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Le Conseil des Ministres a tenu
mardi une réunion sous la présidence de M. Abdelaziz
BOUTEFLIKA, Président de la République, à l'issue de
laquelle il a rendu public le communiqué suivant :
"Le Président de la République,
Son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA a présidé, ce
jour, mardi 27 Dhoul El Kiîda 1429, correspondant au 25
novembre 2008, une réunion du Conseil des Ministres.
A l'ouverture de cette réunion, le Président Abdelaziz
BOUTEFLIKA a marqué de nouveau sa profonde satisfaction
quant à la très large approbation réservée par le Parlement
à la révision constitutionnelle qu'il a initiée.
Le Chef de l'Etat a souligné que
cette révision constitutionnelle, même partielle, à ce
stade, est venue renforcer le rapport de notre peuple à son
passé en tant que socle indispensable pour la construction
de son avenir, promouvoir les droits politiques de la femme
dans notre pays et apporter enfin un surcroît de cohérence
au pouvoir exécutif tout en renforçant l'harmonie entre ce
dernier et le pouvoir législatif.
Le Président de la République a invité le gouvernement à
redoubler d'efforts durant la période qui précède les
prochaines élections Présidentielles, afin de faire
progresser encore davantage le processus de reconstruction
nationale et de répondre ainsi aux attentes des citoyens.
Réitérant sa directive au Premier Ministre à l'effet de
préparer le projet de plan d'action pour la mise en oeuvre
du programme du Président de la République, en vue de le
soumettre au Parlement après examen en Conseil des
Ministres, le chef de l'Etat a précisé qu'il s'agit de
marquer le respect envers le Parlement et ses attributions.
"Le Parlement aura ainsi
l'occasion de prendre connaissance des étapes franchies
ainsi que de celles qui marqueront l'action du gouvernement
durant les mois à venir. Nul doute que le débat qui s'en
suivra enrichira la démocratie pluraliste dans notre pays et
permettra aussi au gouvernement de recueillir les avis
pertinents des membres du Parlement et d'en tirer profit
dans le cadre de l'accomplissement de sa mission", a
souligné le Président de la République qui a, en outre,
instruit le Premier Ministre d'activer le travail de la
commission nationale chargée de la mise en oeuvre des
mesures prévues par la Charte pour la paix et la
réconciliation nationale.
"L'ensemble des dossiers des
personnes concernées par ces mesures ont été déposés devant
les administrations compétentes dans les délais fixés par la
loi, et la grande majorité en a déjà été traitée et réglée",
a signalé le Président Abdelaziz BOUTEFLIKA.
"Cependant, un certain nombre de
cas restent en instance du fait de lourdeurs bureaucratiques
et parfois de négligences de la part des requérants.
Ce travail doit être finalisé conformément à la volonté
souverainement exprimée par la Nation. J'attends donc du
gouvernement qu'il s'y investisse dans les meilleurs
délais", a conclu le chef de l'Etat
1. Abordant son ordre du jour, le Conseil des Ministres a
d'abord entendu et débattu une communication du Ministre de
la Justice, garde des Sceaux sur la lutte contre la
criminalité.
ette communication a rappelé que
du fait de sa grave déstabilisation générée par le phénomène
du terrorisme, mais aussi des bouleversements et de
l'interpénétration qui marquent actuellement les relations à
travers le monde, notre pays s'est inévitablement retrouvé
exposé à la prolifération de certaines formes de crimes
qu'il connaissait déjà dans le passé, à savoir la
contrebande, la corruption et le trafic de drogue par
exemple et a vu également apparaître des crimes nouveaux,
étrangers à notre société, tels le blanchiment d'argent, le
trafic d'organes humains, la traite des personnes, la
migration clandestine et la cybercriminalité.
Dans le secteur de la justice, la réforme s'est accompagnée
d'un renforcement des moyens, un élargissement des
compétences ainsi que d'une consolidation de la protection
des droits et libertés des citoyens, par un apport
législatif visant à prévenir et sanctionner toutes les
formes de criminalité.
En effet, de grands progrès ont
été accomplis en matière de protection des droits des
prévenus et des détenus par la consolidation de la
présomption d'innocence, la protection des droits des
personnes gardées à vue, et l'amélioration des conditions de
détention des personnes condamnées par la justice.
De même, un effort remarquable a
été enregistré dans la formation des magistrats pour
renforcer l'encadrement des juridictions, et de la
spécialisation des juges pour les doter des connaissances à
même de leur permettre de trancher toutes les formes de
contentieux et litiges, y compris dans le domaine
économique.
