|
Le Conseil des
ministres s'est réuni mardi sous la présidence du président
de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, et a rendu public
le communiqué suivant :
"Le président de la République, Monsieur Abdelaziz
BOUTEFLIKA, a présidé ce jour, mardi 19 chaoual 1431
correspondant au 28 septembre 2010, une réunion du Conseil
des ministres.
Le Conseil a entamé ses travaux par l'examen et
l'approbation du projet de loi de finances pour l'année
2011.
Celle-ci est proposée avec comme référence un taux de
croissance du PIB estimé à 4% et à 6% hors du secteur des
hydrocarbures, ainsi qu'une inflation projetée à 3,5%.
Le projet de budget de l'Etat affiche 2992 milliards DA en
recettes et 6605 milliards DA en dépenses. Le déficit
budgétaire sera, conformément à la loi, partiellement
financé par le Fonds de régulation des recettes.
Avec une dotation de 3434 milliards DA, le projet de budget
de fonctionnement enregistre une augmentation de plus de 600
milliards DA par rapport aux crédits initialement votés pour
l'exercice 2010. Cette hausse résulte de l'amélioration des
rémunérations des fonctionnaires à la faveur de la mise en
oeuvre de leurs nouveaux statuts et régimes indemnitaires,
ainsi que d'un accroissement de leurs effectifs de près de
50.000 postes en 2011 pour encadrer de nouvelles
réalisations d'infrastructures publiques (dont près de
15.000 agents pour le secteur de la santé et plus de 15.000
pour les secteurs de l'éducation, de l'enseignement
supérieur et de la formation).
Le budget de fonctionnement reflète la politique sociale du
pays, à travers, notamment, les transferts sociaux qui
atteindront plus de 1200 milliards DA en 2011, soit 18% du
budget général de l'Etat et plus de 10% du produit intérieur
brut du pays.
Le projet de budget d'équipement affiche, quant à lui, 2463
milliards DA en autorisation de programme et 3171 milliards
DA en crédits de paiements.
La poursuite du développement social absorbera près de 50%
de cette enveloppe, avec 540 milliards DA pour l'éducation,
l'enseignement, la recherche et la formation, 350 milliards
DA pour l'eau, 240 milliards DA pour l'habitat, 138
milliards DA pour la santé et 53 milliards DA pour
l'alimentation des foyers en énergie.
La modernisation des infrastructures de base se voit allouer
650 milliards DA, dont 365 milliards DA pour les travaux
publics et 280 milliards DA pour les transports.
Le soutien au développement de l'économie bénéficiera de
plus de 100 milliards DA, dont plus de 60 milliards DA pour
l'agriculture (en plus du soutien des prix logés au budget
de fonctionnement) et de plus de 40 milliards DA pour
l'industrie et les PME, le tourisme et l'artisanat ainsi que
la modernisation de la régulation financière et commerciale
et le développement des technologies de la communication.
Au titre des dispositions législatives, le projet de loi de
finances pour 2011 préserve le pouvoir d'achat des citoyens
en ne proposant aucune mesure de hausse d'impôts ou de
taxes. Les mesures proposées visent à moderniser davantage
les procédures fiscales au profit des contribuables.
Le Conseil des ministres a, ensuite, examiné et approuvé le
projet de loi portant règlement budgétaire de l'exercice
2008.
En recette, l'exercice budgétaire de l'année 2008 a réalisé
104% des objectifs arrêtés grâce à une excellence collecte
de la fiscalité ordinaire.
En dépenses, le budget a connu une exécution de 80%, du fait
des délais enregistrés dans la maturation de certains
projets d'équipements.
Ce projet de loi sera déposé au Parlement accompagné d'un
rapport d'appréciation de la Cour des comptes conformément à
la loi. En outre, le dossier comporte un récapitulatif des
exercices budgétaires antérieurs sur la période de 1980 à
2007.
