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Monsieur le Président,
Messieurs les Chefs de délégations,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d’abord, Monsieur le Président, vous présenter les
chaleureuses félicitations de la délégation algérienne, à l’occasion de
votre brillante élection pour la conduite des travaux de la huitième
Conférence d’examen du Traité de Non-prolifération des armes nucléaires.
Je suis persuadé que votre expérience et vos qualités personnelles et
professionnelles seront à la hauteur de la mission qui vous incombe en
qualité de Président de cette Conférence. Soyez assuré, Monsieur le
Président, du plein soutien de la délégation algérienne et de son
entière disponibilité tout au long de nos travaux.
Les félicitations de la délégation algérienne s’adressent également aux
Présidents des trois grandes Commissions, qui ont successivement et
brillamment conduit les travaux des trois réunions du Comité
préparatoire de la Conférence, ainsi qu’à l’ensemble des membres du
Bureau de la Conférence.
La délégation algérienne s’associe pleinement à la Déclaration faite au
nom des Etats parties au TNP, membres du Mouvement des Pays non-alignés.
Monsieur le Président,
L’Algérie, qui reste convaincue que le désarmement nucléaire est
l’objectif ultime du TNP conformément à son article VI, se félicite de
la tenue de cette huitième Conférence d’examen dans un contexte de
renaissance de l’option « zéro arme nucléaire », qui est le seul moyen
de prévenir durablement la prolifération et de progresser vers un monde
débarrassé des armes nucléaires.
Dans ce contexte, je voudrais réitérer le voeu de mon pays de voir la
Communauté internationale, en particulier les Etats dotés de l’arme
nucléaire, s’engager résolument en faveur d’un processus visant la
dénucléarisation de la planète et le démantèlement des arsenaux
nucléaires encore stockés ou déployés à ce jour.
Dans le prolongement de notre adhésion collective aux objectifs d’un
désarmement nucléaire préalable â un désarmement général et complet,
s’inscrit, tout naturellement, notre quête, maintes fois réaffirmée, de
mettre un terme définitif et durable à la prolifération des années
nucléaires.
Le Traité de Non-prolifération des armes nucléaires demeure, à cet
égard, un instrument clef de la préservation de la paix et de la
sécurité internationales. Son adoption dès 1968, a considérablement
contribué, il faut le reconnaître, à freiner les risques de
prolifération dans le monde.
S’il est communément admis que le désarmement et la non-prolifération
nucléaires sont des facteurs propices à l’instauration de la confiance
et â la préservation de la paix et de la sécurité internationales, il
est tout aussi vrai que l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire
s’impose de plus en plus comme un vecteur incontournable de
développement et de progrès.
Si une telle évaluation était partagée par tous les Etats présents
aujourd’hui, cette Conférence pourrait être, alors, l’opportunité
recherchée pour rompre avec les échecs passés et de donner un nouvel
élan au processus d’examen dans le sens d’un renforcement du TNP par les
mesures équilibrées qui satisfassent les revendications de tous les
Etats parties sans discrimination.
Cette opportunité qui s’offre à nous, aujourd’hui, devrait être saisie
pour:
- Reconnaître, d’abord, que quarante ans après son adoption, le TNP a
atteint les limites d’une approche sélective et discriminatoire dans sa
mise en oeuvre, conduisant inéluctablement à l’échec de la Conférence
d’examen de 2005;
- Réitérer, ensuite, la validité de l’interprétation universellement
admise selon laquelle les droits et les obligations des Etats parties au
TNP reposent sur les trois piliers fondamentaux, complémentaires et
indissociables que sont le désarmement nucléaire, la non-prolifération
des armes nucléaires, et la promotion des utilisations pacifiques de
l’énergie nucléaire.
- Réhabiliter, enfin, le TNP en faisant le choix difficile mais
nécessaire, d’une juste mise en oeuvre de l’ensemble des obligations qui
découlent du Traité sans discrimination, pour répondre aux attentes de
tous les Etats parties et lever ainsi les obstacles qui empêchent le TNP
d’être en parfaite adéquation avec ses objectifs et sa vocation.
Un tel choix qui serait, à la fois courageux et responsable, passe
inévitablement par l’adoption de mesures renforcées et novatrices à même
de conférer aux résultats de cette Conférence d’examen la teneur et la
portée qui seraient à la mesure de nos aspirations faites de paix, de
sécurité et de progrès.
Dans ce cadre, les décisions et résolutions des Conférences d’examen du
TNP, tenues en 1995 et 2000, nous paraissent incontournables. Elles
doivent constituer le point de départ des travaux de la présente
réunion.
