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S.E.M Missoum Sbih,
Ambassadeur d'Algérie en France |
Monsieur le Président, Mesdames,
Messieurs,
Je voudrais tout d’abord vous
remercier d’avoir bien voulu m’associer à cette
manifestation qui, chaque année, marque une
étape nouvelle dans le développement des
activités de votre association.
Notre rencontre, ce soir, qui
consacre un processus de contacts et d’échanges
avec les représentants de la communauté
algérienne en France, se situe dans le
prolongement des différentes rencontres que j’ai
eues ces dernières années avec les cadres
algériens à travers l’ensemble du territoire
français. Mais, sans vouloir être désobligeant
vis-à-vis des rencontres précédentes, je
confesse, bien volontiers, que Reage, ce soir,
c’est, à bien des égards, la cerise sur le
gâteau…
Je n’aborderai pas dans ma brève
allocution les thèmes importants que vous avez
bien voulu inscrire dans l’agenda de ce forum
concernant la question des IDE en Algérie car je
suis persuadé que les personnalités que vous
avez invitées sauront les traiter avec la
compétence et la pertinence voulues.
Il me parait, néanmoins, opportun
de saisir cette occasion, pour vous livrer
quelques éléments d’appréciation en ce qui
concerne les nouvelles mesures prises par le
gouvernement algérien en la matière qui ont
souvent donné lieu à des interprétations
abusives.
Les mesures prises dans ce
domaine, dans le cadre de la loi, avaient pour
objectif d’assurer la traçabilité des opérations
de commerce extérieur, d’en limiter l’étendue
face à une croissance sans précédent des
importations et surtout d’impliquer les IDE dans
l’effort de production, de création d’emplois et
de richesses et limiter le plus possible sa
concentration dans la sphère du commerce
extérieur. Il s’agit là d’objectifs importants
visant la mobilisation de l’investissement
national et étranger à l’effort de
développement global mené en Algérie qui
devrait accompagner les dépenses
d’investissement de l’Etat (plus de 150
milliards de dollars pour la période 2009-2014).
Les mesures édictées ont aussi pour but de
rationaliser et de limiter la facture des
importations, corriger ainsi les déséquilibres
constatés dans la balance des paiements et
prendre en considération la baisse des
ressources externes du pays en relation avec la
crise économique mondiale.
D’ailleurs, l’Algérie qui,
faut-il le rappeler, n‘a pas été épargnée par la
crise économique internationale, n’a pas innové
et les mesures qu’elle a prises sont aussi
légitimes que celles que les autres pays ont
adoptées.
Aussi, quand les pays occidentaux
en particulier ont, sans complexe et sans
scrupule, pris, pour faire face à la crise
économique internationale, des mesures de
caractère exceptionnel qui ont ébranlé les
fondements mêmes de l’économie de marché, ces
pays ont alors dit, nonchalamment, avec
sans doute le
sentiment du devoir accompli, qu’ils étaient
dans la bonne voie… Par contre, quand l’Algérie
prend des mesures relativement limitées pour la
sauvegarde de son économie, on pousse des cris
d’orfraie et on va jusqu’à dire, le plus
solennellement du monde, que « l’Algérie fait
fausse route ». Fausse route ? Une telle
déclaration, outre qu’elle ne respecte pas notre
souveraineté et nos choix, est incompatible avec
l’esprit de partenariat et jette un trouble sur
la véritable nature des rapports que l’on
voudrait établir avec notre pays.
Mesdames, Messieurs,
La mobilisation de
l’investissement national et étranger constitue
une exigence certaine dans cette étape
importante par laquelle passe l’économie
algérienne.
Je sais que votre association,
depuis sa création, a organisé nombre de
rencontres et de forums comme celui-ci dont
beaucoup ont été consacrés au secteur
économique, en particulier à la promotion des
investissements français en Algérie et au
renforcement des relations économiques entre
l’Algérie et la France ; de ce point de vue,
Reage pourrait certainement être d’un apport
appréciable dans ce domaine en ce sens qu’elle
pourrait constituer une plate-forme de
rencontres et d’information des opérateurs
économiques algériens et français et un vecteur
pour la création d’entreprises et de
partenariats ainsi que l’approfondissement de
l’axe stratégique de l’innovation et de la
recherche scientifique.
Votre association est pionnière
dans l’effort de notre communauté en France à
s’organiser et à se déployer pour réaffirmer ses
liens avec l’Algérie, favoriser les rapports
algéro-français dans tous les domaines mais
aussi prendre en charge les immenses besoins de
notre communauté dans le pays d’accueil.
