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Votre réunion revêt une importance
singulière, au vu du contexte économique international lourd
d’incertitudes et dont l’évolution influera grandement sur le
devenir économique de nos pays, à court et moyen terme, voire
au-delà.
L’année 2008 a été marquée par une
crise financière d’une gravité exceptionnelle, rappelant par
certains aspects, celle de 1929 et la grande dépression qui s’en
est suivie.
La crise actuelle a déjà entraîné
un ralentissement de l’activité économique mondiale, avec un
impact direct sur la croissance de la demande pétrolière, une
forte baisse du prix du pétrole et des revenus de nos pays.
C’est pourquoi, je salue
aujourd’hui la décision prise par l’OPEP, le 24 octobre,
d’ajuster l’offre pétrolière pour stabiliser le marché.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
L’Histoire a démontré qu’un marché
pétrolier non régulé est condamné à des fluctuations démesurées
des prix, qui ne servent ni les intérêts des producteurs, ni
ceux des consommateurs ou de l’industrie pétrolière dans son
ensemble.
Il y aura bientôt un demi-siècle,
durant une période de prix trop bas et donc insoutenables à
terme, que fut créée l’OPEP. C’est à juste titre que les pères
fondateurs fixèrent entre autres objectifs pour l’Organisation,
celui de satisfaire, de manière adéquate, les besoins pétroliers
de l’économie mondiale à un prix rémunérateur pour les pays
producteurs et, aussi, pour l’industrie.
Une fois son indépendance
recouvrée deux années après la création de l’OPEP, l’Algérie
s’est employée à s’assurer du contrôle de l’exploitation de ses
ressources naturelles, notamment les hydrocarbures. Une fois ce
processus bien avancé, l’Algérie a rejoint l’Organisation comme
membre à part entière, quelques années après.
L’Algérie avait pris alors
l’initiative, au lendemain de ce qui fut qualifié de premier
« choc pétrolier », de réunir les Souverains et Chefs d’Etat des
pays membres, en un premier Sommet, en mars 1975, à Alger, au
cours duquel l’OPEP a réaffirmé le principe intangible de la
souveraineté pleine et entière des pays producteurs, sur
l’exploitation de leurs ressources d’hydrocarbures.
Ce premier Sommet fut, aussi,
l’occasion pour les pays membres d’exprimer leur solidarité
concrète et conséquente avec les autres pays en développement,
par la mise en place du Fonds de l’OPEP pour le développement
international, une année plus tard.
Des années plus tard, quand les
conditions furent réunies, l’OPEP s’est réaffirmée sur la scène
internationale au plus haut niveau, avec les deux sommets des
Chefs d’Etat de Caracas en septembre 2000, puis tout récemment,
à Riyad, en novembre 2007.
Ces deux sommets permirent,
notamment, de confirmer les principes fondateurs de
l’Organisation, ainsi que ses objectifs fondamentaux originels,
et cela, dans un monde caractérisé par de nouveaux défis, dont
celui de la protection de l’environnement global et pour lequel
l’OPEP a exprimé sa volonté de contribuer à le relever, dans le
cadre d’un développement durable, dans l’intérêt de tous.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Malgré les efforts de l’OPEP, en
termes d’investissement et d’augmentation de l’offre pétrolière,
le rythme rapide de croissance de la demande, couplé à une
augmentation limitée de l’offre d’autres producteurs de pétrole
d’une part, et les effets de la spéculation accentuant la
volatilité des marchés d’autre part, ont poussé les prix à de
nouveaux records, en cette année 2008.
Toutes ces dernières années,
l’OPEP avait régulièrement attiré l’attention des pays
consommateurs sur l’impact de la spéculation boursière sur des
marchés financiers peu régulés, qui poussaient les prix du
pétrole vers des niveaux qui ne reflétaient pas les facteurs
fondamentaux d’équilibre de l’offre et de la demande.