En parallèle, la codification
des moyens légaux de prévenir et de réprimer le crime sous
toutes ses formes a connu une avancée qualitative, non
seulement dans le cadre des révisions successives et
graduelles du code pénal, telle que celle dont a été saisi
le Parlement en vue de sanctionner la migration clandestine,
le trafic d'organes, la traite des personnes et l'atteinte
au patrimoine culturel, mais aussi à travers la promulgation
de lois spéciales, subséquentes aux conventions
internationales récentes, telle la loi relative à la
prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et
le financement du terrorisme, celle relative à la prévention
et à la lutte contre la corruption, la loi relative à la
lutte contre la contrebande, ainsi que celle relative à la
prévention et à la répression de l'usage et du trafic
illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.
L'Algérie entend poursuivre cet effort pour prémunir notre
société contre toutes les formes de crimes qui se
développent dans le monde et pour pouvoir également recourir
efficacement à l'entre-aide internationale contre la
criminalité, qui préoccupe toute la communauté
internationale.
2. Le Conseil des Ministres a ensuite examiné et approuvé un
projet de loi portant règles particulières relatives à la
prévention et à la lutte contre les infractions liées aux
technologies de l'information et de la communication.
Ce texte définit les situations dans lesquelles le recours à
ces méthodes serait permis à savoir : la prévention des
infractions qualifiées d'actes terroristes ou subversifs et
des infractions contre la sûreté de l'Etat, les tentatives
d'atteinte à un système informatique représentant une menace
pour les institutions de l'Etat, pour la défense nationale
ou pour les intérêts stratégiques de l'économie nationale,
les besoins d'enquêtes et d'informations judiciaires, et
enfin dans le cadre d'une demande d'entraide judiciaire
internationale.
Le projet de loi précise les règles et procédures destinées
à régir les opérations de surveillance des communications
électroniques, lesquelles ne pourront être engagées que sur
autorisation expresse du magistrat, et ne devront être
exécutées que par des officiers de police judiciaire. Il
précise également les obligations de coopération que la loi
imposera aux fournisseurs de services et aux fournisseurs
d'internet. Il énonce enfin la création d'un organe national
chargé de la prévention et de la lutte contre les
infractions commises au moyen des technologies de
l'information et de la communication.
Ce projet de loi a pour finalité de mettre en cohérence la
législation nationale avec les conventions internationales
en la matière. De ce fait, il s'inspire largement de la
convention européenne de Budapest sur la cybercriminalité.
3. Le Conseil des Ministres a également examiné et adopté un
projet de loi modifiant et complétant l'ordonnance no 71-57
du 05 août 1971 relative à l'assistance judiciaire.
Cette ordonnance a déjà fait l'objet d'une amélioration dans
le cadre de la réforme de la justice initiée par le
Président Abdelaziz BOUTEFLIKA.
L'assistance judiciaire permettra aux personnes physiques à
faible ressource et aux personnes morales poursuivant un
objectif d'intérêt général, de faire prévaloir leurs droits
devant toutes les juridictions y compris la prise en charge,
par le Trésor, des frais d'huissier de justice et
éventuellement de notaire.
Elle est, à ce jour, limitée aux
personnes physiques algériennes, démunies de ressources
suffisantes pour subvenir aux frais de justice.
Le projet de loi prévoit d'étendre le bénéfice de
l'assistance judiciaire aux personnes morales à but non
lucratif, aux associations d'intérêt général ainsi qu'aux
étrangers, en situation régulière, démunis de ressources. Le
bénéfice de l'assistance judiciaire sera également étendu,
de droit, aux victimes de la traite des personnes, du trafic
d'organes, des migrants, du terrorisme ainsi qu'aux
handicapés.
Dans son intervention, le
Président Abdelaziz BOUTEFLIKA a réitéré sa satisfaction des
progrès substantiels accomplis jusque là par la réforme de
la justice sur des plans divers, en insistant sur la
poursuite soutenue de cette mutation et de cette
modernisation.
"L'Algérie qui a traversé une
douloureuse tragédie nationale et opté pour le pluralisme
démocratique, avance progressivement sur la voie de la
libéralisation des initiatives dans l'ensemble des domaines.
Cette promotion et cette consécration des libertés requiert
un système judiciaire efficace pour arbitrer l'ensemble des
rapports entre les individus et entre les personnes
morales", a souligné le chef de l'Etat.
"Dans le même temps, les séquelles de la tragédie nationale,
les mutations que connaît notre société, ainsi que
l'ouverture de plus en plus large de notre pays au reste du
monde, se sont accompagnées de l'apparition de nouvelles
formes de crimes, de violences et d'atteintes à la loi. Tout
cela exige l'adaptation de notre législation pour la rendre
à même de défendre les citoyens et la société au moyen d'une
justice appliquant des lois adaptées aux défis
contemporains", a poursuivi le Président Abdelaziz
BOUTEFLIKA.
"La loi doit toujours être
au-dessus de tous, sans exception. Les décisions de justice
doivent protéger les droits individuels et collectifs et
être suivies, une fois définitives, d'une application
diligente par tous. Dans le même temps, les citoyens
doivent, sans exception, pouvoir recourir aux juridictions
de la République pour y défendre ou recouvrer leurs droits
et pour que justice leur y soit rendue", a déclaré le
Président de la République.