Ce dernier fait ressortir que, durant la période de 1981 à
1986, les exercices se sont soldés par des excédents
budgétaires, alors que la période de 1986 à 1999 a été
marquée par des soldes budgétaires négatifs du fait du
retournement des prix des hydrocarbures conjugué avec le
poids du service de la dette extérieure.
La période de 2000 à 2007 a été consacrée au lancement de
programmes publics d'investissements massifs, le
remboursement de la quasi-totalité de la dette publique
externe et de plus de 50% de la dette publique interne,
ainsi que par la création du Fonds de régulation des
recettes des hydrocarbures.
En tenant compte des avoirs du Fonds de régulation des
recettes, l'ensemble des exercices budgétaires pour les
années 2000 à 2007 inclue, se sont achevés avec des
résultats excédentaires appréciables qui se sont ajoutés à
la relance du développement et au désendettement de l'Etat.
Intervenant à l'issue de l'approbation de ces deux projets
de lois relatifs aux finances publiques, le président
Abdelaziz BOUTEFLIKA s'est d'abord référé au bilan financier
de la décennie, relevant que celle-ci a vu l'Etat consentir
des concours budgétaires massifs pour le développement du
pays, rembourser par avance la dette publique, dégager une
épargne budgétaire qui permet aujourd'hui de poursuivre
intensément l'effort de construction nationale et, de
surcroît, garantir une solide sécurité financière extérieure
à travers d'importantes réserves de change.
"C'est cette dynamique que nous avons le devoir, mais aussi
la conviction de maintenir intacte", a déclaré le président
de la République.
Le chef de l'Etat a poursuivi qu'"à travers le budget en
cours d'exécution et ce projet de loi de finances, nous
aurons mobilisé la moitié de l'ensemble des autorisations
nécessaires à tout le programme public d'investissements de
ce quinquennat. C'est-là, un important pari à la hauteur des
attentes de nos compatriotes pour un développement soutenu
et de qualité. Il revient, donc, au gouvernement de veiller
à la conduite de ce programme sans retard ni réévaluation,
et à encourager la canalisation de la dépense publique
d'équipement vers le développement maximal de l'outil
national de production pour densifier la création locale de
richesses et l'offre d'emplois", a conclu le président
Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Le Conseil des ministres a, ensuite, examiné et approuvé le
projet de loi portant code communal.
La commune occupe une place majeure dans la réforme de
l'Etat, lancée en 2000 par Monsieur le président de la
République et qui a déjà franchi de nombreuses étapes.
En effet, l'administration communale a enregistré des
progrès notables avec la valorisation de la formation,
notamment le perfectionnement des secrétaires généraux des
communes et le renforcement de leur encadrement par des
recrutements de diplômés universitaires.
Les finances communales ont été largement remises à niveau
avec le concours du budget de l'Etat, à travers d'importants
rachats de dettes et des soutiens annuels substantiels
orientés vers les programmes communaux de développement.
La régulation de la gestion financière des communes a été
consolidée, notamment par l'affectation de contrôleurs
financiers qui sera généralisée en 2012. A l'avenir, la
révision de la législation relative aux finances locales
viendra renforcer le rôle économique des collectivités
locales, y compris dans la promotion de l'investissement.
C'est dans ce processus de modernisation que s'inscrit le
projet de loi sur la commune comme étape transitoire dans la
promotion du rôle et de la place des assemblées locales.
Dans le respect du système démocratique et républicain,
fondé sur la souveraineté populaire, l'unicité de l'Etat et
le multipartisme, le projet de loi propose des règles visant
notamment à :
- promouvoir la consultation du citoyen par l'Assemblée
populaire communale, dans la définition des priorités de
développement et d'aménagement local,
- conforter les attributions de l'Assemblée populaire
communale et le statut de son président,
- clarifier davantage les compétences de l'Assemblée
populaire communale dans sa relation avec l'administration
locale, placée sous l'autorité du wali représentant du
gouvernement, sur la base des objectifs de consolidation de
la démocratie locale et du respect de la légalité,
- consolider les procédures de règlement de conflits
éventuels entre l'assemblée élue et l'administration locale,
le cas échéant, grâce au recours aux tribunaux
administratifs,
- assurer la continuité du service public en renforçant la
stabilité des Assemblées populaires communales par une
meilleure définition des règles applicables à l'élection de
leur président respectif. Le projet énonce, également, des
règles transparentes à même de permettre le dépassement de
blocages éventuels de fonctionnement,
- protéger l'administration communale placée sous l'autorité
du président de l'assemblée, de tout conflit d'intérêt
partisan, y compris entre les majorités se succédant,
- et renforcer la disponibilité de l'élu à l'Assemblée
populaire communale, en préservant sa carrière
professionnelle.