Après la réunion de Djeddah, la
production de l’OPEP fut globalement accrue, prouvant ainsi
l’engagement effectif des pays producteurs à contribuer à
ramener les prix à des niveaux acceptables et à approvisionner
correctement le marché, sachant pourtant que la spéculation
était le principal facteur de la hausse des prix.
Aujourd’hui, malgré les efforts de
l’OPEP, le marché pétrolier se trouve déstabilisé, suite aux
conséquences de politiques économiques irresponsables, ayant
débouché sur l’éclatement de la bulle financière et la crise que
connaît l’économie mondiale, en cette fin 2008.
L’OPEP, dont la part n’est que de
40 % de la production mondiale de pétrole, fait face au défi de
stabiliser un marché pétrolier dont le prix a perdu plus de 50 %
de sa valeur en deux mois !
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de donner ici
quelques appréciations sur le contexte international que
traverse l’OPEP ces temps-ci.
La crise actuelle est avant tout
une crise financière liée au modèle économique dominant ; ce
n’est pas une crise de l’énergie. Il est bien connu que la
spéculation est l’une des causes de la forte hausse du prix du
pétrole, suivie d’une chute vertigineuse des prix. Ces
fluctuations importantes sont nuisibles pour tous les opérateurs
économiques, pays producteurs et pays consommateurs réunis.
Faut-il rappeler que les pays de
l’OPEP ont fait d’énormes sacrifices pour maintenir une capacité
de production inutilisée, afin de répondre à toute demande
additionnelle rapide, ou pour combler tout déficit soudain
d’approvisionnement, comme ce fut le cas de la rupture de
production dans le golfe du Mexique, suite au passage d’ouragans
violents ?
La baisse de la demande de pétrole
causée par la récession mondiale de l’économie doit
nécessairement entraîner un ajustement de l’offre. Pourquoi
continuer à inonder le marché avec des quantités de pétrole brut
qui n’auraient pas d’acquéreurs ? Les règles de bonne
gouvernance nous obligent à prendre des décisions économiquement
rationnelles et humainement justes.
Si les pays producteurs doivent
légitimement défendre leurs intérêts et, donc, préserver leurs
chances de développement, ils ne peuvent pas aujourd’hui rester
impassibles devant l’écroulement de leurs revenus.
C’est pourquoi, l’Algérie a prôné
dès les premiers signes d’un retournement du marché, une
anticipation des développements à venir et d’ajuster l’offre,
comme le fit l’OPEP à sa conférence du 9 septembre dernier.
La perte de confiance au vu de la
gravité de la crise financière et ses implications sur la sphère
économique réelle, et donc sur les besoins pétroliers, impliqua,
malheureusement, des mesures d’une autre envergure de la part de
l’Organisation. C’est ainsi que l’Algérie, qui préside la
conférence de l’OPEP, a appelé à une réunion extraordinaire pour
évaluer l’ampleur des conséquences sur la demande pétrolière
mondiale, afin de prendre les mesures nécessaires pour enrayer
la chute des prix.
La réunion du 24 octobre a prouvé
la grande réactivité et la décision prise de réduire son plafond
de production de 1,5 mb/j, confirma la détermination de l’OPEP à
éviter une chute libre des prix.
L’Algérie a mis en œuvre les
décisions de l’OPEP, en réduisant sa production au niveau qui
lui est alloué, et cela, à l’instar des autres pays dont je
salue, ici, le sens des responsabilités. J’appelle
l’Organisation à poursuivre ses efforts pour une stabilisation
du marché dans l’intérêt bien compris de toutes les parties
concernées.
Votre réunion ici, en session
extraordinaire, me rassure sur notre volonté à tous, de
préserver aussi bien notre Organisation que les intérêts de ses
pays membres.
La maturité de l’OPEP me laisse
confiant que toutes les décisions qu’elle prendra dans ce sens,
tiendront compte des implications sur l’économie mondiale, pour
laquelle nous souhaitons des mesures judicieuses de la part des
grands pays industrialisés, afin qu’elle puisse renouer avec le
cercle vertueux d’une croissance durable et partagée par tous.
Je vous remercie de votre
attention.
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