Allocution de s.e.m abdelkader messahel ministre des affaires etrangères a la deuxième session du groupe de travail Afrique de l’ouest du forum mondial de lutte contre le terrorisme

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28 Nov 2018
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Messieurs les co-présidents du groupe de travail « Afrique de l’Ouest » du Forum Mondial
de Lutte contre le Terrorisme sur le renforcement des capacités,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

En tout premier lieu, je tiens à vous souhaiter la bienvenue en Algérie à l’occasion de la tenue de cette deuxième session du Groupe de Travail Afrique de l’Ouest du Forum Monial de Lutte contre le Terrorisme.

Votre présence à des niveaux de responsabilités élevés atteste de l’importance que vos pays respectifs accordent aux travaux de ce groupe et des thèmes inscrits à son ordre du jour.

Elle atteste aussi de la juste mesure qu’ils ont de l’évolution de la menace terroriste dans cette région et des risques qu’elle fait peser sur la sécurité individuelle et collective.

Elle atteste, tout autant, de leur volonté à apporter leur contribution à cet effort partagé de lutte commune, dans le respect de nos souverainetés respectives, contre le fléau du terrorisme et de ses différentes dimensions.

Elle atteste, enfin, de leur conviction dans la nécessaire promotion de la coopération bilatérale, régionale et internationale pour mener efficacement ce combat.

Mon pays est honoré d’accueillir cette réunion et d’apporter, une nouvelle fois, sa modeste contribution à cet effort collectif en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans cette partie du monde, en fait de notre continent africain, directement menacée par le développement de l’activisme terroriste.

L’Algérie déploie, à cet égard, d’importants efforts pour assurer sa sécurité sur son propre territoire et sur ses frontières et ne ménage aucun effort pour partager avec l’ensemble des pays de la région et de la communauté internationale son expérience dans le cadre de programme de coopération bilatéraux, régionaux et internationaux.

Nous accueillons cette rencontre en notre qualité de co-président avec le Canada de ce groupe de travail. Je tiens, à cet égard, à réitérer à ce pays ami notre satisfaction de la relation de partenariat que nous entretenons au titre de cette co-présidence et à lui exprimer, en votre nom à vous tous, nos remerciements pour son constant engagement
dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et dans le reste du Continent.

Mesdames, Messieurs,

Depuis votre dernière réunion, tenue ici à Alger également, la lutte commune contre les fléaux du terrorisme et de l’extrémisme violent s’est renforcée grâce aux importants efforts consentis à cette fin, tant par nos pays respectifs qu’au niveau de cadres régionaux et multilatéraux de coopération, comme le Forum Mondial de Lutte contre le Terrorisme ou l’Union Africaine.

La connaissance du mal terroriste et extrémiste s’est améliorée en dépit de la remarquable
capacité de mutation et d’innovation de celui-ci.

Plus de pays perçoivent davantage les causes multiformes et les effets néfastes de la radicalisation et de l’extrémisme violent et y réagissent par la mise en place de plans nationaux et de législations adaptés à la prévention de la radicalisation et à la lutte contre l’extrémisme violent.

Ils mesurent mieux la gravité du phénomène des combattants terroristes étrangers, en particulier dans une région comme la bande sahélo-saharienne, et les dangers dont ceux-ci sont porteurs pour leur sécurité et leur stabilité, et œuvrent à la réduction de leur mobilité, de celle de leurs idées dévastatrices ainsi que de la mobilité de leurs immenses ressources financières.

Ils constatent aussi dans l’accomplissement de leurs missions régaliennes, la corrélation entre le terrorisme et le crime organisé transnational ainsi que les flux financiers qui irriguent et nourrissent les activités criminelles des uns et des autres, flux qui permettent aujourd’hui aux groupes terroristes de recourir à l’intéressement financier dans leurs campagnes d’embrigadement de jeunes, suppléant ainsi l’inefficacité progressive des voies et canaux classiques de recrutement.

