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Le Conseil des ministres a tenu dimanche 13
avril 2008, une réunion sous la Présidence de M. Abdelaziz
Bouteflika, Président de la République, à l’issue de
laquelle il a rendu public le communiqué suivant :
“Le Président de la République, Monsieur Abdelaziz
Bouteflika, a présidé, ce jour, dimanche 7 Rabi' El Thani
1429, correspondant au 13 avril 2008, un Conseil des
ministres dont l’ordre du jour a été consacré à l'examen des
points suivants :
I. Le Conseil des ministres a entendu, en premier lieu, une
présentation du dossier relatif à la politique de la santé.
Ce dossier s'articule autour de trois grands axes : le
diagnostic, la réforme du système de santé, les
perspectives.
Le diagnostic établi met en évidence les aspects liés à la
transition démographique suivie d'une transition
épidémiologique, à la couverture sanitaire, au médicament,
au financement et à la qualité des prestations.
Les indicateurs démographiques révèlent une baisse de la
mortalité générale, une baisse sensible de la mortalité
maternelle et infantile, une reprise de la natalité, une
hausse significative de la nuptialité et une augmentation
sensible de l'espérance de vie à la naissance.
Les indicateurs épidémiologiques révèlent une extinction de
certaines maladies transmissibles et la tendance nette à
l'extinction pour beaucoup d'autres (notamment celles
contrôlables par la vaccination). Ils mettent également en
évidence le cas particulier de la tuberculose qui, quoiqu'en
baisse sensible, constitue une préoccupation de l'Algérie au
même titre que pour IDMS dans les autres régions du monde.
Le diagnostic révèle, toutefois, que pour le cas de la
tuberculose multirésistante et ultrarésistante, le taux en
Algérie, en baisse de 2002 à 2007, se situe à un taux
(0,73%) bien inférieur au seuil critique de 3% fixé par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ils mettent, enfin, en évidence l'augmentation des maladies
non transmissibles, notamment, l'hypertension artérielle,
les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cancer et les
maladies respiratoires chroniques, situation comparable à
celle des pays développés.
En matière de couverture sanitaire, il est signalé la
vétusté des équipements et des infrastructures, une
insuffisance en lits et en personnels de santé et une
organisation de la carte sanitaire en inadéquation avec les
besoins (Il est précisé que les capacités hospitalières
réalisées et en cours de réalisation entre 1999 et 2010
représentent 73% des capacités réalisées entre 1962 et 1998
et que les actions de réhabilitation et de rénovation des
infrastructures et des équipements sont engagées). Il est
indiqué que le programme de réalisation en cours porte sur
88 hôpitaux généraux, 94 hôpitaux spécialisés, 4 instituts
nationaux, 311 polycliniques et 221 autres structures
sanitaires.
Dans le domaine du médicament et quoiqu'en progression
constante, il est relevé la faible part des produits
génériques sur le marché national et une faible couverture
du marché par la production nationale.
En matière de financement, le budget de la santé a amorcé
une tendance à l'augmentation depuis 1999. Cette tendance
s'est nettement accentuée en 2005.
S'agissant de la qualité des prestations et du
fonctionnement des services, et tout en soulignant le
décalage inévitable entre l'investissement et ses effets sur
la qualité, il est noté dans le diagnostic une
insatisfaction des usagers résultant, notamment, d'un
accueil déficient des malades et d'un fonctionnement
insuffisant des services.
Ce diagnostic appelle une réforme profonde du système de
santé qui vise des objectifs précis dont, notamment, le
rapprochement de la santé du citoyen, la hiérarchisation des
soins, la réhabilitation de la prévention et des soins de
base, la prise en charge de la transition épidémiologique et
la levée des disparités géographiques et le développement
progressif de la qualité des services.
