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Mesdames, Messieurs,
En tout premier lieu, je vous souhaite à toutes et à tous la
bienvenue dans votre pays et vous présente tous mes vœux de
succès dans vos travaux.
Monsieur le Président de la République, S.E. Abdelaziz
BOUTEFLIKA a tenu à ce que votre université d'été soit placée
sous son haut patronage comme gage supplémentaire du profond
attachement de l'Algérie à tous ses enfants vivant à l'étranger.
La communauté nationale à l'étranger fait en effet partie
intégrante du peuple algérien, et, le Gouvernement, comme il est
de son devoir s'est attaché à la protéger, à l'aider, à la
rassembler et à faire en sorte qu'elle maintienne une relation
multiforme avec sa patrie d'origine.
Cette action permanente du Gouvernement, n'est pas une action
figée dans le temps. Le Gouvernement doit en effet, constamment
adapter son action à une réalité en constante évolution.
Faut-il rappeler que cette relation, entre algériens résidents
et non résidents, ne s'est jamais interrompue, mais qu'elle
évolue en fonction de plusieurs facteurs très importants et en
particulier :
- Le potentiel de plus en plus important de notre émigration et
qui fait notre fierté.
- Les avancées considérables de l'Algérie dans tous les domaines
et dont vous devez être fiers.
- Les nouvelles techniques de communication et de concertation
dans vos pays d'accueil et avec l'Algérie.
- Le développement du mouvement associatif ici et là bas.
Chères sœurs, chers frères,
Vos présentes assises témoignent de cette réalité changeante.
Vous êtes aujourd'hui, les ambassadeurs de notre communauté à
l'étranger, et vous êtes également l'incarnation de l'évolution
sociologique de cette communauté.
Nous assistons en effet, chez nos nationaux à l'étranger à une
émergence de compétences multiformes. Des élites performantes et
compétitives se sont développées de manière spectaculaire dans
tous les secteurs d'activité humaine. Notre communauté
s'enrichit de jour en jour de scientifiques, d'intellectuels,
d'entrepreneurs, de chercheurs, d'artistes, d'universitaires, de
commerçants, d'industriels, de financiers, de sportifs de haut
niveau qui constituent un formidable potentiel de progrès.
Durant ces prochains jours, c'est vous, membres de cette
université d'été, qui allez représenter notre communauté à
l'étranger et dans une certaine mesure allez être les
interprètes de ses desiderata.
Votre réflexion devra être orientée sur les voies et moyens de
renforcer et d'améliorer l'action déjà entreprise par le
Gouvernement et sur les formules qui peuvent renforcer, dans le
cadre d'une interaction fructueuse et multiforme, la solidarité
et la symbiose entre l'Algérie et ses ressortissants vivant à
l'étranger.
Comme vous le savez tous, le Gouvernement a développé une action
qui vise trois objectifs complémentaires en direction de sa
communauté à l'étranger.
Le premier objectif, est de promouvoir à travers nos
Ambassades et Consulats, toujours et encore, une meilleure et
plus grande protection de nos nationaux et de leurs droits.
Dans ce cadre, le gouvernement défend notamment, le respect des
conventions passées avec les pays d'accueil et le respect des
droits de l'homme, la liberté d'exercice du culte et le libre
exercice de la spécificité culturelle.
Le deuxième objectif du Gouvernement est d'aider à
l'organisation de cette communauté pour d'abord, promouvoir une
véritable solidarité entre ses membres afin de mieux défendre
eux-mêmes leurs droits dans les pays d'accueil. Dans ce
contexte, le Gouvernement encourage le développement d'un
mouvement associatif multiforme en fonction des sensibilités de
chacun. Nous sommes sûrs que le mouvement associatif sera
également un facteur fécond de rapprochement de l'Algérie avec
ses enfants à l'étranger et qu'il permettra à notre communauté
de consolider ses racines culturelles.
Cette rencontre nous permettra d'être à votre écoute pour
identifier les bonnes expériences pour les consolider et cerner
objectivement nos insuffisances, avec la volonté de mieux
avancer.
Le troisième axe constituant les objectifs retenus par le
gouvernement porte sur l'implication directe de notre communauté
à l'étranger dans la vie nationale.
Cette implication concerne déjà, la participation directe de
notre communauté à la vie politique du pays. L'Algérie fait
partie de ces pays du monde - et ils ne sont pas si nombreux -
qui a élu des représentants de sa communauté à l'étranger à
notre Assemblée Populaire Nationale.
La décision prise par S.E. M. le Président de la République
visant la création d'un Conseil Consultatif de la Communauté
Nationale à l'Etranger vise précisément à raffermir ce lien
entre les Institutions de l'Etat et nos compatriotes expatriés.
Je suis convaincu que ce Conseil sera également une source
d'imagination et d'initiative visant à mobiliser l'immense
potentiel de solidarité, de coopération et d'interaction au
service du développement national que recèle notre communauté à
l'étranger.
Mesdames, Messieurs,
Je viens de vous exposer là, trois parmi les grands axes du
programme du Gouvernement que mes collègues auront à éclairer
davantage.
Vos assises, nous fourniront des propositions concrètes visant à
mieux mettre en œuvre les décisions du Gouvernement et pourquoi
pas, à les enrichir. C'est dans ce contexte que je considère que
votre présente université d'été constitue un jalon important
dans les relations de l'Algérie avec ses enfants à
l'étranger.
