Président de la République
Message du Président de la République à l'occasion de la fête du travail

Alger,  le 01 mai 2007


Mes Chers Compatriotes,

Le Premier Mai est un moment solennel qui nous invite à une profonde introspection et nous permet d’évoquer les luttes continues et les victimes de la classe ouvrière à travers le monde.

C’est aussi l’occasion de rappeler la part prise par les travailleuses et travailleurs algériens dans les combats menés par notre pays tout au long de son histoire, notamment dans notre lutte de libération et dans les sacrifices liés à l’édification d’un État au service de l’ensemble du peuple algérien.

Le développement économique et social de notre pays est un impératif primordial qui repose sur l’ensemble de nos travailleurs qui contribuent à la construction d’un système économique structuré et solide, orienté vers l’économie moderne que nous ambitionnons à travers notre investissement dans l’homme et dans son génie créateur.

Cet investissement se traduit par les efforts colossaux, consentis notamment, pour le système d’éducation, d’enseignement supérieur et de formation et qui ont pour but d’assurer les qualifications nécessaires à l’évolution de l’économie vers la performance et la compétitivité, dans un monde globalisé et sélectif. C’est en effet par l’éducation que nous pourrons atteindre nos objectifs de développement, tout en menant une lutte efficace contre le chômage dans notre pays.

Le niveau de chômage a décru, durant ces dernières années, grâce aux politiques publiques d’encouragement de la création d’activités, de l’investissement dans l’entreprise, de l’ouverture des grands chantiers d’infrastructures et grâce aussi aux emplois alternatifs d’attente, soutenus par l’État. Le niveau de chômage estimé à 12,3 % en 2006, par les organismes spécialisés, ne satisfait pas nos ambitions au regard des potentialités de l’Algérie et des aspirations de notre jeunesse. L’effort doit donc se poursuivre dans ce domaine. 

Il est important que les jeunes en quête d’emploi trouvent une réponse à leur demande dans un marché de travail flexible et dynamique que nous devons promouvoir et préserver, afin d’enraciner définitivement, en eux, les vertus du travail et la noblesse de l’effort. 

C’est pour consolider nos acquis économiques et sociaux et élargir les perspectives de l’emploi productif et créateur de richesse que l’État entend concrétiser les programmes publics d’investissement, en cours depuis 2005, qui prévoient la réalisation de plusieurs milliers de projets à travers tout le territoire national et mobilisent plus de 10.000 milliards de DA jusqu’à l’horizon 2009. 

En premier lieu, ces investissements vont développer les infrastructures économiques et sociales et surtout améliorer les conditions de vie et de travail de nos compatriotes. En second lieu, ils tendent à offrir une meilleure visibilité et l’espérance d’un rendement attractif pour les entrepreneurs nationaux et étrangers. Dans ce sens, ces programmes publics sont d’un apport certain en matière de soutien à la croissance économique, de consolidation de la base du développement et d’appui à la politique d’équilibre régional. 

L’activité économique bénéficiera, désormais, de conditions plus favorables, du fait d’une croissance soutenue depuis plusieurs années, d’une inflation contenue et d’un niveau de consommation, par habitant, en progression constante. Le cadre macroéconomique est renforcé, simultanément, par un remboursement anticipé de la dette extérieure en 2006, faisant, ainsi, accéder notre pays au rang des pays les moins endettés, et par des réserves de change relativement importantes, permettant de garantir sainement la totalité de la masse de monnaie nationale en circulation et en dépôt dans le pays. 

En tant que siège de l’activité économique et creuset de l’emploi, l’entreprise bénéficie pleinement de ce contexte général favorable, ainsi que des mesures spécifiques de facilitation, mises en place en matière d’encouragement à l’investissement et au crédit bancaire, d’allégement de la pression fiscale et de la simplification des procédures de la fiscalité, et ce, dans les domaines de création et de développement de la micro-entreprise et de la PME. Par ailleurs, d’autres mesures incitatives d’ordre législatif ont été prises récemment sous forme d’allégement des charges sociales, au profit des employeurs qui contribuent à la promotion de l’emploi salarié.

 

Mes Chers Compatriotes, 

Vos droits sociaux sont reconnus et respectés dans notre pays, dont vous êtes l’une des principales forces vives. Nous restons convaincus que nos objectifs de développement ne pourraient être pleinement atteints que si les acquis des travailleurs salariés sont liés à l’importance de l’effort fourni et aux résultats enregistrés individuellement et collectivement dans la production des biens et des services. 

De même, nous considérons que les acquis des travailleurs doivent reposer sur la satisfaction de leurs droits sociaux. Ces droits, sans nul doute, suivront l’évolution des fondamentaux de l’économie nationale et des performances de l’entreprise algérienne, face à la concurrence internationale. C’est pourquoi, nous devons faire en sorte qu’ils bénéficient réellement à l’ensemble des travailleurs concernés. 