Intervenant sur ce dossier, le président de la République a
instruit le gouvernement à l'effet de procéder à une
approche graduelle dans la réforme des collectivités locales
tant au plan institutionnel que fiscal, soulignant que
"depuis la première décennie de notre indépendance, notre
système institutionnel n'a cessé de s'appuyer sur la
démocratie participative et la gestion décentralisée
incarnées par les collectivités territoriales et, en premier
lieu, la commune.
Ce choix revêt une importance accrue dans le cadre de la
démocratie pluraliste et du développement économique fondé
sur l'investissement et la compétitivité.
C'est dire aussi que dans la réforme des missions et des
structures de l'Etat, le renouveau de l'administration
locale et des collectivités territoriales s'impose comme la
pierre angulaire, la pièce maîtresse dans le processus de
changement s'inspirant des exigences d'un Etat de droit
fondé sur la primauté de la loi.
Nous devons donc bien préparer et réussir la modernisation
de la commune comme espace essentiel de bonne gouvernance et
de développement de proximité", a précisé le président
Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Dans ce contexte, le chef de l'Etat a instruit le
gouvernement de veiller à associer toujours plus les
assemblées élues à l'identification des besoins locaux du
développement et à consolider la concertation entre
l'administration et les élus, dans le but d'adapter les
réponses des pouvoirs publics aux attentes des citoyens.
Enfin, le président de la République a chargé le
gouvernement de diligenter la présentation du projet de loi
portant code de la wilaya.
Le Conseil des ministres a, également, examiné et approuvé
un projet de loi régissant l'activité de promotion
immobilière.
La promotion immobilière a connu un développement et une
mutation importants depuis la promulgation du décret
législatif de mars 1993 qui l'a régi. Cette activité est
aussi appelée à se renforcer davantage dans le sillage des
réformes économiques et du désir des citoyens d'accéder à la
propriété de leur habitation.
C'est dans cette perspective que le projet de loi propose :
- un encadrement plus précis de l'activité de promotion
immobilière y compris en introduisant et en codifiant le
système universel de vente sur plan,
- une régulation plus claire de la profession de promoteur
immobilier, y compris des conditions requises pour
l'exercer, ainsi que de son organisation au sein d'un
conseil supérieur chargé de concourir au respect du
professionnalisme et de l'éthique attendus de ses membres,
- et un renforcement de la protection des clients des
promoteurs immobiliers, notamment en précisant davantage le
statut et la vocation du fonds de garantie de la promotion
immobilière pour l'achèvement des projets en souffrance et
en énonçant, enfin, des sanctions contre les promoteurs
immobiliers qui se seraient rendus coupables de déviations,
abus ou fraude.
Le Conseil des ministres a poursuivi ses travaux en
entendant et débattant une communication portant sur trois
projets de décrets exécutifs découlant de la loi
d'orientation sur l'éducation nationale promulguée en 2008.
Le premier organise l'inspection générale de l'éducation
nationale, dont le champ de compétence est désormais
focalisé sur le contrôle, l'inspection et l'évaluation de la
gestion administrative de près de 600.000 enseignants et
agents et de près de 25.000 établissements pédagogiques des
trois paliers de l'enseignement.
