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Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad
MEDELCI, a souligné lundi soir que la solution à la situation au Sahel
se trouve entre les mains des gouvernements et des populations des pays
de la région.
"Le sahel ne doit pas être surmédiatisé comme on tente à le faire un peu
trop. Le Sahel c’est un groupe de pays qui a un avenir devant lui et qui
dispose de richesses naturelles et nous devons faire en sorte que les
pays du Sahel gèrent leurs problèmes eux-mêmes", a déclaré M. MEDELCI,
qui était l’invité de l’émission "Questions d’actu" de la chaîne de
télévision nationale Canal Algérie.
Après avoir rappelé que l’Algérie dispose de plus de 3700 kms de
frontières avec les pays de cette région et avec lesquels elle
entretient des relations séculaires, le ministre a estimé que la
solution aux problèmes de cette région passe par la stabilisation des
populations de cette région en leur garantissant des conditions de vie
plus décentes, rappelant, à cet égard, les efforts de l’Algérie pour le
développement de ses zones frontalières.
Profitant de l’étendue et de la nature topographique de cette zone,
certains groupes terroristes activent dans la région du Sahel, a-t-il
noté, soulignant que les services concernés des pays de la région
prennent en charge cette question.
Par ailleurs et évaluant les relations entre l’Algérie et le reste des
pays africains, le ministre s’est félicité de l’"excellence" de ces
relations tant au plan bilatéral que multilatéral.
" L’Algérie n’a aucun problème avec aucun pays africain tel qu’il soit
et chaque année apporte son lot d’avancées sur le plan de la coopération
bilatérale avec beaucoup de pays africains et en particulier avec ceux
de notre environnement immédiat, à savoir ceux du Maghreb et du Sahel",
a-t-il fait remarquer.
Il s’est, dans le même sens, félicité du rôle de l’Algérie dans le
règlement des conflits en Afrique. " L’Algérie, sur cette dimension de
recherche de la paix, est un partenaire reconnu et actif à travers la
participation de manière beaucoup plus concrète à des actions dans le
sens des règlement des conflits".
Evoquant la situation en Afrique, le ministre a fait remarquer que le
continent a connu des avancées considérables durant la dernière
décennie, notamment après le lancement du NEPAD.
" Le NEPAD est extrêmement important en étant reconnu aujourd’hui par
l’ensemble des pays du monde ", a-t-il ajouté, relevant que grâce à
cette initiative l’Afrique a des projets de coopération et de
collaboration avec l’Europe, la Chine, l’Inde et la Turquie.
Au sujet de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), M. MEDELCI a rappelé que
lors de la dernière réunion de Tripoli, qui a regroupé les ministres des
affaires étrangères des pays de l’UMA, et à la demande de l’Algérie,
l’idée de créer une communauté économique maghrébine "est entrain de
faire son chemin" Les pays de l’UMA se sont également mis d’accord, lors
de cette réunion, sur la mise en place prochaine d’une banque maghrébine
de l’investissement et du commerce extérieur, a-t-il poursuivi.
A propos de la question du Sahara Occidental, le ministre a souligné que
cette question est un " vrai problème de décolonisation", insistant que
" tant que la possibilité n’a pas été donnée au peuple sahraoui de
s’exprimer sur son avenir le problème restera".
"Nous avons tous besoin que ce conflit soit réglé le plus rapidement
possible et l’espoir est encore intact de voir cette question se traiter
à un niveau politique", a-t-il encore dit.
Interrogé sur la résolution 1904 adoptée récemment par le Conseil de
sécurité de l’Onu sur proposition algérienne incriminant le payement des
rançons aux preneurs d’otages, M. MEDELCI a souligné que l’argent est un
élément "extrêmement important" dans le développement du terrorisme.
" Lorsque nous travaillons sur le tarissement des sources de financement
de ce fléau nous travaillons au tarissement du terrorisme lui-même ",
a-t-il expliqué.
L’intervenant a fait savoir que l’effort de l’Algérie va se poursuivre
pour que cette proposition soit adoptée au niveau de l’Assemblée
générale de l’Onu.
Au sujet de la réforme du Conseil de sécurité, il a précisé que la
position de l’Afrique, basée sur un constat d’injustice, est de
permettre au continent d’avoir 2 sièges permanents et 5 autres non
permanents au niveau de ce Conseil, sachant qu’actuellement il ne
dispose que de 3 sièges non permanents.
