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ELECTION PRESIDENTIELLE du 8 avril 2004 PROGRAMME du candidat Abdelaziz BOUTEFLIKA Programme électoral Mars 2004
Le 16 avril 1999, la majorité des électeurs m'avait accordé sa confiance pour mettre en œuvre un programme qui se résumait en trois objectifs essentiels à savoir, ramener la paix civile et promouvoir la réconciliation nationale, remettre l'Algérie au travail après les grandes difficultés qu'elle avait traversées, et enfin, rétablir la place de notre pays dans le concert des Nations. Cinq années durant, je me suis attelé avec vous, à restaurer la paix dans notre pays grâce à une lutte implacable contre le terrorisme, grâce à la Concorde civile et grâce à nos efforts constants pour promouvoir la réconciliation nationale. Cinq années durant, nous avons également œuvré ensemble à transformer l'Algérie en un vaste chantier aux réalisations nombreuses et indéniables. Cinq années durant, nous avons travaillé à briser l'embargo de fait imposé à notre pays et à faire en sorte que de nouveau, l'Algérie soit un partenaire actif, écouté et respecté sur la scène internationale. Au bout de ce parcours, nul ne peut nier que l'Algérie est en train de renouer avec la paix et avec le développement, même si des difficultés demeurent encore pour nombre d'entre vous. Le chômage commence pour la première fois depuis longtemps à reculer, la crise du logement s'allège, l'investissement s'accroît et la croissance se renforce. En un mot, l'espoir est de retour. C'est cet espoir que j'ai perçu dans l'appel qui m'est parvenu de citoyens et de citoyennes, de la société civile, d'organisations nationales et de partis politiques, à poursuivre, parfaire et compléter l'œuvre menée ces cinq dernières années. C'est en réponse à cet appel que je vous ai annoncé le 22 février dernier ma candidature aux élections présidentielles du 8 avril prochain. A cette même occasion, je vous ai indiqué les objectifs essentiels que j'entends poursuivre si tel est le désir de la majorité du peuple. Ces objectifs peuvent être résumés en quelques mots : permettre à l'Algérie réconciliée avec elle-même de relever les défis du nouveau siècle. Ces objectifs, j'entends les atteindre avec vous par : — le parachèvement de la réconciliation nationale pour la stabilité de notre pays, — le renforcement et la modernisation de l'Etat au service des citoyens, — la poursuite d'un développement économique soutenu et durable, — et enfin la mise en œuvre d'une politique socioculturelle à la mesure de nos ambitions nationales. Complétée par une politique de Défense nationale adaptée et une politique étrangère marquée par la constance, cette œuvre à laquelle je vous convie est la poursuite des efforts déjà consentis pour un élan durable vers le progrès, à l'abri des renversements de conjonctures, permettant à l'Algérie d'être au rendez-vous de l'avenir. PARACHEVER LA RECONCILIATION NATIONALE La réconciliation nationale est une quête permanente de notre peuple qui a douloureusement souffert tout au long d'une terrible décennie. Elle est aussi une nécessité pour panser les blessures profondes subies par notre pays. L'aboutissement de la réconciliation nationale est une mission à laquelle j'ai œuvré et pour laquelle je renouvelle mon engagement devant le peuple. Cette réconciliation nationale nécessite d'abord que l'Algérie se libère de la violence sous toutes ses formes ainsi que de l'extrémisme. Pour cela, nous poursuivrons résolument notre action dans le cadre de la loi la lutte contre le terrorisme. Certes, notre peuple est toujours capable de clémence envers ceux qui sauront se ressaisir, mais il combattra avec la même fermeté ceux qui assassinent nos compatriotes et qui détruisent leurs biens. Cette lutte contre le terrorisme englobera notre contribution à la solidarité internationale contre ce fléau contemporain. Nous continuerons aussi à mobiliser tous les moyens pour lutter contre le crime organisé sous toutes ses formes qui s'est développé ces dernières années à l'abri du terrorisme. Nous poursuivrons également la lutte contre la drogue qui tend à affecter dangereusement une partie de notre jeunesse. La sécurité des citoyens et des biens est une mission majeure de l'Etat que j'entends faire assumer pleinement. La réconciliation nationale exige également que nous mettions un terme à toute forme d'extrémisme. En effet, dans l'Algérie démocratique, chacun peut s'organiser et s'exprimer dans le cadre de ses droits civiques et politiques, dans le droit à la différence, dans le respect de l'autre et, toujours, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République. C'est