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Président de la République


RENCONTRE DES COMPETENCES NATIONALES ETABLIES A L’ETRANGER

MESSAGE

(Alger, samedi 13 décembre 2008)


 

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs, 

C’est une grande satisfaction pour moi de voir, de nouveau, des enfants de l’Algérie établis à l’étranger venir apporter leur concours au redressement de leur pays en mettant leurs compétences à son service. Cela vous honore et nous conforte dans le sentiment que les Algériens ont toujours été, au moment voulu, un exemple d’abnégation et de patriotisme. 

A l’instar de vos aînés, qui ont mis leur savoir-faire et leur talent au service de la Révolution et de l’édification de l’Algérie nouvelle, vous avez voulu que votre engagement participe de ce dévouement au pays . Aujourd’hui vous l’exprimez dans une quête renouvelée  d’accompagner ses efforts et de les soutenir afin de mieux le servir.

          

Cela est d’autant plus louable que la plupart d’entre vous ont fait de brillantes carrières couronnées de succès. L’Algérie est fière de votre réussite. Elle l’est parce que vous avez donné toute la mesure à vos aptitudes particulières pour réaliser vos projets individuels et vous élever au niveau des enjeux et défis de notre temps pour parvenir à d’autres accomplissements.

  

Mesdames et Messieurs, 

Votre rencontre est on ne peut plus opportune car elle intervient à un moment où l’Algérie est engagée dans un processus de consolidation de ses institutions pour affermir l’Etat de droit, renforcer sa stabilité politique, construire sa sécurité globale et recomposer les bases de sa croissance économique. 

Nous travaillons, en effet, à un projet de développement global qui met la société en cohérence avec elle-même  et avec les exigences du progrès et de la modernité.  

Pour ce faire,  nous oeuvrons à la création des conditions pour que la société s’organise davantage pour affronter les défis de la globalisation économique et joue le rôle qui doit être le sien, à l’ère de la révolution informationnelle où le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication conditionne désormais, la refondation sociale. 

Le passage de l’économie de l’information à l’économie de la connaissance est indispensable à la mise en réseau de l’économie nationale, sans laquelle il sera difficile de parachever les réformes que nous avons engagées dans les domaines de l’éducation, de la justice, des structures et missions de l’Etat, de la recherche, de la culture, des finances, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’agriculture et de l’industrie.  

L’appropriation des concepts et des pratiques de l’économie de la connaissance et des innovations les plus utiles au progrès de l’Algérie, comme l’existence d’une faculté d’adaptation permanente au changement qu’impose l’économie mondiale globalisée, constituent de nouvelles exigences dont il faudra s’imprégner impérativement.  

En saisir l’importance, c’est aussi appréhender le véritable sens de l’approfondissement des réformes de structure que nous poursuivons, en vue de l’instauration d’un système productif basé sur la création des richesses. 

Le plan d’action du Premier Ministre en vue de la mise en œuvre de notre programme, s’inscrit dans le droit fil de notre ambition de construire le développement durable sur des bases renouvelées, en ayant en vue les attentes de notre peuple. 

 

Mesdames et Messieurs,  

Aujourd’hui que les aspirations et les besoins sont devenus immenses et le monde incertain encore plus contraignant, nous devons nous rappeler que la meilleure assurance sur l’avenir que nous ayons en notre possession repose sur l’intelligence des femmes et des hommes de ce pays. 

D’évidence, un précieux capital à préserver, à valoriser et à fructifier pour assurer notre continuité historique dans l’univers plein de promesses mais aussi de risques et de menaces générés par une mondialisation débridée. Or, le temps presse car l’Algérie est entrée dans une étape significative de son développement où la poursuite du progrès exige un nouveau type d’engagement de tous ses enfants, et, particulièrement, de ses élites, faisant plus que jamais appel à la connaissance, à l’expertise et au sens de l’innovation. 

Dans tous les domaines, l’incontournable adaptation exigera un saut qualitatif de l’encadrement national et des compétences nouvelles. Aussi, les chances que nous aurons de maîtriser notre devenir national et de réduire nos dépendances seront fonction de notre capacité à opérer d’importantes mutations aux niveaux culturel, organisationnel et institutionnel. 

Les exemples ne manquent pas de réapprentissages à faire, de retards à combler, de savoir-faire à s’approprier, pour rendre possible l’émergence d’une économie nationale forte et moderne. 

