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Président de la République

LA 151ème REUNION DE LA CONFERENCE DE L’OPEP  

ALLOCUTION

(Oran, mercredi  17 décembre 2008)


 

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire Général,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs, 

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et un agréable séjour à Oran. 

C’est avec plaisir que nous accueillons cette 151ème réunion de la Conférence des Ministres de l’OPEP, qui se tient en Algérie, pour la 2ème fois après celle de février 2004. 

         

Votre réunion revêt une importance singulière, au vu du contexte économique international lourd d’incertitudes et dont l’évolution influera grandement sur le devenir économique de nos pays, à court et moyen terme, voire au-delà. 

L’année 2008 a été marquée par une crise financière d’une gravité exceptionnelle, rappelant par certains aspects, celle de 1929 et la grande dépression qui s’en est suivie. 

La crise actuelle a déjà entraîné un ralentissement de l’activité économique mondiale, avec un impact direct sur la croissance de la demande pétrolière, une forte baisse du prix du pétrole et des revenus de nos pays. 

C’est pourquoi, je salue aujourd’hui la décision prise par l’OPEP, le 24 octobre, d’ajuster l’offre pétrolière pour stabiliser le marché.

   

Excellences,

Mesdames et Messieurs, 

L’Histoire a démontré qu’un marché pétrolier non régulé est condamné à des fluctuations démesurées des prix, qui ne servent ni les intérêts des producteurs, ni ceux des consommateurs ou de l’industrie pétrolière dans son ensemble.

Il y aura bientôt un demi-siècle, durant une période de prix trop bas et donc insoutenables à terme, que fut créée l’OPEP. C’est à juste titre que les pères fondateurs fixèrent entre autres objectifs pour l’Organisation, celui de satisfaire, de manière adéquate, les besoins pétroliers de l’économie mondiale à un prix rémunérateur pour les pays producteurs et, aussi, pour l’industrie. 

Une fois son indépendance recouvrée deux années après la création de l’OPEP, l’Algérie s’est employée à s’assurer du contrôle de l’exploitation de ses ressources naturelles, notamment les hydrocarbures. Une fois ce processus bien avancé, l’Algérie a rejoint l’Organisation comme membre à part entière, quelques années après. 

L’Algérie avait pris alors l’initiative, au lendemain de ce qui fut qualifié de premier « choc pétrolier », de réunir les Souverains et Chefs d’Etat des pays membres, en un premier Sommet, en mars 1975, à Alger, au cours duquel l’OPEP a réaffirmé le principe intangible de la souveraineté pleine et entière des pays producteurs, sur l’exploitation de leurs ressources d’hydrocarbures. 

Ce premier Sommet fut, aussi, l’occasion pour les pays membres d’exprimer leur solidarité concrète et conséquente avec les autres pays en développement, par la mise en place du Fonds de l’OPEP pour le développement international, une année plus tard.

 Des années plus tard, quand les conditions furent réunies, l’OPEP s’est réaffirmée sur la scène internationale au plus haut niveau, avec les deux sommets des Chefs d’Etat de Caracas en septembre 2000, puis tout récemment, à Riyad, en novembre 2007. 

Ces deux sommets permirent, notamment, de confirmer les principes fondateurs de l’Organisation, ainsi que ses objectifs fondamentaux originels, et cela, dans un monde caractérisé par de nouveaux défis, dont celui de la protection de l’environnement global et pour lequel l’OPEP a exprimé sa volonté de contribuer à le relever, dans le cadre d’un développement durable, dans l’intérêt de tous. 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs, 

Malgré les efforts de l’OPEP, en termes d’investissement et d’augmentation de l’offre pétrolière, le rythme rapide de croissance de la demande, couplé à une augmentation limitée de l’offre d’autres producteurs de pétrole d’une part, et les effets de la spéculation accentuant la volatilité des marchés d’autre part, ont poussé les prix à de nouveaux records, en cette année 2008. 

Toutes ces dernières années, l’OPEP avait régulièrement attiré l’attention des pays consommateurs sur l’impact de la spéculation boursière sur des marchés financiers peu régulés, qui poussaient les prix du pétrole vers des niveaux qui ne reflétaient pas les facteurs fondamentaux d’équilibre de l’offre et de la demande. 

