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Intervention de M. Mourad MEDELCI, Ministre des Affaires Etrangères à l’émission "Questions d’actu " de l’ENTV

lundi 18 janvier 2010

 

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad MEDELCI, a souligné lundi soir que la solution à la situation au Sahel se trouve entre les mains des gouvernements et des populations des pays de la région.

"Le sahel ne doit pas être surmédiatisé comme on tente à le faire un peu trop. Le Sahel c’est un groupe de pays qui a un avenir devant lui et qui dispose de richesses naturelles et nous devons faire en sorte que les pays du Sahel gèrent leurs problèmes eux-mêmes", a déclaré M. MEDELCI, qui était l’invité de l’émission "Questions d’actu" de la chaîne de télévision nationale Canal Algérie.

Après avoir rappelé que l’Algérie dispose de plus de 3700 kms de frontières avec les pays de cette région et avec lesquels elle entretient des relations séculaires, le ministre a estimé que la solution aux problèmes de cette région passe par la stabilisation des populations de cette région en leur garantissant des conditions de vie plus décentes, rappelant, à cet égard, les efforts de l’Algérie pour le développement de ses zones frontalières.

Profitant de l’étendue et de la nature topographique de cette zone, certains groupes terroristes activent dans la région du Sahel, a-t-il noté, soulignant que les services concernés des pays de la région prennent en charge cette question.

Par ailleurs et évaluant les relations entre l’Algérie et le reste des pays africains, le ministre s’est félicité de l’"excellence" de ces relations tant au plan bilatéral que multilatéral.

" L’Algérie n’a aucun problème avec aucun pays africain tel qu’il soit et chaque année apporte son lot d’avancées sur le plan de la coopération bilatérale avec beaucoup de pays africains et en particulier avec ceux de notre environnement immédiat, à savoir ceux du Maghreb et du Sahel", a-t-il fait remarquer.

Il s’est, dans le même sens, félicité du rôle de l’Algérie dans le règlement des conflits en Afrique. " L’Algérie, sur cette dimension de recherche de la paix, est un partenaire reconnu et actif à travers la participation de manière beaucoup plus concrète à des actions dans le sens des règlement des conflits".

Evoquant la situation en Afrique, le ministre a fait remarquer que le continent a connu des avancées considérables durant la dernière décennie, notamment après le lancement du NEPAD.

" Le NEPAD est extrêmement important en étant reconnu aujourd’hui par l’ensemble des pays du monde ", a-t-il ajouté, relevant que grâce à cette initiative l’Afrique a des projets de coopération et de collaboration avec l’Europe, la Chine, l’Inde et la Turquie.

Au sujet de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), M. MEDELCI a rappelé que lors de la dernière réunion de Tripoli, qui a regroupé les ministres des affaires étrangères des pays de l’UMA, et à la demande de l’Algérie, l’idée de créer une communauté économique maghrébine "est entrain de faire son chemin" Les pays de l’UMA se sont également mis d’accord, lors de cette réunion, sur la mise en place prochaine d’une banque maghrébine de l’investissement et du commerce extérieur, a-t-il poursuivi.

A propos de la question du Sahara Occidental, le ministre a souligné que cette question est un " vrai problème de décolonisation", insistant que " tant que la possibilité n’a pas été donnée au peuple sahraoui de s’exprimer sur son avenir le problème restera".

"Nous avons tous besoin que ce conflit soit réglé le plus rapidement possible et l’espoir est encore intact de voir cette question se traiter à un niveau politique", a-t-il encore dit.

Interrogé sur la résolution 1904 adoptée récemment par le Conseil de sécurité de l’Onu sur proposition algérienne incriminant le payement des rançons aux preneurs d’otages, M. MEDELCI a souligné que l’argent est un élément "extrêmement important" dans le développement du terrorisme.

" Lorsque nous travaillons sur le tarissement des sources de financement de ce fléau nous travaillons au tarissement du terrorisme lui-même ", a-t-il expliqué.

L’intervenant a fait savoir que l’effort de l’Algérie va se poursuivre pour que cette proposition soit adoptée au niveau de l’Assemblée générale de l’Onu.

Au sujet de la réforme du Conseil de sécurité, il a précisé que la position de l’Afrique, basée sur un constat d’injustice, est de permettre au continent d’avoir 2 sièges permanents et 5 autres non permanents au niveau de ce Conseil, sachant qu’actuellement il ne dispose que de 3 sièges non permanents.