dans cet esprit que j'œuvrerai à accompagner et soutenir le renforcement de la démocratie pluraliste. Le système démocratique pluraliste est un acquis irréversible de l'Algérie. Il nous appartient d'œuvrer à son développement dans le respect du droit légitime à l'opposition, comme un canal d'alternance politique pacifique passant par le libre choix du peuple souverain mais aussi et toujours comme un moyen de servir la Patrie. L'exercice de la liberté d'expression garantie par la Constitution fera, lui également, l'objet d'un soutien transparent de la part de l'Etat, notamment pour les médias, par un apport financier et par d'autres aides telles que la formation. Le champ médiatique s'enrichira, avec le concours des professionnels, d'un mécanisme chargé de veiller au respect de l'éthique. Les droits et libertés individuels et collectifs continueront d'être protégés par la Loi qui est au-dessus de tous et dans le cadre des droits et devoirs de chacun. Les efforts engagés ces dernières années déjà pour consolider le respect des droits de l'Homme seront poursuivis. Dans le même temps, je continuerai d'œuvrer à renforcer l'unité de la Nation autour de sa propre identité dans ses trois composantes qui doivent être soustraites à l'activisme politique et partisan. A ce titre, nous œuvrerons davantage à promouvoir les valeurs de l'Islam, religion de l'Etat, religion de tolérance, de progrès, d'humanisme et de fraternité. Dans le même sillage, la formation des imams sera renforcée tout comme seront réhabilités le rôle et la place des zaouias au service de l'Islam et de la société. Nous continuerons aussi d'œuvrer à promouvoir le rayonnement de la civilisation arabo-musulmane dans notre pays et dans le Monde comme un patrimoine auquel le peuple algérien a tant contribué à travers les siècles. Nous œuvrerons également à promouvoir la culture et la langue amazighes que l'Algérie s'est constitutionnellement réappropriées. Les mesures déjà engagées dans le domaine de l'enseignement de la langue nationale amazighe seront mises en œuvre activement. La culture amazighe s'épanouira, prise en charge par l'Etat avec le concours de la société. Ce tabou enfin brisé, l'Algérie s'investira à faire de la dimension amazighe de son identité un facteur supplémentaire d'unité nationale et de rayonnement dans le Monde. Nous œuvrerons enfin à faire connaître à nos enfants leur Histoire plusieurs fois millénaire. La Nation est légitimement fière de sa glorieuse lutte de libération nationale, événement mondial retentissant. Ses nouvelles générations nées dans la crise douloureuse doivent s'en imprégner et s'imprégner aussi de tout le passé glorieux de leurs ancêtres à travers les siècles et les millénaires. Par l'identité nationale unificatrice et par la connaissance de leur Histoire et de ses enseignements, les enfants de l'Algérie consolideront leur personnalité nationale à l'heure de la mondialisation et ils renforceront ainsi leur fierté d'appartenir à leur grande Patrie. Soucieux de réconcilier les Algériens avec eux-mêmes et de renforcer leur union sacrée, j'entends poursuivre par la voie du dialogue déjà entamé, le règlement définitif des séquelles des tragiques événements qui ont secoué la région de la Kabylie. J'entends le faire avec le soutien de toute la Nation pour panser les blessures des familles de nos victimes, rétablir la paix civile pour nos compatriotes dans cette région, et consolider l'unité et la stabilité nationales. Le renforcement de la stabilité nationale nous dicte également d'accorder la plus grande attention à la cellule familiale, pierre angulaire de la société. Nous devons préserver notre société des conséquences graves induites par les drames conjugaux, les femmes jetées à la rue et les enfants livrés au dénuement. Voilà pourquoi, le Code de la Famille sera révisé dans le respect de nos valeurs spirituelles qui ne sont nullement en contradiction avec les dispositions de la Constitution. Cette révision viendra ainsi renforcer les droits de la Femme à laquelle la Constitution garantit l'égalité citoyenne. La réconciliation nationale demeurerait fragile si les germes du désespoir sous toutes leurs formes n'étaient pas éradiqués de notre société. Voilà pourquoi, la lutte contre la corruption demeurera une mission majeure de la Justice. L'Algérie, premier pays arabe et africain à avoir ratifié la nouvelle convention internationale contre ce fléau, s'attellera rapidement à se doter de la législation et des mécanismes énoncés par cette convention universelle contre la corruption. Nous poursuivrons également avec vigueur la lutte contre les autres maux sociaux, qu'il s'agisse des passe-droits, du favoritisme, du népotisme ou l'atteinte aux biens de la collectivité. Dans la sécurité qui se rétablit, l'Autorité de l'Etat sera restaurée et la force de la Loi s'opposera à tous les dépassements.
