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Président de la République

Message du Président de la République à la 8ème Conférence biennale de l'Association
pour le Développement de l'Éducation en Afrique

(Maputo, Mozambique, 5 mai 2008)


 

Monsieur le Président et Cher Frère, 

Vous avez bien voulu me faire l’honneur de m’inviter à cette 8ème Conférence Biennale de l’Association pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA). Je vous exprime ma profonde reconnaissance pour ce témoignage d’amitié et de fraternité qui traduit, par ailleurs, la qualité des liens historiques et des relations exemplaires entre nos deux pays. 

Permettez-moi, également, de remercier les organisateurs de cette importante manifestation pour l’intérêt qu’ils manifestent à l’expérience de l’Algérie dans le secteur de l’éducation. 

Je ne saurais bien évidemment oublier dans mes remerciements l’UNESCO et son Directeur Général, dont les efforts soutenus pour assister nos pays dans le domaine de l’alphabétisation et de l’éducation méritent d’être soulignés.
 


Excellence Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les participants, 

En dépit de ressources extrêmement limitées, d’énormes sacrifices ont été consentis dans le domaine de la formation pour permettre aux nations africaines d’assurer les conditions de leur propre existence et de leur devenir. 

Cette tâche était d’autant plus difficile que les pays africains étaient en même temps confrontés à des problèmes de tous ordres et à l’urgence d’y apporter des solutions. 

Les premières années de notre indépendance ont été consacrées principalement à la construction des écoles et à la formation des enseignants. Le taux d’alphabétisation dans nos pays est passé de 10% dans les années 1960, à 70% aujourd’hui. 

L’accroissement impressionnant de la population africaine et, en particulier, de sa jeunesse, impose aux responsables en charge du secteur de l’éducation de faire le bon choix dans la formulation et l’adoption de politiques éducatives, en mesure de faire face, qualitativement et quantitativement, aux défis actuels et à venir. 

Les responsables politiques africains ont toujours accordé une importance primordiale à l’éducation dans le processus de développement et d’émancipation de leurs pays. 

L’Algérie a accueilli au mois d’avril 2005, la deuxième Conférence des Ministres africains de l’Education, qui a permis de faire le bilan de la première décennie pour l’éducation en Afrique 1996-2005. 

Dans le cadre de cette stratégie, nous avons décidé de la poursuite et de l’approfondissement des processus de modernisation de nos systèmes éducatifs nationaux, et du renforcement de notre coopération sous-régionale et régionale dans ce domaine. 

Nous nous sommes engagés à fournir un enseignement primaire de qualité, gratuit et obligatoire pour tous; à éliminer les inégalités et les déséquilibres entre les sexes dans le primaire et le secondaire; à réduire de 50% le nombre des analphabètes; à élargir, moderniser et diversifier l’enseignement secondaire et professionnel; à créer des banques de données nationales, régionales et continentales interconnectées; à institutionnaliser les échanges d’expériences et de bonnes pratiques; à développer l’enseignement supérieur, la recherche et les capacités de création et d’innovation de nos chercheurs; à affecter au minimum 20% de nos budgets nationaux à l’éducation, et à fournir une formation de qualité aux enseignants ainsi qu’aux gestionnaires de ce secteur.

 

Monsieur le Président, 

Nous comptons naturellement sur nos partenaires au développement pour soutenir nos efforts et ceux des communautés économiques régionales et de l’Union Africaine en vue d’assurer le succès de nos politiques éducatives. 

Dans ce contexte, la déclaration adoptée à l’ONU par le Sommet du Millénaire en septembre 2000 a clairement identifié huit objectifs à atteindre à l’horizon 2015, en particulier, celui d’assurer «l’éducation primaire pour tous». 

L’évaluation à mi-parcours faite par l’ONU, en 2007, a constaté les progrès importants réalisés en Afrique dans le domaine de l’éducation primaire qui a vu les inscriptions scolaires passer de 57% en 1999, à 70% en 2005. 

Il reste cependant que 30% de jeunes africains ne sont pas scolarisés alors que le nombre d’enfants en âge scolaire augmente sensiblement. Le nombre de jeunes africains de moins de 14 ans est passé de 273 millions en 1990, à 348 millions en 2007, il sera de 403 millions en 2015. 

Cette évaluation globale a amené le Secrétaire Général de l’ONU à mettre sur pied, un groupe de pilotage composé des responsables des grandes institutions multilatérales et intergouvernementales, chargé de coordonner les efforts en vue de la réalisation des OMD en Afrique. 

Ce groupe a décidé de relever trois défis fondamentaux : 

- trouver des mécanismes efficaces permettant de donner suite aux engagements pris dans les domaines de la santé, de l’enseignement, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, des infrastructures et des systèmes stratégiques; 

- rendre l’aide publique au développement plus prévisible dans l’esprit de la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement; 

- renforcer l’action menée conjointement pour promouvoir les OMD. 

Parallèlement à ce soutien, notre responsabilité est capitale et déterminante pour éviter que ces efforts dans le domaine de l’éducation ne soient contrariés par des facteurs négatifs tels que la pauvreté ou la rareté des ressources. 

Les conflits politiques et militaires, les menaces à la paix et à la stabilité, la mauvaise gestion et le gaspillage sont également des facteurs annihilant tout effort de développement de ce secteur. 

Pour surmonter ces obstacles, l’Afrique s’est dotée d’un mécanisme propre, le NEPAD, à travers lequel elle s’est engagée à s’assurer les conditions de son propre développement, en comptant, d’abord, sur ses propres moyens et en établissant ensuite des partenariats stratégiques avec des pays développés. Le NEPAD donne une place privilégiée à l’éducation dont l’extension et l’intensification constituent la meilleure base du développement de nos pays. 

Je vous remercie.

 

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