Le second projet de décret organise l'inspection générale
pédagogique de l'éducation nationale. Cette structure
nouvelle aura pour mission de suivre un effectif enseignant
de plus de 350.000 cadres, ainsi qu'une population scolaire
supérieure à 8 millions d'élèves, avec, en outre, un
processus continu de réforme des programmes et des manuels.
Enfin, le troisième projet de décret met à jour les
dispositions du décret d'avril 1976 portant organisation et
fonctionnement des établissements d'enseignement secondaire,
et cela à la suite de la promulgation de la loi du 23
janvier 2008 sur l'orientation de l'éducation nationale.
Le Conseil des ministres a, ensuite, entendu et débattu une
communication relative à deux projets de décrets exécutifs
concernant la recherche scientifique.
Le premier portant statut du doctorant, codifié notamment
une série de mesures destinées à encourager l'étudiant
inscrit pour l'obtention d'un diplôme de doctorat.
Ainsi, outre une bourse mensuelle conséquente, le concerné
bénéficiera d'autres formes de soutien et pourra concourir à
temps partiel à l'enseignement supérieur contre
rémunération.
Le second décret fixe les conditions d'exercice des
activités de recherche par l'enseignant chercheur
hospitalo-universitaire ou l'enseignant chercheur, ainsi que
les modalités de leur rétribution.
Le texte dispose, notamment, que ces activités de recherche
doivent s'inscrire dans le cadre des programmes nationaux de
recherche, et être assises sur un contrat liant, pour une
période de trois années renouvelables, l'enseignant
chercheur et l'établissement de recherche.
Le décret précise que la rétribution de cette activité
fluctuera mensuellement entre un maximum de 45.000 DA pour
le professeur et un minimum de 20.000 DA pour le
maître-assistant de classe B. Elle sera, en outre, majorée
pour les responsables d'unités de recherches régulièrement
nommés, avec des montants allant de 20.000 DA pour un
directeur d'unité de recherche, à 10.000 DA pour un chef
d'équipe de recherche.
Intervenant à l'issue de l'adoption de ces textes
réglementaires relatifs à l'éducation nationale et à la
recherche scientifique, le président Abdelaziz BOUTEFLIKA a
salué ces mesures destinées à conforter la connaissance,
'excellence et la recherche dans notre pays.
Le Chef de l'Etat a relevé que durant la seule année 2010,
l'Algérie a mobilisé des crédits budgétaires de
fonctionnement et d'équipements supérieurs à 1150 milliards
de dinars, soit l'équivalant à 16 milliards de dollars, pour
les trois secteurs d'éducation, d'enseignement et de
formation.
Il a également rappelé que notre pays a édicté l'obligation
légale pour les parents d'assurer la scolarité de leurs
enfants, garçons et filles, jusqu'à l'âge de 16 ans, l'Etat
veillant à soutenir la scolarité des enfants des familles
démunies ou à faibles revenus.
Le président de la République a rappelé que la
démocratisation de l'enseignement sera préservée
conformément à notre Constitution et aux constantes
nationales, et conclu en déclarant "nous ne devons ménager
aucun effort pour promouvoir la recherche scientifique".
Le Conseil des ministres a conclu ses travaux par l'étude et
l'approbation de deux communications portant sur des marchés
publics en procédure de gré à gré simplifié.
La première a porté sur deux projets de contrats d'un
montant total de 1125 millions DA, entre le groupe laitier
public GIPLAIT et l'Entreprise nationale de plastique et
caoutchouc (ENPC) pour l'approvisionnement de 15 laiteries
publics en film polyéthylène, destiné à la fabrication de
pochettes d'emballage de lait pasteurisé.
La seconde communication a porté sur un projet de contrat
d'un montant de 701 millions DA entre l'Agence de gestion
des autoroutes (AGA) et l'Entreprise nationale de menuiserie
générale et de préfabriqués (ENMGP), pour la fourniture et
installation de locaux en préfabriqués devant accueillir 16
postes provisoires de contrôle et de surveillance de la
Gendarmerie nationale et de la Protection civile le long de
l'autoroute est-ouest.
______
 |