Ces objectifs seront réalisés à travers la mise en place des
actions suivantes :
-
la densification et la réhabilitation des structures de
santé, la mise à niveau des plateaux techniques et
l'ouverture de l'investissement hospitalier au privé
national et étranger ;
-
l'affectation de spécialistes de santé dans le Sud et les
Hauts Plateaux, le développement de la formation et le
renforcement de l'encadrement ;
-
la prise en charge de la transition épidémiologique à
travers 26 programmes de prévention, 8 programmes de soins
et 4 programmes de soutien d'un coût total de 92 milliards
de dinars ;
-
la mise en place d'une nouvelle carte sanitaire qui
permettra de rationaliser la couverture sanitaire de
prévention et de soins ainsi que l'émergence d'une nouvelle
toponymie en rapport avec des soins hiérarchisés ;
-
la réforme de la gestion du médicament à travers la création
de l'Agence nationale des produits pharmaceutiques, la
promotion du médicament générique et la lutte contre la
contrefaçon médicamenteuse.
Au plan des perspectives, la poursuite et le renforcement
des réformes s'inscrivent dans les objectifs suivants :
-
atteindre à l'horizon 2025 les indicateurs sanitaires
actuels des pays de l'Organisation pour la coopération et le
développement économique (OCQE) ;
-
effacer les disparités sanitaires intra et inter-wilayas ;
-
parachever la mise en place du système de veille sanitaire,
développer le management hospitalier ;
-
mettre en place les standards de qualité et les indicateurs
de performance des structures de santé.
A
l'horizon 2025, les indicateurs font, notamment, ressortir
une population de 44,3 millions, un taux de natalité de 16,9
pour 1.000, un taux de mortalité générale de 4,5 pour 1.000,
un taux d'accroissement de 1,24 % et une espérance de vie de
80 ans.
Cette évolution démographique aura des incidences sur la
structure de la population et son renouvellement ainsi que
sur l'économie et la société, ce qui appelle à des études
prospectives dans ce domaine.
Au plan épidémiologique, le système de santé aura à prendre
en charge les maladies non transmissibles du fait de la
prédominance de facteurs de risques liés au tabagisme, à
l'alcoolisme, à la toxicomanie, à l'alimentation riche en
lipides, à la sédentarité, au stress, à la pollution, et aux
soins dits de haut niveau ainsi qu'aux maladies
transmissibles.
Les objectifs ciblés visent à améliorer la couverture en
lits d'hospitalisation et en ressources humaines, à œuvrer à
la sécurité transfusionnelle, à hisser le médicament
générique à hauteur de 80% de la consommation totale, à
développer la transplantation d'organes et la chirurgie
cardio-pédiatrique, à consolider la santé maternelle et
infantile.
Le programme de développement, quant à lui, sera axé sur :
-
la densification de la carte sanitaire en hôpitaux et le
remplacement des structures vétustes ou en préfabriqué ;
-
l'effacement des disparités, le désenclavement des
populations et l'amélioration de l'accessibilité aux soins ;
-
le parachèvement de la mise en place d'un système
d'information et de veille sanitaire permettant de détecter
et de réagir en temps réel à un événement sanitaire ;
-
le développement du management hospitalier et des standards
de gestion, l'organisation du financement et l'amélioration
de la qualité des services et de la prise en charge du
bien-être et de la sécurité du malade.
L'impact financier de ce programme de développement pour
l'horizon 2025 est estimé à 1.819,63 milliards de dinars.
Intervenant à la suite de la présentation du dossier et des
débats, le Président de la République, après avoir mis en
relief l’importance des ressources humaines, matérielles et
financières mobilisées pour assurer le fonctionnement du
système public de santé en vue d'assurer l'accessibilité aux
soins pour tous, a tenu à souligner que la collectivité
nationale est en droit d'exiger une meilleure prise en
charge de ses besoins, en prévention et en soins, et un
meilleur fonctionnement des services publics de santé.
Force est de constater, a ajouté le Chef de l'Etat, qu'à ce
stade, et en dépit des avancées indéniables réalisées, les
efforts importants sont encore nécessaires pour parvenir au
niveau de prestations voulu. C’est pourquoi il est,
désormais, de la responsabilité des praticiens et des
personnels de la santé de s'atteler à réduire les déficits
constatés et à relever le défi de la qualité de la
prévention et des soins de manière à l'élever au niveau des
standards internationaux.