Votre association reflète aussi
la prise de conscience de l’élite algérienne en
France, de ses responsabilités et sa
disponibilité à faire bénéficier l’Algérie de
ses compétences dans tous les domaines, en
particulier le domaine de la formation, de
l’enseignement universitaire et de la recherche
scientifique.
Mesdames, Messieurs,
Au-delà des principes qui guident
votre association et des considérations qui
inspirent vos projets, je me permets de saisir
cette opportunité pour rappeler l’appel du
Président de la République dans son message du
13 décembre 2008 à la rencontre des compétences
nationales établies à l’étranger, à « inventer
des solutions neuves » et « chercher patiemment
les points d’articulation pour donner un sens à
son engagement » dans l’effort de redressement
national en Algérie.
Cet appel qu’il a réitéré encore
une fois dans son message lors des assises de
l’université d’été de la communauté nationale à
l’étranger en juillet dernier, en ces termes :
"Nous souhaitons que l'Algérie puisse tirer
profit des compétences dans les domaines de la
recherche scientifique, de l'expertise et des
découvertes technologiques ainsi que de
l'investissement financier dans divers secteurs"
en soulignant que « l'Algérie s'enorgueillit et
tire fierté de la réussite des compétences
établies à l'étranger et plus précisément dans
les pays industrialisés ».
C’est dire l’importance que l’on
accorde au plus haut niveau de l’Etat au retour
des compétences nationales. Ce retour peut
prendre des formes différentes mais doit, dans
tous les cas, être sérieusement préparé pour
éviter d’exposer les candidats au retour à des
difficultés, voire à des frustrations
préjudiciables à tous égards à la finalité du
projet. Le retour des compétences nationales,
au-delà d’une vision parfois idéaliste, se doit
d’être pris en charge de manière concrète et
réaliste par une politique réfléchie associée à
des mécanismes de coordination et de liaison
performants et efficaces à même de répondre aux
impératifs que requiert une telle démarche qui
vise notamment à la réalisation d’un souhait
partagé de hisser l’Algérie au rang de pays
émergent.
C’est pour cela que l’apport à
l’Algérie le plus attendu, d’une association
comme la vôtre, devrait avoir trois axes
essentiels : le secteur de la formation et de la
recherche scientifique et technologique,
l’amélioration de la compétitivité des
entreprises algériennes et la promotion des
investissements directs en Algérie et enfin
votre participation en termes d’analyses et
études pertinentes qui peuvent concourir à mûrir
les choix stratégiques pour assurer l’essor de
l’Algérie dans tous les domaines.
J’ajoute, enfin, que la mise en
place du Conseil Consultatif de la communauté
algérienne à l’étranger, constitue de toute
évidence un gage et une preuve de la volonté des
plus hautes autorités de l’Etat algérien de
favoriser la contribution de la communauté
algérienne à l’étranger avec ses potentialités
avérées à l’effort de développement du pays.
C’étaient là quelques éléments de
réflexion que je voulais partager avec vous à
l’occasion de cet important forum sur les IDE
en Algérie qui, faut-il le préciser, vient
opportunément pour souligner la volonté
d’ouverture de l’Algérie sur l’économie
mondiale, l’amélioration du climat des affaires
dans le pays sur des bases saines ayant pour
objectif essentiel le développement économique
et social et la construction d’une économie
algérienne forte et stable, condition sine qua
non pour affronter le défi de l’après pétrole.
Je reste convaincu que les
conclusions de ce forum seront à la hauteur de
vos exigences et dégageront surtout, des idées
et des axes de travail notamment pour les
entreprises algériennes et françaises pour
renforcer la relation économique bilatérale et
participeront ainsi à cet effort et cette
volonté commune des deux pays de construire un
partenariat d’exception fondé sur les intérêts
réciproques et le respect mutuel prenant en
charge toutes les dimensions de la relation
algéro-française certe la dimension politique et
économique mais aussi la dimension humaine et
culturelle.
Je voudrais, en conclusion, vous
dire ceci : au moment où l’Algérie fait, de
toutes parts, l’objet de sollicitations souvent
très exigeantes, je serais tenté de vous
conseiller, à chacune de vos contributions, de
ne pas manquer de paraphraser la célèbre
déclaration « ne demandez pas ce que l’Algérie
peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez
faire pour l’Algérie ». Ainsi, votre action
gagnera en densité et vous aurez alors,
vous-mêmes, manifesté un sens élevé des
responsabilités à la hauteur des ambitions que
Reage peut nourrir légitimement.
Je vous remercie.
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