Après la réunion de Djeddah, la production de l’OPEP fut globalement accrue, prouvant ainsi l’engagement effectif des pays producteurs à contribuer à ramener les prix à des niveaux acceptables et à approvisionner correctement le marché, sachant pourtant que la spéculation était le principal facteur de la hausse des prix. 

Aujourd’hui, malgré les efforts de l’OPEP, le marché pétrolier se trouve déstabilisé, suite aux conséquences de politiques économiques irresponsables, ayant débouché sur l’éclatement de la bulle financière et la crise que connaît l’économie mondiale, en cette fin 2008. 

L’OPEP, dont la part n’est que de 40 % de la production mondiale de pétrole, fait face au défi de stabiliser un marché pétrolier dont le prix a perdu plus de 50 % de sa valeur en deux mois ! 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 Permettez-moi de donner ici quelques appréciations sur le contexte international que traverse l’OPEP ces temps-ci.

 La crise actuelle est avant tout une crise financière liée au modèle économique dominant ; ce n’est pas une crise de l’énergie. Il est bien connu que la spéculation est l’une des causes de la forte hausse du prix du pétrole, suivie d’une chute vertigineuse des prix. Ces fluctuations importantes sont nuisibles pour tous les opérateurs économiques, pays producteurs et pays consommateurs réunis. 

Faut-il rappeler que les pays de l’OPEP ont fait d’énormes sacrifices pour maintenir une capacité de production inutilisée, afin de répondre à toute demande additionnelle rapide, ou pour combler tout déficit soudain d’approvisionnement, comme ce fut le cas de la rupture de production dans le golfe du Mexique, suite au passage d’ouragans violents ? 

La baisse de la demande de pétrole causée par la récession mondiale de l’économie doit nécessairement entraîner un ajustement de l’offre. Pourquoi continuer à inonder le marché avec des quantités de pétrole brut qui n’auraient pas d’acquéreurs ? Les règles de bonne gouvernance nous obligent à prendre des décisions économiquement rationnelles et humainement justes. 

Si les pays producteurs doivent légitimement défendre leurs intérêts et, donc, préserver leurs chances de développement, ils ne peuvent pas aujourd’hui rester impassibles devant l’écroulement de leurs revenus. 

C’est pourquoi, l’Algérie a prôné dès les premiers signes d’un retournement du marché, une anticipation des développements à venir et d’ajuster l’offre, comme le fit l’OPEP à sa conférence du 9 septembre dernier. 

La perte de confiance au vu de la gravité de la crise financière et ses implications sur la sphère économique réelle, et donc sur les besoins pétroliers, impliqua, malheureusement, des mesures d’une autre envergure de la part de l’Organisation. C’est ainsi que l’Algérie, qui préside la conférence de l’OPEP, a appelé à une réunion extraordinaire pour évaluer l’ampleur des conséquences sur la demande pétrolière mondiale, afin de prendre les mesures nécessaires pour enrayer la chute des prix. 

La réunion du 24 octobre a prouvé la grande réactivité et la décision prise de réduire son plafond de production de 1,5 mb/j, confirma la détermination de l’OPEP à éviter une chute libre des prix. 

L’Algérie a mis en œuvre les décisions de l’OPEP, en réduisant sa production au niveau qui lui est alloué, et cela, à l’instar des autres pays dont je salue, ici, le sens des responsabilités. J’appelle l’Organisation à poursuivre ses efforts pour une stabilisation du marché dans l’intérêt bien compris de toutes les parties concernées. 

Votre réunion ici, en session extraordinaire, me rassure sur notre volonté à tous, de préserver aussi bien notre Organisation que les intérêts de ses pays membres.

 La maturité de l’OPEP me laisse confiant que toutes les décisions qu’elle prendra dans ce sens, tiendront compte des implications sur l’économie mondiale, pour laquelle nous souhaitons des mesures judicieuses de la part des grands pays industrialisés, afin qu’elle puisse renouer avec le cercle vertueux d’une croissance durable et partagée par tous.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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