 |
"Ce festival, en effet, n'est pas seulement un
événement festif de première grandeur, il est aussi la
traduction de cette volonté politique de porter, dans une
dynamique ambitieuse, notre continent vers l'avant, en faisant
d'Alger le carrefour de toute la beauté et de toutes les
richesses du continent", a souligné le Président BOUTEFLIKA,
dans un discours lu en son nom par le ministre d'Etat, son
représentant personnel, M. Abdelaziz BELKHADEM, à l'ouverture du
2e Festival culturel panafricain qui tient à Alger du 5 au 20
juillet.
Le chef de l'Etat a rendu à cet effet un vibrant hommage à "tous
les hommes de culture africains, tous les intellectuels
combattants de la liberté", qui ont compris, a-t-il dit, avant
beaucoup d'autres, "les exigences de leurs sociétés et qui ont
aussi, chacun dans sa langue qui est la sienne, chacun avec les
moyens qui lui sont propres, d'être à la hauteur de ces
exigences".
"Ils sont légion, les innombrables et fiers artistes,
sculpteurs, musiciens, acteurs, peintres, bâtisseurs du beau et
sacré, inventeurs de l'émouvant et de l'éternel", a-t-il encore
souligné.
Par ailleurs, le Président BOUTEFLIKA a relevé que "l'Afrique a
trop longtemps couru le risque de s'abîmer dans une image qui
lui est étrangère, un leurre qu'elle était impuissante à
corriger", estimant que "spoliée de son existence propre, (elle)
n'attendait que l'instant de naître et de renaître sous toutes
ses facettes, dont la profusion et le foisonnement soulignent la
richesse".
"Mais le colonisateur, en quête de justifications pour son
entreprise spoliatrice, lui a dénié toute historicité", a-t-il
noté, mettant en évidence que ce même colonisateur "a plongé,
dans l'uniformité, les hommes et les paysages, balayant d'un
seul trait des cultures, des civilisations millénaires".
Le Président BOUTEFLIKA a indiqué, en outre, que l'Algérie va
donc vibrer, durant deux semaines, au rythme de l'Afrique,
continent qui "va rappeler au monde, par le verbe, le chant,
l'image et le pinceau, les indicibles souffrances endurées par
les peuples d'Afrique, la douleur du déracinement, de l'exil
forcé, de l'humiliation et des injustices".
Le continent africain va également rappeler au monde, a dit le
chef de l'Etat, que "l'indépendance, arrachée au prix fort, n'a
pas permis de réaliser toutes les espérances et que d'autres
guerres doivent être menées contre la faim, l'ignorance, la
maladie, la pauvreté, l'exclusion et les inégalités qui
constituent le terreau fertile et le combustible de la violence
et du terrorisme".
"Elle va rappeler, avec le meilleur des antidotes contre la
violence, la culture, que les peuples africains ont des racines
profondément ancrées dans l'histoire de l'humanité", a-t-il
encore poursuivi.
"En ces moments de bonheur, en ce festin spirituel, en ce
festival dédié à la culture du continent, je voudrais être un
homme inspiré pour raconter l'Afrique retrouvée, dans
l'intégrité de sa mémoire collective", a affirmé le chef de
l'Etat, ajoutant également qu'il voudrait être le "messager
pacifique" et généreux" d'une "Afrique matrice de l'homme
saluant l'humanité entière et rappelant éloquemment à tous que
le premier vagissement humain sur terre était africain et
s'était élevé vers le firmament de notre continent, aube
naissante de l'humanité".
Le Président BOUTEFLIKA a rappelé, dans ce contexte, que
l'Afrique "a essaimé, en de multiples Afriques, à travers le
monde, pour porter haut l'africanité, particulièrement dans
l'adversité de la traite négrière et de la colonisation",
ajoutant qu'elle a réussi à "se redresser en entretenant une
espérance à flanc d'abîme, malgré la terrible infamie marquée au
fer de la traite négrière et de l'acculturation générée par la
colonisation".
Dans ces sombres moments d'adversité meurtrière, a-t-il relevé,
elle "n'a jamais accusé de déficit en beauté, illuminée qu'elle
était par sa force psychique".
"L'Afrique avait opté pour le beau dans la musique, la danse, le
chant comme modes de résistance à l'oppression", a-t-il ajouté
soulignant que le colonisateur connaissait l'importance de la
culture. "Il connaissait et craignait à la fois la menace venue
d'hommes sûrs de leur passé et de leur héritage", a-t-il
poursuivi.
"Alger, fête de l'Afrique, de toutes les Afriques, réinvente la
conscience de notre identité en même temps que notre ouverture à
l'universel", a affirmé le Président de la République qui a
souligné que l'Afrique, partie du monde, "doit aussi porter le
monde en elle". |