A cet égard, le Président de la
République a salué l'amendement apporté à la loi relative à
l'assistance judiciaire.
Il a relevé que l'extension du
bénéfice de l'assistance judiciaire aux personnes morales à
but non lucratif et aux associations d'intérêt général est
une novation importante qui permettra à la société de
participer à la préservation des droits des citoyens et au
respect du civisme, en ayant ainsi davantage de moyens pour
se constituer partie civile dans la défense de l'intérêt
général, y compris la défense des consommateurs, de la
qualité du cadre de vie et de quiétude dans les quartiers et
localités, par exemple.
"La garantie de l'assistance judiciaire aux victimes de la
traite des personnes, du trafic d'organes, des migrants,
ainsi que du terrorisme, est une preuve supplémentaire de la
détermination de la collectivité nationale à combattre
toutes ces formes de crimes qui lui sont étrangers et
qu'elle condamne sans appel. Quant à l'extension du droit à
l'assistance judiciaire aux étrangers en situation régulière
dans notre pays et démunis de ressources, celle-ci qui n'est
pas répandue dans le monde, est une confirmation de
l'attachement de notre peuple au respect de la dignité
humaine y compris celle des étrangers en séjour régulier", a
ajouté le Président Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Le Président de la République s'est félicité également de
l'élaboration du projet de loi pour la prévention et la
lutte contre la cybercriminalité.
"C'est là un moyen de défense des intérêts du pays contre
cette nouvelle criminalité qui se propage dans le monde.
J'apprécie également le fait que l'élaboration de ce projet
s'est inspirée des normes déjà en vigueur dans d'autres
pays, dans le respect des droits individuels découlant des
conventions universelles pertinentes", a souligné le chef de
l'Etat.
Le Président de la République a ajouté qu'"alors que nous
oeuvrons à doter le pays d'un moyen de prévention et de
lutte contre la cybercriminalité, nous devons également
préparer, dès à présent, les conditions à même de garantir
rigoureusement l'usage de ces nouvelles dispositions dans le
strict cadre de la loi et dans le respect absolu des droits
constitutionnels de citoyens".
A cet effet, le chef de l'Etat a
instruit le Ministre de la Justice, garde des Sceaux,
d'engager, dès à présent, la formation et la spécialisation
des magistrats dans ce nouveau domaine. Il a également
ordonné aux autorités de tutelle de la police judiciaire,
d'assurer la vulgarisation de cette loi, une fois
promulguée, au profit des cadres devant l'appliquer sous
l'autorité et le contrôle judiciaire.
4. Par ailleurs, le Conseil des Ministres a examiné et
approuvé un décret Présidentiel autorisant la souscription
d'actions supplémentaires à la Banque africaine de
développement au titre de ses quatrième et cinquième
augmentations générales de capital.
Ce faisant, l'Algérie augmentera
ses parts au capital de la Banque africaine de développement
d'un total de 402 actions pour une valeur globale de
4.849.000 dollars, et demeurera ainsi le quatrième
actionnaire africain dans cette institution où elle détient
un siège au conseil d'administration.
L'augmentation générale du capital de la BAD permettra à
celle-ci de répondre davantage à sa mission au service du
développement de l'Afrique et pour la concrétisation des
objectifs du NEPAD.
5. Le Conseil des Ministres a, également, examiné et
approuvé un décret Présidentiel portant approbation de
l'avenant n° 2 au contrat de service à risque du 14 juillet
2003, pour l'appréciation, le développement et
l'exploitation des gisements de pétrole brut situés sur le
périmètre dénommé "TOUAT", cuvette de SBAA (bloc 352 A 353),
conclu à Alger le 5 août 2008 entre la SONATRACH et la
société "China Petroleum Corporation International Algeria".
6. Le Conseil des Ministres a, aussi, entendu une
communication du Ministre des Affaires religieuses et des
Wakfs, relative à un contrat de gré à gré conclu avec
l'entreprise publique COSIDER, pour la réalisation des
travaux de préparation de l'assiette foncière destinée à la
construction de Djamaâ El Djazaïr, à l'est de la capitale.
Il est à rappeler que ce grand
projet engagé par le Président de la République, dotera la
capitale de l'une des plus grandes mosquées du monde
arabo-musulman, le contrat d'étude a été formellement conclu
en juillet dernier avec une entreprise allemande. La
réalisation concomitante de cette étude avec la préparation
du site d'accueil de Djamaâ El Djazaïr permettra de lancer
bientôt la construction de cet important édifice spirituel
et civilisationnel.
7. Enfin, le Conseil des
Ministres a examiné et approuvé des décisions individuelles
relatives aux emplois supérieurs de l'Etat.
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