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Président de la République

Message du Président de la République
à
l'occasion du 63ème anniversaire des évènements du 8 mai 1945

(Kherrata, 8 mai 2008 )


 

Au Nom de Dieu, Le Clément, Le Miséricordieux,

 Mes Chers Compatriotes,

Je vous appelle à vous recueillir à la mémoire des dizaines de milliers de nos concitoyens tués, blessés, emprisonnés, humiliés par l’État colonial français et ses milices lors des tragiques événements du 8 Mai 1945. Il s’agit des massacres perpétrés, il y a un peu plus de soixante ans, notamment dans les régions de Sétif, Guelma et Kherrata. Au moment où les peuples du monde entier fêtaient la victoire contre le nazisme, des défilés pacifiques et joyeux d’Algériens étaient organisés dans de nombreuses villes du pays. Ils entendaient à la fois célébrer la victoire contre le nazisme pour laquelle de nombreux Algériens avaient sacrifié leurs vies, et affirmer leur droit de s’affranchir de la domination coloniale en brandissant le drapeau national. La réponse de l’État colonial français fut d’une insoutenable brutalité, illustrée notamment par les massacres de masse commis par l’aviation et la marine, les exécutions sommaires et les fours à chaux d’Héliopolis pour faire disparaître les traces de cette atroce barbarie qui déferla sur l’Algérie pendant plusieurs semaines.
 


En ce jour anniversaire du 8 Mai 1945, je vous appelle à honorer la mémoire de nos concitoyens martyrisés avec émotion, mais aussi avec fierté, lucidité et sérénité. Car ils ont été, d’abord, et avant tout, les pionniers de la résistance anti-coloniale de la nation algérienne qui débouchera sur le déclenchement de la guerre de libération nationale initiée le 1er Novembre 1954, et la victoire politico-militaire du, 5 Juillet 1962.

 Depuis la reconquête de son indépendance, il y a presque un demi-siècle, l’Algérie s’est efforcée de construire avec ses voisins et, notamment avec la France, des rapports de coopération et de partenariat fondés sur la proximité géographique, l’intérêt mutuel et le respect de la souveraineté nationale. Il est clair, cependant, que le déni de l’Histoire, cet étrange «révisionnisme» qui s’est emparé de certains secteurs de l’opinion française, ne contribue pas à approfondir des relations qui devraient privilégier la construction des solidarités du futur à partir d’une reconstitution historique, réaliste et sincère, d’un passé colonial qui a laissé des blessures profondes au sein du peuple algérien. A ce sujet, nous sommes extrêmement attentifs à toutes les voix qui s’élèvent en France pour rompre avec le déni de l’Histoire, en particulier, en ce qui concerne le 8 Mai 1945, car elles ouvrent la voie à une réconciliation véritable et durable entre les peuples algérien et français.

 Pour nous Algériens, la commémoration du 8 Mai 1945 doit exalter les sacrifices d’une génération de nos compatriotes pour abolir ce passé colonial et contribuer à l’émergence d’un monde multipolaire fondé sur la liberté des nations et leur coexistence pacifique. Il est important, aussi, que ces pages noires et héroïques de notre histoire soient rappelées aux jeunes Algériens qui sauront, ainsi, le prix payé par leur peuple pour recouvrer sa liberté, sa dignité et son indépendance.

 

 

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