Plus de pays mobilisent aussi d’importantes ressources qu’ils destinent au renforcement de leurs capacités militaires, sécuritaires et civiles de lutte contre ces fléaux. En Afrique de l’Ouest, comme sur tout le Continent africain, ces efforts représentent malheureusement de sérieuses ponctions qui entravent et pénalisent les légitimes ambitions et programmes nationaux de développement.

Il est important aussi de relever, à cet égard, l’adhésion que recueillent, de plus en plus auprès d’un nombre croissant de pays, les valeurs et les vertus de la réconciliation nationale. Mise en oeuvre en Algérie à l’initiative et sous la conduite du Président Abdelaziz Bouteflika, cette approche a permis au pays de retrouver la paix et la stabilité, de renforcer la cohésion nationale et de favoriser le vivre ensemble en paix. C’est pourquoi nous encourageons les
pays qui ont choisi cette voie à y persévérer dans le respect de leurs lois nationales et de leur souveraineté.

Mesdames, Messieurs,

La panoplie d’instruments pour combattre le terrorisme et l’extrémisme violent s’est elle aussi élargie, traduisant ainsi un engagement plus affirmé de la communauté dans cette lutte, convaincue en cela qu’aucun pays n’est à l’abri de ces fléaux. Parce qu’il avait livré le combat au terrorisme seul et dans l’indifférence de la communauté internationale, mon pays apprécie et encourage cette évolution en ce qu’elle est de nature à protéger d’autres peuples des horreurs que la barbarie terroriste a fait subir au peuple algérien durant la décennie des années quatre-vingt-dix.

A cet égard, je tiens à saluer le rôle déterminant joué par nos forces de sécurité, sous la conduite de l’Armée Nationale Populaire, dans l’élimination de la menace terroriste et le retour de la paix, la stabilité et la sécurité au pays.

Lors de leur rencontre annuelle, tenue au mois Septembre dernier à New York, les Ministres des Affaires Etrangères du GCTF ont adopté quatre nouveaux documents qui mettent à la disposition des pays membres de ce Forum, de ceux de l’ONU et de toute la communauté internationale un ensemble de bonnes pratiques et de recommandations pour mieux lutter contre différentes dimensions de la menace terroriste.

D’autres initiatives visant à renforcer ce combat commun contre l’hydre terroriste ont été lancées à cette même occasion. L’Algérie soutient pleinement ces initiatives et ne manquera pas d’apporter, comme elle le fait régulièrement, sa contribution à leur matérialisation, convaincue en cela que le terrorisme et la lutte qu’il impose à nos pays respectifs ne sont pas « des averses saisonnières » mais bien « un changement climatique » qui s’inscrit dans le long terme et auquel il faut s’adapter et adapter les moyens et les méthodes de lutte.

Mesdames, Messieurs,

Les thématiques que vous avez retenues dans l’ordre du jour des travaux de cette deuxième session plénière de votre Groupe de travail portent sur les grands défis que rencontre actuellement cette région de l’Afrique de l’Ouest face au développement et à l’extension de la menace terroriste.

Ces défis ont trait, entre autres, à une meilleure organisation et un plus affermissement de la lutte contre le financement du terrorisme, à la lutte contre les combattants terroristes étrangers et leur retour, contre leurs modus operandi, leur regroupement et la mutualisation de leurs moyens, ainsi que contre leur capacité de réseautage de leurs ressources et de leur propagande.

Ces défis ont trait aussi à l’amélioration de la coopération transfrontalière et la sécurisation des frontières, notamment à travers le développement et la coopération sécuritaire, ainsi qu’à la lutte contre les processus de radicalisation dans lesquels les groupes terroristes investissent beaucoup.

Ces défis ont trait, tout autant, à la juste valorisation du rôle de la femme dans la lutte contre les fléaux du terrorisme et de l’extrémisme violent. A cet égard, j’enregistre avec satisfaction l’attention que porte ce groupe de travail à cette question et à son importance dans la mobilisation de la société tout entière contre ces fléaux.

Mesdames, Messieurs,

Ce sont là quelques réflexions que j’ai tenu à partager avec vous sur les thématiques que vous allez examiner durant ces deux journées.

Je vous remercie pour votre attention et souhaite plein succès à vos travaux.