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Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad
MEDELCI, a affirmé mercredi que la décision américaine d'inclure
l'Algérie dans la liste des pays dont les ressortissants seront soumis à
des mesures spécifiques de contrôle dans les aéroports américains était
une "mesure inappropriée".
Cette mesure dénote de la "politique de deux poids deux mesures" que
l'Algérie rejette énergiquement" et "constitue une solution
artificielle", a souligné M. MEDELCI qui était l'invité de l'émission
Tahawoulat (mutations) de la chaîne I de la radio nationale.
Des éclaircissements auraient dû être apportés par les Etats-Unis et par
la France également, qui a pris une décision similaire, a-t-il affirmé.
Le ministre a, à cet effet, rappelé avoir convoqué l'ambassadeur
américain à Alger afin de préciser la position de l'Algérie qui attend à
être exclue de cette liste, ajoutant que l'ambassadeur de France à Alger
a, lui aussi, été convoqué par le ministère des Affaires étrangères.
Le ministre a indiqué avoir adressé une lettre officielle à son
homologue français, M. Bernard Kouchner, pour lui préciser la position
de l'Algérie qui "condamne, de manière officielle, ces agissements".
M. MEDELCI a, en outre, souhaité que des solutions fiables puissent être
trouvées à cette affaire avant la visite du MAE français en Algérie.
Il a également annoncé la visite prochainement de responsables
américains en Algérie, dont le ministre de la justice pour "signer un
accord en matière de coopération judiciaire" et une délégation d'hommes
d'affaires en vue de "parachever le processus de coopération
économique".
A une question sur l'avenir des relations algéro-françaises, le ministre
les a qualifiées d'"extrêmement importantes", ajoutant que l'Algérie
souhaitait notamment renforcer l'investissement français en Algérie et
garantir de bonnes conditions de vie à la communauté algérienne en
France.
M. MEDELCI a, par ailleurs, réitéré la requête algérienne à la France
relative à la restitution des archives de la période coloniale,
déplorant qu'une telle requête demeure sans réponse claire.
Abordant le sommet algéro-espagnol, tenu récemment à Madrid, le ministre
a souligné que l'Espagne était "un partenaire très important" pour
l'Algérie, ajoutant que la coopération bilatérale avait enregistré un
saut qualitatif ces dix dernières années comme en témoigne la présence
croissante des sociétés espagnoles en Algérie.
Il a affirmé que ce sommet avait coïncidé avec l'accession de l'Espagne
à la présidence périodique de l'Union européenne (UE) pour le premier
semestre de 2010, une présidence qui coïncide, a-t-il dit, avec
l'inauguration du projet Medgaz.
Il a ajouté que la présidence périodique de l'UE sera marquée par un
nouveau départ pour la coopération dans le cadre du groupe 5+5 des
ministres de l'Environnement. Il a à ce propos, annoncé que la première
réunion sur la coopération environnementale se tiendra en avril 2010 à
Alger.
M. MEDELCI a, en outre, souligné l'importance de la dimension humaine
dans la coopération entre l'Algérie et l'Espagne, affirmant que
l'Algérie ambitionnait d'améliorer les conditions de résidence de sa
communauté en Espagne.
Le ministre a évoqué la préparation en cours d'un cadre juridique
afférent aux relations consulaires entre les deux pays à même d'être un
modèle pour la coopération dans ce domaine avec le reste des pays de
l'UE.
Concernant la proposition algérienne adoptée récemment par le Conseil de
sécurité des Nations unies sur la pénalisation de l'acte de versement
des rançons aux groupes terroristes, M. MEDELCI l'a qualifiée
d'"importante" pour mettre fin au financement des groupes terroristes,
ajoutant que les retombées d'une telle mesure seront "palpables à partir
de cette année".
Au plan de la coopération arabe en matière de lutte antiterroriste, le
ministre a fait état de la convention signée depuis une année, mettant
en exergue "le rôle efficace" de l'Algérie dans la signature de cette
convention.
S'agissant de l'ampleur de l'émigration clandestine, M. MEDELCI a
précisé que ce phénomène mondial "impose à la communauté internationale
de rechercher les causes de son développement avant d'envisager les
solutions sécuritaires".
Il a rappelé, à ce propos, les conventions, dans ce domaine, entre
l'Algérie et les pays voisins telle la convention algéro-espagnole
signée en 2002.
Abordant la question du Sahara occidental, M. MEDELCI a indiqué qu'elle
revêtait une dimension politique et une autre humanitaire dont le
règlement incombe aux Nations unies. Il a relevé la nécessité
"d'encourager les efforts de l'ONU pour aboutir à un référendum qui
permettra au peuple sahraoui de décider de son sort en toute liberté".
Le ministre des Affaires étrangères a dans ce contexte, salué les
efforts de l'Algérie en faveur de l'intégration maghrébine par
l'encouragement des investissements communs et des projets intégrés qui
renforcent le tissu économique des pays de la région.
Pour ce qui est de la question palestinienne, il a affirmé que le blocus
imposé par Israël et la construction des colonies sont en contradiction
avec les efforts déployés pour trouver une solution à la question
palestinienne.
Il a insisté sur l'importance de resserrer les rangs palestiniens par la
réconciliation nationale, réitérant le soutien de l'Algérie à la
Palestine et son peuple.
M. MEDELCI a, d'autre part, émis le voeu que le prochain sommet arabe
soit un succès et qu'il "oeuvrera à renforcer la réconciliation arabe et
à traiter les questions importantes et à leur tête la situation au
Moyen-Orient".
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