C’est la raison pour laquelle notre démarche vise à réaliser l’entente et la concorde entre tous les Algériens, une culture de paix et de développement durable propre à favoriser une mise en œuvre rationnelle et systématique des importantes ressources du pays, à libérer ses immenses potentialités humaines et matérielles, et à réaliser un modèle social harmonieux conforme à notre système de valeurs. 

Elle reflète, également, notre volonté de créer un espace politique ouvert qui favorise la participation et l’intégration et contribue au renforcement du lien social, consolide l’identité économique et culturelle de l’Algérie, et affirme son rôle et sa  place dans le monde. 

Avec la politique de réconciliation nationale, notre projet de société répond aux nécessités économiques les plus impérieuses et aux exigences sociales les plus légitimes du peuple algérien. Sa finalité est, et demeure, la satisfaction des besoins de la population, l’amélioration des conditions de vie, notamment celles des couches les plus défavorisées, la réduction des inégalités, la protection des  libertés individuelles, la consolidation de la justice sociale et de la bonne gouvernance.

  

Mesdames et Messieurs,

 C’est en oeuvrant avec détermination en faveur d’une sociabilité nouvelle, qui fixe les contours immuables d’une communauté nationale organisée, solidaire et respectueuse de chacune de ses composantes, que l’Algérie pourra relever le défi de la sécurité du développement et se doter des équilibres nécessaires à sa stabilité à long terme.

 Dans cet effort, tous les Algériens doivent s’investir en concourant à l’émergence d’un environnement propice à l’éclosion de nouveaux modes de régulation et de médiations sociétales. C’est de cette manière que nous pourrons créer les conditions pour que les femmes participent au processus de prise de décision et  la jeunesse occupe la place qui lui revient dans la société, s’érigeant, ainsi, en acteurs responsables susceptibles de contribuer à la construction nationale tout en façonnant  leur propre futur.

 Cela passe par le combat contre le chômage de jeunes algériennes et algériens détenteurs de diplômes universitaires, lequel représente au même titre que l’utilisation non optimale de leur capital de connaissances, une aberration et un gaspillage inacceptables au regard des sacrifices consentis par la Nation pour leur formation.

 Source d’exode pour nos cadres, cette situation reflète de graves carences et distorsions de notre organisation économique et institutionnelle exacerbée par une décennie de terrorisme aveugle que nous continuons à combattre dans ses nouvelles formes et manifestations résultant de son imbrication avec le crime organisé.

 Le manque de rigueur dans la gestion est un fléau duquel nous devons venir à bout pour assurer une utilisation appropriée de nos ressources humaines et matérielles.

 C’est pourquoi, les mutations à l’œuvre dans notre pays et celles qui découlent de la crise du système économique mondial commandent une nouvelle mobilisation des forces vives dont l’effort doit converger autour des grands défis posés à l’Algérie.

 Qu’il s’agisse de la protection dynamique de l’économie nationale en vue d’une meilleure insertion dans la mondialisation, du rôle accru de l’Algérie dans les entreprises coopératives de développement et de sécurité dans la région ou de l’affirmation de son action extérieure pour traduire et prolonger sur la scène internationale nos objectifs et priorités, nous avons besoin de nouvelles capacités et de ressources pour donner à notre pays une réelle ambition.

 Cela appelle évidemment de nouvelles modalités d’engagement de tous les Algériens à la mesure des exigences de notre conjoncture historique dont je n’ai pas besoin de rappeler combien elle est, à tous égards, cruciale.

  

Mesdames et Messieurs,

 Les combats d’hier pour l’indépendance nationale et celui qui est mené aujourd’hui pour la consolidation de l’Etat et le rayonnement international de notre pays constituent des moments différents d’un même engagement au service de l’Algérie.

 Votre rencontre a de vastes ambitions. Il vous faudra donc inventer des solutions neuves dans plusieurs domaines et chercher patiemment les points d’articulation dans plusieurs directions à la fois pour donner sens à votre engagement. 

 Je suis convaincu que le programme de travail que vous allez élaborer aura un effet multiplicateur, dans la récupération par tous, des efforts de chacun. Avec votre apport, l’apport de toutes les Algériennes et de tous les Algériens, l’espoir est permis, tous les espoirs sont permis.

 Mes vœux vous accompagnent dans cette quête de nouveaux horizons pour mieux servir votre pays et réaliser votre propre accomplissement.

 Je vous remercie de votre attention.

 

 

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