Le sommet de Copenhague sur les changements climatiques a été aussi
évoqué par le ministre, qui a indiqué que l’Algérie, en étant concernée
par ce phénomène, l’a inscrit au portail de ses priorités, ajoutant que
la réunion à Alger des ministres africains de l’environnement en 2008 a
permis de sortir avec une position africaine commune sur cette question.
" Cette position africaine a permis, lors du somment de Copenhague, de
préserver les acquis de Rio et de Kyoto et de faire que la priorité des
pays industriels soit réservée au pays africains pour le financement et
le transfert de technologies ", a-t-il poursuivi.
Pour M. MEDELCI, cette unité africaine dans l’action et la pensée
concernant la question des changements climatiques "doit être préservée
et renforcée " pour qu’en 2010 à l’occasion du sommet de Mexico "nous
puissions arriver à conclure un accord qui soit juridiquement
contraignant".
Au chapitre des relations algéro-françaises, M. MEDELCI a indiqué qu’il
s’agit de relations d’intérêts. " Nous avons des intérêts économiques
dans différents domaines avec la France et il y a aussi notre communauté
qui a besoin d’améliorer encore plus ses conditions d’existence qui sont
siennes dans ce pays"
Il a ajouté que beaucoup de questions liées notamment à l’investissement
français en Algérie et les essais nucléaires français dans le Sahara
algérien, font l’objet de groupes de travail conjoints, espérant que ces
groupes de travail puissent réaliser des avancées avant la visite du
ministre français des Affaires étrangères, M. Bernard Kouchner à Alger
dans les semaines à venir.
Le ministre est également revenu sur sa visite effectuée dernièrement
aux Etats-Unis à l’invitation de la secrétaire d’Etat américaine, Mme
Hillary Clinton, indiquant qu’elle a été occasion pour évaluer la
coopération bilatérale économique et commerciale, précisant que les le
niveau des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 20
milliards de dollars.
L’Algérie a été "extrêmement surprise" et "contrariée" par les mesures
de contrôle prises contre ses ressortissants par les Etats-Unis et la
France, a-t-il affirmé.
" Nous sommes extrêmement surpris et contrariés par ces mesures prises
contre les ressortissants algériens par les Etats-Unis et la France"
a-t-il déclaré, espérant que le message de l’Algérie transmis par voie
diplomatique " sera productif pour que cette page soit bientôt tournée".
" je voudrais dire à notre communauté à l’étranger, notamment celle
établie aux Etats-Unis et en France que les décisions prises par chacun
des deux pays ne résultent pas de négociations avec l’Algérie et que ces
mesures ont été prises sans consultation aucune de l’Algérie ", a, par
ailleurs, affirmé M. MEDELCI.
" Nous n’avons jamais été consultés et nous nous avons appris cela par
voie de presse et nous avons réagi par voie diplomatique ", a-t-il
ajouté.
" Nous veillerons à ce que notre pays puisse être considéré comme
crédible qui règle ses problèmes de sécurité mais qui n’a pas de leçons
à recevoir ", a insisté M. MEDELCI, qui a fait remarquer que, s’agissant
de la sécurité aéroportuaire, l’Algérie a été toujours considérée comme
un pays particulièrement performant et l’aéroport d’Alger comme un
aéroport les plus sures au monde.
Le ministre a fait savoir que l’Algérie attend de la France que son
message diplomatique " soit perçu et les responsabilités de ceux qui ont
pris ce type de décisions établies et reconnues comme étant en
contradiction avec la volonté de régler les problèmes et que ces
dispositions étaient très inamicales envers un pays pourtant ami ".
L’Algérie " ne peut que contester les mesures prises par les Etats-Unis
pour singulariser certains pays ", a-t-il ajouté, affirmant que cette
gestion " discriminatoire, qui concerne notre pays de surcroît, ne peut
être acceptée par l’Algérie ".
" Nous sommes pour le dialogue et nous lui donnerons sa chance ", a-t-il
conclu à ce propos.
Au plan régional et abordant l’Union pour la Méditerranée (UPM), il a
indiqué que l’Algérie a toujours encouragé la réalisation de projets
concrets dans l’espace sous-régional dans l’intérêt des populations et
de la région de la Méditerranée, exprimant le voeu qu’en 2010 un certain
nombre de projets puisse voire le jour dans ce cadre.
Interrogé enfin sur le Conseil consultatif de la communauté algérienne
établie à l’étranger, le ministre a réitéré la grande importance
qu’accordent les pouvoirs publics aux membres de cette communauté,
affirmant que la création de ce Conseil va donner une "opportunité
remarquable" aux membres de la communauté de s’exprimer et d’apporter
des solutions à leurs problèmes et contribuer ainsi au développement du
pays.
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