Monsieur le Président,
En prévision de la tenue de cette Conférence, mon pays a présenté un
rapport détaillé sur la mise en oeuvre du TNP ainsi qu’un certain nombre
de documents de travail sur les questions importantes à l’ordre du jour
des Grandes Commissions. J’éviterais donc de revenir sur les questions
et propositions déjà mentionnées dans les documents soumis par
l’Algérie.
II est toutefois des questions importantes qui seront abordées lors de
cette Conférence et dont il est attendu des réponses concrètes et
urgentes. C’est sur ces questions que je souhaiterais dire quelques
mots:
J’évoquerais, en premier lieu, la question des garanties de sécurité aux
Etats non dotés de l’arme nucléaire, qui demeure la préoccupation
majeure d’une large majorité d’Etats Parties y compris mon pays. Car
malgré les progrès récemment enregistrés, on déplore encore le maintien
injustifié de doctrines de sécurité nationale basées sur la possession
d’arsenaux nucléaires capable~de détruire plusieurs fois la planète
entière, la question des garanties doit bénéficier d’un examen
prioritaire et approfondi qui tiendrait, notamment, compte, des
décisions pertinentes des Conférence d’examen de 1995 et 2000.
Dans ce cadre et dans l’attente de l’élimination totale des armes
nucléaires, les Etats détenteurs de ces armes au titre du TNP, devraient
s’efforcer de réduire leur rôle dans les politiques nationales et
régionales de défense. Le nouveau Traité START constitue une initiative
louable dans le processus de désarmement nucléaire. Pour être â la
hauteur de nos attentes, ce Traité devrait donner le ton â une démarche
plus affirmée et plus volontariste en matière de réduction des arsenaux
nucléaires, progressive mais qui serait soutenue et ininterrompue et qui
concernerait aussi bien les armes stratégiques que les armes tactiques
ainsi que leurs vecteurs.
Monsieur le Président,
J’aborderais, en second lieu, l’objectif de la Non-prolifération pour
lequel l’Algérie propose un renforcement de la mise en oeuvre de
l’article 1er du TNP par lequel les Etats parties se sont engagés â ne
pas aider, encourager ou inciter les Etats non dotés d’armes nucléaires
à acquérir de telles armes de quelque manière que ce soit.
Les puissances nucléaires et les Etats membres du Groupe de fournisseurs
nucléaires, ont une responsabilité particulière dans la mise en oeuvre
de cette obligation du Traité. Nous les exhortons à s’engager à ne pas
accorder leur coopération dans le domaine nucléaire civil â des Etats
qui ne sont pas parties au TNP. Des mesures suffisamment restrictives en
matière de coopération nucléaire seront à même de décourager ces Etats
de rester en dehors du TNP.
Des avancées sur cette voie nous permettraient, notamment, de réaliser
des progrès sur la question de la création d’une zone exempte d’armes
nucléaires et d’amies de destruction massive au Moyen-Orient, qui
demeure l’otage du refus d’Israël d’adhérer au TNP et, partant, de
soumettre ses installations aux inspections de l’AIEA.
Une panoplie de mesures contraignantes pourrait également être adoptée
par le Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organes onusiens
compétents, afin de donner à la question de l’universalisation du TNP
l’importance et la priorité qu’elle mérite en tant qu’instrument de paix
et de sécurité internationales.
Monsieur le Président,
Permettez-moi de souligner, en troisième lieu, que l’Algérie fait
également partie de cette large majorité d’Etats qui a choisi de mettre
l’atome au service exclusif des applications civiles, y compris en
matière de recherche/développement conformément aux dispositions du TNP
et notamment son article IV. Je souhaiterais à cet égard, réitérer le
soutien de l’Algérie au mandat de l’AIEA dans la promotion des
utilisations de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, ainsi qu’à
toutes les initiatives régionales et internationales visant la
diversification de la coopération scientifique et technique dans ce
domaine.
Monsieur le Président,
Je dois rappeler, enfm, l’initiative de la Présidence algérienne de la
Conférence du Désarmement en 2009, qui bien qu’approuvée à l’unanimité,
n’a pas encore été suivie d’action concrète, comme le montre les
résultats de la dernière session de la Conférence du désarmement à
Genève. Mais la conférence de Désarmement n’est pas le seul forum
multilatéral qui subit les effets négatifs de ses échecs. Les lenteurs
persistantes constatées dans le processus d’entrée en vigueur du Traité
d’interdiction complète des essais nucléaires et la mise en place de
l’Organisation des Etats parties siégeant à Vienne, sont également une
source de grande préoccupation.
Au regard du blocage actuel, il revient à l’ensemble de la Communauté
internationale de rechercher les voies et moyens â même de relancer les
travaux de la Conférence de Désarmement.
C’est en exprimant cet espoir que je souhaite plein succès aux travaux
de cette Conférence, et vous remercie de votre attention.
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