RENFORCER ET MODERNISER L'ETAT AU SERVICE DE TOUS La réhabilitation de l'autorité de l'Etat et le rétablissement de la primauté de la Loi seront promus avec l'adhésion de toute la société grâce à des changements à poursuivre et à parachever pour moderniser l'Etat, l'adapter aux mutations nécessaires et le mettre à la hauteur de ses missions. Tout d'abord, la réforme de la Justice qui a déjà franchi des étapes appréciables sera parachevée, grâce à : — la poursuite de la modernisation des juridictions dans leurs moyens de travail et dans leur spécialisation ; — l'accroissement des effectifs des juges et des auxiliaires de Justice dont les avocats, notaires et huissiers, appuyé par une formation améliorée, y compris la spécialisation. Dans ce cadre, l'un des objectifs sera d'augmenter de 50 % le nombre des juges pour dynamiser le traitement des affaires qui sont soumises aux tribunaux ; — la finalisation de la révision et de l'harmonisation de la législation afin de l'adapter aux mutations du pays ainsi qu'à l'évolution du droit universel ; — la valorisation du statut social des juges et personnels de la Justice, de sorte à les mettre à l'abri de toute influence mais aussi de toute perversion qui ne sauraient être tolérées. Le parachèvement de la réforme de la Justice bénéficiera de toute l'attention et de tous les moyens nécessaires en tant que priorité nationale car c'est grâce à celle-ci que les droits de chacun seront préservés dans le respect de ceux des autres, que les devoirs de chaque citoyen seront pleinement assumés, et que tout conflit trouvera sa solution sereine devant le juge et dans le cadre de la Loi. D'autre part, la réforme de l'organisation et des missions de l'Etat, entamée depuis quelque temps déjà, sera poursuivie avec détermination, pour adapter l'Administration Publique aux exigences des mutations en cours et pour que le Service Public serve de lien unificateur entre l'Etat et la Société. A ce titre, j'entends promouvoir la gestion participative des affaires et du développement locaux et cela grâce à une administration plus proche des citoyens ainsi qu'à un rôle accru de la société civile aux côtés des élus. A cet effet, j'entends veiller notamment à : — moderniser l'Administration Publique, y compris par la poursuite de son informatisation ainsi que de la révision des lois et règlements qui régissent son fonctionnement ; — promouvoir le rôle des collectivités locales par les mesures législatives appropriées, y compris la réforme des finances locales ; — réaliser un nouveau découpage territorial qui s'impose désormais ; — mettre en place des pôles régionaux intégrés de développement ; — élaborer une Charte citoyenne codifiant l'apport de la société civile en appui aux élus locaux ; — entreprendre la révision du statut de la Fonction Publique afin de garantir une formation et un recyclage appropriés aux agents de l'Administration Publique et d'améliorer la condition sociale des agents de l'Etat ; — valoriser les compétences nationales au service du développement, y compris par la promotion sociale des cadres et des élites intellectuelles.
De la même manière, j'entends poursuivre la modernisation du Service Public en veillant à : — alléger les procédures administratives pour éradiquer la bureaucratie ; — renforcer les moyens de contrôle et de régulation qui sont les missions centrales de l'Etat dans une économie d'ouverture où le respect de la loi sera garanti au bénéfice des citoyens, y compris avec la participation de ces derniers ; — renforcer et moderniser l'administration locale en la dotant de compétences et de moyens supplémentaires pour améliorer ses prestations aux citoyens ; — réhabiliter la police communale comme moyen d'assurer localement le respect des lois et règlements dans tous les domaines. L'amélioration du Service Public sera également menée au bénéfice de notre communauté à l'étranger, notamment à travers : — le renforcement de nos infrastructures consulaires et la révision, dans le sens de la simplification, des procédures en vigueur dans ce domaine ; — le renforcement des liens de cette communauté avec le pays dans les domaines de l'enseignement, du culte et de la culture avec l'apport de l'Etat et avec la participation du mouvement associatif qui sera soutenu, y compris dans le domaine de la bienfaisance ; — la mise en place de mécanismes destinés à associer cette communauté au développement national comme relais pour notre économie à l'étranger et comme gisement de compétences et de capitaux. Enfin, la réinsertion sera facilitée pour les citoyens expatriés qui l'envisagent. La modernisation du Service Public est de la responsabilité de l'Etat et elle englobe la poursuite de la réforme du système national d'enseignement et de la formation. Cette réforme est en cours depuis deux années ; elle sera poursuivie avec détermination, dans l'attachement à notre identité nationale, dans la réhabilitation de l'esprit civique et dans la quête de la science et de l'ouverture sur la modernité. A cette fin, des moyens supplémentaires seront mobilisés en vue : — de la révision des programmes et des cycles d'enseignement à tous les niveaux ; — du perfectionnement continu des enseignants et l'amélioration de leur statut social ; — de la réunion des capacités et des conditions optimales d'accueil et d'encadrement pour près d'un million d'étudiants à la fin de la décennie ; — de l'adaptation de la formation professionnelle et de la formation continue aux besoins de l'économie et du développement et à la lutte contre le chômage ; — du développement de l'apport du secteur privé à la politique d'éducation et de formation aux côtés d'un système public efficient ; — du renforcement de l'aide publique à la scolarisation des enfants des familles défavorisées. L'école algérienne sera ainsi réhabilitée dans son rôle central d'éducation et de formation des citoyens de demain, tout comme elle sera productrice de l'encadrement nécessaire au développement, au progrès et à l'harmonie dans tous les domaines. Parmi les missions de l'Etat, la protection de la santé des citoyens occupe une place importante dans nos préoccupations. A cet effet, le Service Public de la santé continuera de mobiliser les efforts de l'Etat en vue de : — promouvoir la politique de santé préventive et la lutte contre les phénomènes épidémiologiques ; — développer le service de santé de proximité partout à travers le territoire et cela, par la réalisation de nouvelles infrastructures., par l'amélioration de leurs équipements et moyens et enfin par leur encadrement en personnel qualifié, y compris de médecins spécialistes. A cette fin, seront mises en place des règles nouvelles pour encourager l'affectation de médecins dans les zones déshéritées ; — mettre en œuvre la réforme de la santé hospitalière de sorte à moderniser les hôpitaux du pays, améliorer la capacité et la qualité de leurs prestations ; — renforcer la politique de formation des personnels de la santé et la promotion de la condition sociale de ces derniers ; — mobiliser l'apport du secteur privé national et de la coopération internationale au service d'une santé de qualité à laquelle est garanti le droit d'accès à tous les citoyens, y compris les démunis sociaux. Cette approche que j'entends mener en vue de la modernisation de l'Etat dans ses différentes missions, s'accompagnera de la poursuite de l'effort dynamique déjà engagé pour la préservation de l'environnement. POURSUIVRE UN DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE SOUTENU ET DURABLE Les cinq dernières années ont connu une stabilisation du cadre macro-économique du pays, un rythme intense d'investissements publics et privés totalisant près de 46 milliards de dollars, ainsi qu'une reprise continue de la croissance. Cela s'est accompagné de résultats indéniables pour l'économie ainsi que pour les citoyens, notamment à travers le recul du chômage pour la première fois depuis les années quatre-vingt, et la baisse du déficit national en logements. L'Algérie est interpellée pour maintenir ce rythme de développement non seulement pour résorber ses retards mais aussi pour se préparer à faire face à deux défis majeurs : le premier est celui de son adaptation à la compétitivité économique que nous imposeront, dès les prochaines années, l'Accord d'Association avec l'Union Européenne et l'Adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce ; le second est celui de la création d'une richesse suffisante et durable pour préparer l'ère de l'après pétrole. C'est pour atteindre ces objectifs que j'entends bâtir avec vous une économie nationale plus solide, plus compétitive, assurant un développement plus équitablement réparti à travers tout le pays et garantissant plus de prospérité pour l'ensemble de la nation. Ce développement sera assuré dans le cadre d'une économie de marché, dont j'entends réaffirmer d'emblée qu'elle ne sera ni une économie de bazar, ni un bradage