La réalisation de cet objectif est tributaire autant de la
volonté, de la détermination et du travail des hommes et des
femmes qui activent dans le secteur que de leur capacité à
mieux gérer les ressources mises à leur disposition.
C'est pourquoi, j'invite tous les partenaires du système de
santé à conjuguer leurs efforts pour assurer une meilleure
gestion des structures et des services pour mieux accueillir
les patients, les traiter humainement et leur prodiguer les
soins qu'ils sont en droit de recevoir. Abordant, par
ailleurs, l'importante question du don de sang, le Président
de la République a invité le gouvernement et toutes les
parties intervenantes, en ce domaine, à prendre toute mesure
nécessaire pour sécuriser les opérations y afférentes et
créer les conditions pour une mobilisation et une
fidélisation du plus grand nombre de citoyens autour de
cette œuvre d'intérêt général.
C'est à ces conditions que pourra s'enclencher le processus
de remise en confiance du citoyen à l'endroit de notre
système de santé, a conclu le Chef de l'Etat.
II. Le Conseil des ministres a examiné et approuvé, en
deuxième lieu, le projet de loi portant orientation
agricole.
Ce projet de loi se fixe, essentiellement, pour objectifs :
-
d'améliorer la sécurité alimentaire en vue de garantir
l'accessibilité pour toute personne, de manière régulière, à
une nourriture saine et suffisante, lui permettant de mener
une vie active ;
-
d'assurer une évolution maîtrisée de l'organisation et des
instruments d'encadrement du secteur de l'agriculture, en
vue de permettre l'accroissement de sa productivité et de sa
compétitivité, de mettre en œuvre le principe du soutien
adapté de l'Etat au développement agricole.
Le dispositif arrêté vise à :
-
garantir la pérennité et la préservation des exploitations
agricoles par des structures agraires adaptées ;
-
améliorer le niveau et le cadre de vie des agriculteurs et
des populations rurales par la mise en place, par l'Etat, de
conditions favorables à une dynamique de développement des
espaces ruraux ;
-
favoriser l'installation, dans l'agriculture, des jeunes et
le développement de l'emploi dans le domaine agricole ;
-
préserver les spécificités agricoles et valoriser les
terroirs par des systèmes de production adaptés à leurs
potentialités ;
-
préserver et valoriser le patrimoine foncier par
l'amélioration de l'organisation foncière et la définition
d'un mode approprié d'exploitation des terres agricoles ;
-
permettre la valorisation et la protection des ressources
génétiques animales et végétales ;
-
renforcer la protection zoo-sanitaire et phytosanitaire
ainsi que la salubrité des produits agricoles ;
-
promouvoir une politique participative par la concertation
avec les organisations professionnelles de l'agriculture, en
vue d'impulser une dynamique mobilisatrice de l'ensemble des
acteurs du secteur de l'agriculture ;
-
contribuer à la régulation des produits agricoles en vue de
protéger les revenus des agriculteurs et sauvegarder le
pouvoir d'achat des consommateurs ;
-
mettre en place des instruments et mécanismes réglementaires
normatifs et économiques permettant d'orienter les
investissements et les productions ;
-
mettre en place un système d'informations techniques,
économiques et statistiques ;
-
favoriser une politique adaptée d'enseignement, de formation
permanente, de recherche et de vulgarisation agricoles ;
-
assurer la modernisation, l'intensification et l'intégration
agro-industrielle par filière ;
-
permettre une utilisation rationnelle des sols par
l'adaptation des systèmes de production, notamment, dans les
régions soumises aux menaces de dégradation ;
-
assurer le développement agricole et rural des zones de
montagne à travers un reboisement harmonieux, la
conservation de la nature et la protection des bassins
versants ;
-
permettre la fixation des cordons dunaires et la
restauration du couvert végétal des parcours ;
-
assurer l'utilisation rationnelle et la valorisation des
ressources en eau pour l'irrigation des terres agricoles ;
-
assurer la modernisation des exploitations agricoles et
l'intensification des productions agricoles.
