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Intervention de M.
Abdelatif RAHAL Paris, le 02 mars 2012 |
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Je ne sais pas si vous partagez mon état d’âme devant le caractère dérisoire de nos activités, de nos débats, de nos décisions dans un monde qui se délite de toutes parts, perdant chaque jour un peu plus de sens de l’humanité. Déjà accablés par la misère, la faim et souvent la soif, les pays sous-développés sont le théâtre d’une violence impensable qui fait quotidiennement des centaines de victimes. Les pays développés, de leur côté sont secoués par une crise financière sans précédent, qui ébranle leurs assises, menace leur stabilité et leur sécurité et remet en cause leur mode de vie. On peut légitimement se demander ce que fait ou ce que doit faire l’UNESCO dans ces conditions, elle qu’on avait chargé d’édifier les défenses de la paix dans l’esprit des hommes. Bien entendu, il s’agissait, dés le départ, d’un objectif particulièrement ambitieux et dont le caractère abstrait empêche toute évaluation réaliste. On doit reconnaitre de plus que l’Organisation n’a jamais disposé des moyens matériels nécessaires à son action. Personnellement, j’ai toujours été en admiration, et je le suis encore, devant les acrobaties budgétaires auxquelles se sont livrés tous les directeurs généraux, notre Directrice générale ayant hérité de la situation la plus délicate qui accumule tous les déficits précédents. On comprend difficilement l’attitude de l’un des Etats membres, et non des moindres, lorsqu’il prive de sa contribution l’Organisation pour la punir d’avoir pris la décision la plus courageuse depuis sa création. Il faut cependant que l’UNESCO continue à vivre, même si elle doit seulement vivoter car sa disparition serait une catastrophe pour l’humanité, pour tous les peuples et notamment les plus démunis et les plus ignorés d’entre eux. L’UNESCO reste un organe d’espoir d’un lendemain meilleur pour tous, ne serait-ce que par le contact qu’elle permet entre les peuples et entre les civilisations. Le message porté par l’UNESCO est tellement implanté dans la conscience des hommes qu’il est difficile de l’effacer. L’UNESCO, qui traverse actuellement une situation particulièrement délicate a connu dans le passé des situations analogues ou peut-être même plus graves par certains aspects. J’étais membre du Conseil exécutif lorsque trois Etats membres, parmi les plus importants, ont quitté l’Organisation pour manifester leur désaccord avec son action, au mépris de toute démocratie. L’UNESCO a été ainsi, du jour au lendemain, privée de plus de la moitié de ses ressources. Elle a néanmoins continué à fonctionner, bien sûr, en pratiquant des coupes budgétaires dans ses programmes. Mais elle a bénéficié de l’appui de ceux qui croient en l’idéal qu’elle porte et nous sommes de ceux qui croient que l’humanité peut encore se sauver et retrouver le visage de paix et de fraternité qu’elle n’aurait jamais du perdre. Ainsi donc, mes chers collègues, pour modeste qu’il soit, notre travail qui n’est pas spectaculaire et ne cherche pas la gloire, contribue à maintenir en vie cette organisation, à laquelle nous sommes tous attachés et qui reste, malgré tout, l’une des planches de salut de l’humanité.
Je vous remercie.
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