de la richesse nationale, tout comme elle ne sera ni un nouveau dogme ni encore moins un slogan. Pour nous, l'économie de marché est un modèle pour obtenir plus d'efficacité et plus de rentabilité et pour accroître l'investissement dans le pays grâce à l'apport du capital et du savoir-faire du privé national et du partenariat étranger en appui à la ressource publique. Le développement économique se poursuivra dans la paix sociale qui libérera les énergies de tous les acteurs. A cette fin, j'appuierai la conclusion d'un Pacte National Economique et Social entre le Gouvernement, le Patronat et le Syndicat en vue de la consolidation de la stratégie nationale de développement, de la mobilisation des capacités nationales productives et de la promotion du bien-être social. Avec les résultats attendus de la réforme des missions de l'Etat, j'entends veiller aussi à faire prévaloir une concurrence loyale, et à combattre radicalement la spéculation, la fraude sous toutes ses formes, ainsi que les dérives qui portent atteinte aux investisseurs réels, aux travailleurs ainsi qu'aux consommateurs. Il nous faudra également parachever les réformes destinées à faciliter l'investissement productif. A ce titre, la réforme du système financier et bancaire, qui est déjà bien avancée, sera finalisée dans deux années. La question du foncier industriel sera réglée notamment par la nouvelle approche de préparation des zones industrielles déjà en cours et dont les premiers résultats sont attendus durant cette année. Dans le même temps, les avantages incitatifs accordés par le Code des Investissements seront un levier destiné à promouvoir une stratégie nationale de développement qui tienne également compte de la nécessité de promouvoir toutes les régions du pays. L'accès au crédit destiné à l'investissement productif dans tous les secteurs sera encouragé par les mécanismes récemment créés ou renforcés tels que la Caisse de Garantie à l'investissement, le mécanisme de capital risque, les Fonds d'appui à l'investissement des jeunes et autres catégories, ou le micro-crédit. Les banques seront également intéressées pour renforcer d'autres instruments financiers d'appui à la production tels le crédit bail ou le crédit à la consommation. Le défi que nous nous fixons est la création de 100.000 nouvelles entreprises au moins durant les cinq prochaines années. Les finances publiques seront également sollicitées en appui à la mobilisation de crédits destinés à la mise à niveau et à la modernisation des entreprises publiques et privées. Les Fonds publics mis en place à cette fin seront davantage dotés en ressources. Dans le même temps, nous poursuivrons l'allégement progressif des charges au profit de l'activité productive. La privatisation et le partenariat ouverts au capital privé national et étranger seront promus chaque fois qu'ils permettront la modernisation de l'outil productif, le renforcement de sa compétitivité ainsi que la création de richesses et d'emplois supplémentaires. Cette ouverture du secteur économique public destinée à renforcer l'économie nationale sera conduite rationnellement, dans la transparence, et s'appuiera sur la concertation avec le partenaire social, notamment en veillant à préserver l'emploi existant. En outre, et dans le souci de parachever la transition économique, nous veillerons à orienter davantage la dépense publique vers le soutien à la création de richesses durables mieux réparties à travers le pays et canalisées par la politique d'aménagement du territoire. A cette fin, le Fonds de développement des régions du Sud et le Fonds d'appui au développement économique des Hauts Plateaux seront davantage rentabilisés. D'autres mécanismes seront également créés pour appuyer le développement économique dans les régions montagneuses. Pour sa part, l'agriculture continuera de bénéficier du soutien de l'Etat à son développement et à sa modernisation ainsi qu'au développement d'une industrie agroalimentaire compétitive. En outre, le foncier agricole sera doté d'un cadre juridique par le système de la concession de long terme de nature à sécuriser l'agriculteur et à lui permettre l'accès au crédit bancaire. Par ailleurs, les mesures incitatives seront renforcées pour encourager l'investissement dans des gisements de richesses encore peu exploités comme ceux de la pêche, des mines et du tourisme notamment. Nous œuvrerons aussi à renforcer le réseau des infrastructures de base dans divers domaines, notamment le transport et les communications. Face au problème critique de l'eau, et outre la maîtrise des ressources et infrastructures actuelles, de