La réalisation des objectifs visés de l'orientation agricole
est mise en œuvre à travers :
-
les schémas directeurs d'orientation agricole en tant que
cadre de référence pour les actions de conservation, de
préservation et d'utilisation optimale de toutes les
potentialités agricoles ;
-
les plans et programmes de développement agricole chargés de
fixer la stratégie du développement agricole, de définir les
moyens nécessaires et de planifier les activités dans le
temps et dans l'espace ;
-
l'institution d'un fichier déterminant les potentialités du
patrimoine foncier agricole ou à vocation agricole et d'une
carte de délimitation des terres agricoles ou à vocation
agricole.
Le projet de loi édicte, également, une série de
prescriptions relatives au mode d'exploitation des terres
agricoles, aux conditions applicables aux mutations
foncières, aux normes applicables aux opérations de
remembrement et aux terrains de parcours.
Le dispositif propose, par ailleurs, les mesures
structurelles applicables aux productions agricoles portant
sur :
-
la valorisation des productions agricoles à travers,
notamment, l'institution d'un système de qualité (labels
agricoles, appellations d'origine, traçabilité, qualité de
produit biologique ;
-
la protection zoo-sanitaire et phytosanitaire destinée à
préserver et protéger le patrimoine animal et végétal et
assurer ainsi la sécurité alimentaire des consommateurs ;
-
la régulation des produits agricoles à travers des mesures
incitatives à la collecte, au stockage, au transport.
Le projet de loi édicte, en outre, des mesures d'encadrement
du foncier agricole, des activités agricoles, de
l'exploitation agricole, des organisations professionnelles
ainsi que des mesures d'encadrement scientifique et
technique pour améliorer le niveau de la qualification
professionnelle des agriculteurs.
Il prévoit, enfin, l'institution d'un système national
d'information agricole chargé, notamment,
d'institutionnaliser la fonction de collecte de la
statistique agricole.
Intervenant à l'issue de l'examen du projet de loi portant
orientation agricole, le Président de la République, après
avoir réitéré ses orientations données en Conseil des
ministres du 27 février 2008, a tenu à souligner la
nécessité, dans les approches de la question agricole, de
concilier 1’impératif de protection et de préservation de
l'assise foncière agricole et celui d'assurer une dynamique
véritable pour une exploitation optimale des terres
agricoles. Dans cette perspective, le Chef de l’Etat a
instruit le gouvernement à l'effet de :
-
concevoir l’instrumentation juridique d'encadrement du
patrimoine et des activités agricoles en tant que levier du
développement agricole global capable de libérer les
initiatives et de mobiliser toutes les potentialités du
secteur et de son environnement ;
-
assurer les conditions d'intégration des jeunes diplômés
dans le processus de modernisation de la gestion des
exploitations agricoles ;
-
renforcer les dispositifs d'encouragement de la recherche et
de l'innovation pour améliorer les rendements et la qualité
des productions agricoles.
III. Le Conseil des ministres a examiné et approuvé, en
troisième lieu, un projet de décret présidentiel autorisant
la souscription de l'Algérie à des actions supplémentaires
au titre de la quatrième et de la cinquième augmentation du
capital de la Banque africaine de développement (BAD).
IV. Le Conseil des ministres a, enfin, examiné et adopté
deux projets de décrets présidentiels portant approbation :
-
de l’avenant n°7 au contrat du 24 novembre 1992 pour la
recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur les
périmètres dénommés «Oulad-N’sir» et «Menzel-Lejmat»,
(blocs : 215 et 405), conclu à Alger le 13 novembre 2007
entre la société «SONATRACH» et les sociétés «BURLINGTON
RESOURCES ALGERIA LLC», «CONOCOPHILIPS ALGERIA LTD» et
«TALISMAN (ALGERIA) B.V».
-
du contrat pour l'exploitation des hydrocarbures, conclu à
Alger le 18 septembre 2006 entre l'Agence nationale pour la
valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) et
SONATRACH SPA.”
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