Le sommet de Copenhague sur les changements climatiques a été aussi évoqué par le ministre, qui a indiqué que l’Algérie, en étant concernée par ce phénomène, l’a inscrit au portail de ses priorités, ajoutant que la réunion à Alger des ministres africains de l’environnement en 2008 a permis de sortir avec une position africaine commune sur cette question.

" Cette position africaine a permis, lors du somment de Copenhague, de préserver les acquis de Rio et de Kyoto et de faire que la priorité des pays industriels soit réservée au pays africains pour le financement et le transfert de technologies ", a-t-il poursuivi.

Pour M. MEDELCI, cette unité africaine dans l’action et la pensée concernant la question des changements climatiques "doit être préservée et renforcée " pour qu’en 2010 à l’occasion du sommet de Mexico "nous puissions arriver à conclure un accord qui soit juridiquement contraignant".

Au chapitre des relations algéro-françaises, M. MEDELCI a indiqué qu’il s’agit de relations d’intérêts. " Nous avons des intérêts économiques dans différents domaines avec la France et il y a aussi notre communauté qui a besoin d’améliorer encore plus ses conditions d’existence qui sont siennes dans ce pays"

Il a ajouté que beaucoup de questions liées notamment à l’investissement français en Algérie et les essais nucléaires français dans le Sahara algérien, font l’objet de groupes de travail conjoints, espérant que ces groupes de travail puissent réaliser des avancées avant la visite du ministre français des Affaires étrangères, M. Bernard Kouchner à Alger dans les semaines à venir.

Le ministre est également revenu sur sa visite effectuée dernièrement aux Etats-Unis à l’invitation de la secrétaire d’Etat américaine, Mme Hillary Clinton, indiquant qu’elle a été occasion pour évaluer la coopération bilatérale économique et commerciale, précisant que les le niveau des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 20 milliards de dollars.

L’Algérie a été "extrêmement surprise" et "contrariée" par les mesures de contrôle prises contre ses ressortissants par les Etats-Unis et la France, a-t-il affirmé.

" Nous sommes extrêmement surpris et contrariés par ces mesures prises contre les ressortissants algériens par les Etats-Unis et la France" a-t-il déclaré, espérant que le message de l’Algérie transmis par voie diplomatique " sera productif pour que cette page soit bientôt tournée".

" je voudrais dire à notre communauté à l’étranger, notamment celle établie aux Etats-Unis et en France que les décisions prises par chacun des deux pays ne résultent pas de négociations avec l’Algérie et que ces mesures ont été prises sans consultation aucune de l’Algérie ", a, par ailleurs, affirmé M. MEDELCI.

" Nous n’avons jamais été consultés et nous nous avons appris cela par voie de presse et nous avons réagi par voie diplomatique ", a-t-il ajouté.

" Nous veillerons à ce que notre pays puisse être considéré comme crédible qui règle ses problèmes de sécurité mais qui n’a pas de leçons à recevoir ", a insisté M. MEDELCI, qui a fait remarquer que, s’agissant de la sécurité aéroportuaire, l’Algérie a été toujours considérée comme un pays particulièrement performant et l’aéroport d’Alger comme un aéroport les plus sures au monde.

Le ministre a fait savoir que l’Algérie attend de la France que son message diplomatique " soit perçu et les responsabilités de ceux qui ont pris ce type de décisions établies et reconnues comme étant en contradiction avec la volonté de régler les problèmes et que ces dispositions étaient très inamicales envers un pays pourtant ami ".

L’Algérie " ne peut que contester les mesures prises par les Etats-Unis pour singulariser certains pays ", a-t-il ajouté, affirmant que cette gestion " discriminatoire, qui concerne notre pays de surcroît, ne peut être acceptée par l’Algérie ".

" Nous sommes pour le dialogue et nous lui donnerons sa chance ", a-t-il conclu à ce propos.

Au plan régional et abordant l’Union pour la Méditerranée (UPM), il a indiqué que l’Algérie a toujours encouragé la réalisation de projets concrets dans l’espace sous-régional dans l’intérêt des populations et de la région de la Méditerranée, exprimant le voeu qu’en 2010 un certain nombre de projets puisse voire le jour dans ce cadre.

Interrogé enfin sur le Conseil consultatif de la communauté algérienne établie à l’étranger, le ministre a réitéré la grande importance qu’accordent les pouvoirs publics aux membres de cette communauté, affirmant que la création de ce Conseil va donner une "opportunité remarquable" aux membres de la communauté de s’exprimer et d’apporter des solutions à leurs problèmes et contribuer ainsi au développement du pays.

 

 

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