nouveaux barrages et retenues collinaires seront réalisés, tout comme sera développée la politique de dessalement de l'eau entamée ces dernières années. Dans ce domaine, l'objectif sera d'atteindre au minimum un million de mètres cubes par jour d'eau dessalée avant la fin des cinq prochaines années au bénéfice notamment des populations des villes côtières. Outre la contribution du budget de l'Etat, ces réalisations d'infrastructures et d'équipements feront appel à l'apport de l'investissement étranger sous la forme de la concession, pour accroître le rythme des réalisations et pour aboutir à une gestion optimale au profit des consommateurs. Une production intense de logements sera poursuivie. A cette fin, la promotion immobilière sera encouragée et le crédit pour l'accès au logement sera encore développé. L'aide à la construction du logement rural sera maintenue. Des mesures particulières seront également arrêtées en vue de faciliter l'accès à la location-vente pour les fonctionnaires de l'Etat et dynamiser par là même le marché de l'immobilier. L'objectif que nous nous fixons dans le domaine de l'habitat est la livraison d'un million de nouveaux logements durant les cinq prochaines années. Certes, le Programme de Soutien à la Relance Economique que j'ai initié, il y a trois années, touche à présent à sa fin. J'entends cependant maintenir le rythme de mobilisation des finances publiques au service du développement comme en témoignent les programmes complémentaires arrêtés au profit des citoyens à l'occasion de mes visites dans les wilayas du pays. A ce titre, l'effort de l'Etat sera poursuivi au profit des populations des régions déshéritées pour leur garantir l'accès à la satisfaction des besoins essentiels tels que l'alimentation en eau potable, en gaz et en électricité. Nous poursuivrons une lutte intense contre le chômage grâce à toutes ces actions économiques et avec l'accroissement de l'investissement et de la création d'entreprises, le développement du secteur agricole, et les multiples dispositifs d'aide à la création d'emplois, y compris le programme de réalisation de 100 locaux par commune qui sera renouvelé. Nous pourrons ensemble relever le défi de créer près de 2.000.000 d'emplois durant les cinq prochaines années. Telle est donc ma démarche pour soutenir le développement national durant les cinq prochaines années et préparer ainsi l'économie du pays à faire face aux défis de l'ouverture et à la placer à l'abri des revirements toujours possibles de la conjoncture. Ces défis sont à notre portée car l'Algérie est un pays encore à construire, disposant pour l'instant de ressources appréciables et d'un marché attractif. Il nous revient de faire preuve de volonté et de dynamisme, de maintenir la flamme de l'espoir qui renaît pour nous mobiliser tous dans la stabilité retrouvée et dans la cohésion sociale. UNE POLITIQUE SOCIALE ET CULTURELLE A LA MESURE DE NOS AMBITIONS NATIONALES L'avènement de l'économie de marché ne saurait signifier le relâchement de notre politique nationale de justice sociale et de. solidarité envers les démunis, relâchement contraire à nos valeurs nationales et inacceptable pour notre peuple. La relance économique doit nous permettre d'offrir une chance au plus grand nombre de nos compatriotes d'accéder à la création de leur propre revenu dans la dignité, et cela fera reculer chaque année davantage le nombre des démunis et le niveau de la pauvreté. Mais, dans le même temps, le soutien de l'Etat sera maintenu et renforcé au profit des faibles revenus et des démunis pour l'accès à l'école, aux soins médicaux et aux prestations sociales de base. J'entends renforcer cette approche, y compris par l'instauration de l'aide publique au loyer pour les revenus modestes. De même, j'oeuvrerai à généraliser le transport scolaire et le système des cantines au profit des élèves des zones déshéritées. J'entends également maintenir et améliorer la politique de solidarité nationale envers les personnes en détresse, l'enfance abandonnée, les personnes âgées et les handicapés par le biais d'un effort national mobilisant les moyens publics et la générosité de la société par l'intermédiaire du mouvement associatif. Une attention particulière sera portée à la préservation des équilibres des caisses nationales de sécurité sociale et de retraite. Cela sera réalisé d'une part grâce à la création d'emplois nouveaux et donc de nouveaux cotisants, d'autre part par la lutte contre les fraudes à la législation sociale et enfin, le cas échéant, par le concours de l'Etat. C'est avec le même souci de bien-être social que j'œuvrerai