Alger.

Le président érythréen Isaias Afwerki avait annoncé l’envoi d’une délégation à Addis-Abeba, tandis que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’est dit prêt à mettre en œuvre l’accord de paix conclu avec l’Erythrée sans conditions préalables.

Réagissant à ces annonces, le président de la Commission de l’UA a félicité, d’un communiqué de l’UA, publié jeudi, « l’Ethiopie et l’Erythrée, ainsi que leurs dirigeants, pour ces mesures « audacieuses et courageuses ».

Dans ce sillage, le président de la commission de l’UA a encouragé « les deux parties à persévérer sur cette voie afin d’ouvrir un nouveau chapitre de coopération et de bon voisinage entre les deux pays », a ajouté la même source.

Moussa Faki Mahamat a souligné également « qu’une paix durable aura un impact extrêmement positif sur la sécurité, sur le développement et l’intégration dans la région de la Corne de l’Afrique et sur le continent dans son ensemble ».

« Ce sera également une contribution significative à l’objectif de mettre fin à tous les conflits et guerres sur le continent d’ici 2020, comme s’y sont engagés les chefs d’Etat et de gouvernement africains en mai 2013 », a poursuivi l’ex-Premier ministre tchadien.

La décision prise mercredi par le président érythréen Isaias Afwerki d’envoyer une délégation à Addis-Abeba avait été saluée par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Le 5 juin dernier, le comité exécutif du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, parti à la tête de l’Etat, a fait savoir qu’il souhaitait la mise en œuvre « inconditionnelle » de cet accord de paix conclu à Alger avec l’Erythrée.

Répondant à cet appel, le président érythréen M. Afwerki a proposé, de son côté, de mettre en place, « sans condition », les décisions de l’accord de paix signé à Alger.

Cet accord avait mis fin à la guerre de deux ans (1998-2000) qui aurait causé la mort de plus de 70.000 personnes dans les deux pays.

L’accord de paix avait mis fin à la guerre frontalière, mais des affrontements survenaient occasionnellement entre les deux parties.

L’Ethiopie avait jusqu’au début de ce mois juin refusé d’appuyer les résultats de l’accord de paix dans leur intégralité, portant notamment sur la ville symboliquement importante de Badme que l’Ethiopie contrôle actuellement, mais qui avait été remise à l’Erythrée.

Pour sa part, l’Erythrée insiste pour que la démarcation des frontières soit faite avant toute négociation sur la normalisation des relations.

SOURCE/APS