Cette importance est double :
- Importance symbolique car elle représente un saut qualitatif
dans les rapports entre l'Algérie et ses enfants à l'étranger.
- Importance opérationnelle également car vos propositions
contribueront à l'amélioration et à la factibilité du programme
gouvernemental qui vise à :
* Consolider l'Etat de droit et la bonne gouvernance,
* Améliorer les facteurs de développement économique,
* Promouvoir le développement de l'économie et accroître
sa diversification et sa productivité,
* Poursuivre le développement humain,
Mesdames, Messieurs,
Vous connaissez autant que tout autre algérien les progrès
réalisés par notre pays dans son vaste effort de redressement
national.
Le Gouvernement ne prétend pas avoir surmonté toutes les
séquelles du désordre et de la destruction de la tragédie
nationale. Cependant, les progrès réalisés sont littéralement
spectaculaires et laissent augurer de lendemains plus prospères
et plus sereins pour notre pays.
Durant la décennie écoulée deux référendums nationaux ont
conforté l'action de M. le Président de la République et de son
Gouvernement pour l'instauration de la Concorde Civile et de la
Réconciliation Nationale. Le Gouvernement veille à la mise en
œuvre de cette expression de la volonté populaire, et poursuit
en même temps son combat déjà victorieux contre le terrorisme.
Le Gouvernement veillera dans ce contexte à la mise en œuvre des
dispositions de la Charte sur la Concorde Civile et la
Réconciliation Nationale garante de la paix et de la sécurité
nationale.
Ce nouveau contexte politique de l'Algérie a permis un
redressement économique spectaculaire du pays.
Vous savez tous qu'au milieu des années 90 l'Algérie a dû
recourir au rééchelonnement de sa dette pour éviter une
banqueroute totale.
Cette crise de la dette était doublée, comme presque toujours
dans ces cas là, d'une crise économique sans précédent. Tous les
indicateurs économiques étaient au rouge et nous avons dû nous
plier au diktat des Institutions financières internationales.
Quinze ans après, la dette publique extérieure a été totalement
remboursée par anticipation. L'Etat Algérien ne doit plus rien
ou presque rien à l'Etranger. En outre, ses réserves de change
qui étaient inexistantes dans les années 1990 représentent
aujourd'hui l'équivalent de près de trois (03) années
d'importation, et ce malgré des investissements étatiques qui
ont dépassé durant cette présente décennie les 200 milliards de
dollars.
La croissance économique de l'Algérie a été durant la décennie
2000 constamment proche de 5%. Il est à cet égard, significatif
de noter que la croissance hors hydrocarbures a été de 6,3% en
2007, de 6% en 2008.
Dans ce contexte de croissance, près de trois millions d'emplois
nouveaux ont été créés et le taux de chômage est passé de 29% en
1999 à 11,8% en 2008.
Je terminerai ce rappel en disant que la crise économique et
financière actuelle, bien que frappant également l'Algérie à
travers la chute des prix du pétrole, ne va pas perturber les
programmes de développement algérien pour les deux années à
venir.
En effet, la gestion macroéconomique prudente du Gouvernement a
permis de dégager 4200 milliards de dinars en dépôt actuellement
au Fonds de Régulation des Recettes. Cet argent permettra de
financer le programme économique présidentiel, sur nos
ressources propres et sans recours à un
financement externe.
Mesdames, Messieurs,
Je vous ai fait un bref survol de la situation politique et
économique du pays. Mes autres collègues du Gouvernement le
compléteront, chacun en ce qui le concerne.
J'ai voulu surtout souligner que vos assises se tiennent dans un
contexte algérien serein, dynamique et prometteur.
Encore une fois, il vous revient aujourd'hui de faire des
propositions pour enrichir la relation de l'Algérie avec son
émigration. Il conviendrait de conforter l'identité culturelle
de notre communauté.
De même nous devrions faire en sorte que cette communauté aux
plans scientifique, et technique comme au plan culturel
contribue de manière concrète au développement du pays.
Il faudrait enfin rechercher les voies et moyens d'accroître les
investissements de notre communauté en Algérie dans des
conditions qui sont aujourd'hui de très loin meilleures qu'elles
ne l'ont jamais été.
Voici quelques directions de recherche pour vos travaux.
Dans ce contexte, il appartiendra à notre communauté à
l'étranger d'établir des passerelles de toutes formes avec
l'Algérie. Il peut ainsi se créer des relations entre les
institutions dans lesquelles nos nationaux travaillent et nos
institutions nationales. Il peut y avoir des jumelages entre
localités. Il peut y avoir des relations directes entre
scientifiques et intellectuels algériens de l'étranger et
d'Algérie. Bref, il faut promouvoir une relation décentralisée
qui ne dépende pas uniquement des Institutions Gouvernementales.
Voila la responsabilité qu'il vous incombe aujourd'hui de
promouvoir. Cette responsabilité repose en particulier sur le
dynamisme de notre jeunesse résidant à l'étranger.
Merci de votre attention et félicitation à ceux qui ont pris
l'initiative de cette importante rencontre.
Le Gouvernement dans son ensemble et plus particulièrement le
Ministère chargé de la Communauté à l'étranger et le Ministère
des Affaires Etrangères veilleront à tirer le meilleur profit de
cette première édition de l'Université d'été, à laquelle je
souhaite plein succès. |