au renforcement de la pratique sportive au profit de notre jeunesse et cela par la promotion du sport scolaire, par la densification des infrastructures sportives de proximité, et enfin par un soutien approprié à la pratique du sport d'élite. Cette sollicitude envers la jeunesse qui s'ajoute aux efforts accomplis dans le domaine de l'enseignement et de la création d'emplois, s'accompagnera d'une politique culturelle rénovée, mettant en valeur notre patrimoine national et encourageant la création intellectuelle et artistique avec des mesures incitatives et de soutien de l'Etat. Nous investirons également nos efforts dans le développement de la production littéraire et l'encouragement de la lecture, y compris par un programme de création d'une bibliothèque par commune. MODERNISER NOTRE POTENTIEL DE DEFENSE NATIONALE Le moment est désormais venu de prendre en charge de manière plus intense le processus de modernisation et de professionnalisation du potentiel national de défense organisé autour de l'Armée Nationale Populaire, digne héritière de l'Armée de Libération Nationale. La lutte contre le terrorisme pour la préservation de l'Etat républicain a mobilisé ces dernières années l'ANP qui s'y est investie avec un engagement exemplaire et qui lui a valu un surcroît de reconnaissance de la part de toute la Nation. La modernisation et la professionnalisation de l'Armée Nationale Populaire seront conduits au service de la préservation de la souveraineté nationale, de l'intégrité territoriale, et de l'indépendance du pays, et cela dans le cadre de la politique de paix, de bon voisinage et de règlement pacifique des différends à laquelle l'Algérie demeurera attachée. CONSOLIDER LA PLACE ET LES INTERETS DE L'ALGERIE SUR LA SCENE INTERNATIONALE Grâce à son sursaut national salutaire, l'Algérie recouvre sa place de partenaire actif respecté et écouté sur la scène internationale. Ce statut, l'Algérie le doit aussi à la rectitude de ses principes et à sa loyauté dans ses engagements. Je continuerai d'œuvrer à faire fructifier ces acquis. Dans cet esprit, l'Algérie s'investira activement pour la promotion du rôle de l'Organisation des Nations Unies et pour le respect de sa Charte au service de la préservation et de la consolidation de la paix et de la sécurité internationales. Notre pays demeurera aussi un partenaire actif dans la coopération et la solidarité internationales pour la lutte contre le terrorisme, en appelant toujours à éviter tout amalgame et en encourageant le dialogue entre les religions. Elle accordera le même intérêt à la coopération mondiale pour la lutte contre les fléaux de la drogue, du blanchiment d'argent, de la corruption et du crime organisé. L'Algérie continuera d'investir ses énergies et sa volonté résolue dans la construction de l'Union du Maghreb Arabe qui doit bénéficier d'un environnement de sérénité grâce au règlement du conflit du Sahara Occidental, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies. Elle maintiendra également son engagement pour l'édification de l'unité arabe et pour la consécration des droits de la Nation arabe à une paix définitive passant par le règlement du conflit du Moyen-Orient et notamment par la consécration du droit du peuple palestinien à vivre dans son propre Etat indépendant. La promotion de la solidarité et de la coopération au sein de la Ouma islamique continuera de faire l'objet de la contribution active de notre pays. L'Afrique, cet ensemble qui ne nous a jamais ménagé sa solidarité, demeurera un champ privilégié de notre engagement à la promotion du bon voisinage, à la construction de l'Union Africaine et à la concrétisation du NEPAD. La coopération avec l'Europe connaîtra un saut qualitatif important avec l'entrée en vigueur de l'Accord d'Association qui nous lie à cet ensemble voisin, un accord que l'Algérie œuvrera à mettre en œuvre dans l'intérêt mutuel de toutes les parties et au service de la paix dans la Méditerranée.
* * * Telle est la voie que j'invite le peuple algérien à emprunter. Cette voie n'est ni celle de la démagogie ni celle des mirages électoralistes. C'est une voie qui sollicite un effort collectif dont nul ne sera exclu, pour faire face à nos besoins actuels et préparer l'avenir de nos enfants. C'est une voie à la mesure de nos capacités pour autant que nous serons prêts à continuer d'y investir la volonté nécessaire. Dans cette voie, je vous tends la main pour que nos souffrances passées ne soient pas vaines et pour que l'espoir qui renaît dans notre pays se consolide en un destin national rassurant.
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