Dans ce cadre, l’État a pris, ces derniers mois, des mesures tendant à sauvegarder et améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs salariés, à travers notamment, la valorisation du SNMG à 12.000 DA, depuis le 1er janvier 2007, l’accroissement des salaires de l’ensemble des emplois de la fonction publique, l’aboutissement des négociations des conventions de branches revalorisant les salaires dans le secteur public marchand, la revalorisation des salaires de certains travailleurs du secteur privé, suite aux recommandations de la tripartite, la revalorisation des pensions allocations et rentes de sécurité sociale, ainsi que pour la première fois, la création d’un fonds national de réserves des retraites qui permettra de prévenir les éventuels déficits de la caisse concernée.

Nous sommes persuadés que notre législation du travail et de sécurité sociale est un acquis pour les travailleurs, qu’il importe de préserver et de veiller à son adaptation aux conditions nouvelles et aux perspectives d’évolution du marché du travail dans une économie moderne, soumise à la compétition du libre-échange et à la globalisation. 

Ces avancées ont déjà concerné le statut général de la Fonction publique dont les textes particuliers d’application sont en phase d’élaboration. A l’avenir, elles concerneront, notamment, l’organisation et la flexibilité du marché du travail, la promotion de la relation de travail, la prévoyance des conflits sociaux, la conciliation en situation de suspension de la relation de travail, le règlement des contentieux en matière de sécurité sociale et la promotion de l’action sociale institutionnelle.

 

Mes Chers Compatriotes, 

Nous restons convaincus que le dialogue et la concertation restent la meilleure voie de traitement des questions liées aux droits et devoirs des travailleurs. L’expérience de la tripartite entre les représentants des pouvoirs publics, du syndicat des travailleurs salariés et des organisations patronales, a montré qu’elle constituait la meilleure réponse aux préoccupations de ses différentes parties, dans la sérénité et le respect des aspirations de chacun. Nous encourageons la confiance entre les partenaires sociaux en ce qu’elle constitue une condition essentielle pour la préservation de la paix sociale et la promotion d’un climat d’affaires, propice à l’attractivité de l’investissement et à la croissance économique. 

Le pacte économique et social, conclu en 2006 entre les partenaires de la tripartite, est un jalon significatif dans l’amélioration de la gouvernance de l’entreprise et de la gestion de l’économie nationale qui a besoin de la conjugaison des efforts de tous, pour promouvoir la production nationale et lutter contre toutes les formes de déviance et les fléaux économiques, financiers et sociaux, tels que l’économie informelle, l’abus de biens sociaux, la corruption, le banditisme et autres qui prolifèrent dans l’opacité et le laisser-aller. 

La paix sociale dans une économie saine est, sans aucun doute, un élément important de la paix civile que nos travailleurs, en symbiose avec l’ensemble du peuple, appellent de leurs vœux, notamment depuis leur adhésion, sans faille, à la réconciliation nationale. 

La réconciliation nationale est un choix conscient qui privilégie l’intérêt suprême de la Nation, en dépit des vicissitudes de la conjoncture qui peut, parfois, être douloureuse et pénible, lorsqu’elle touche l’intégrité de nos compatriotes. Il s’agit d’un choix stratégique qui permet de résorber les plaies de tout un peuple qui se réconcilie, ainsi, avec lui-même et qui saura lui insuffler la force nécessaire pour affronter les vrais défis d’accès au développement et les impératifs de la compétition internationale sous toutes ses formes. 

La réconciliation nationale ne représente ni un abandon, ni une désertion, c’est un choix civilisationnel pour lequel notre peuple a pris option. A cette occasion, je voudrais renouveler l’expression de ma profonde sympathie et de ma solidarité avec les familles touchées par les dernières manifestations de ce terrorisme lâche et aveugle que nous ne cesserons de combattre, de toutes nos forces, jusqu’à son anéantissement définitif.

 

Mes Chers Compatriotes, 

Le 17 mai 2007, notre peuple est convié à procéder au renouvellement de l’Assemblée Populaire Nationale, dans le cadre de la liberté et du pluralisme politique. 

C’est un rendez-vous important pour l’exercice de la démocratie. La campagne électorale a officiellement débuté depuis quelques jours et les listes de candidatures sont multiples et variées. Je me dois, à cette occasion, de vous appeler à exercer votre droit constitutionnel en veillant, particulièrement, à la participation des femmes et de contribuer, en votre âme et conscience, au choix de la composante la plus représentative pour l’intérêt et la stabilité du pays.

 Que le Premier Mai commémoré, aujourd’hui, soit un facteur d’espoir, de bien-être et d’amélioration de la situation de chaque travailleuse et de chaque travailleur dans tous les secteurs d’activités et qu’il soit le signe annonciateur d’une bonne croissance économique, réalisée dans la sérénité et l’enthousiasme, au bénéfice du progrès social et de la grandeur de l’Algérie.    

 

                                                        Abdelaziz BOUTEFLIKA


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