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Aujourd'hui, nous évoluons,
incontestablement, dans l'époque de la connaissance, une époque
qui ne reconnaît point de place à celui qui ne tient pas les
rênes du savoir et de la technicité. Une époque qui consacre la
richesse dans tous les domaines et où s'affirme la centralité
des ressources humaines dans toute mutation permettant à la
société d'être en mesure d'acquérir les sciences et les
connaissances, d'innover et de mettre en valeur les techniques
matérielles, de mettre en place et de fructifier des systèmes
sociaux idoines dans la réalisation du développement.
Le défi que nous sommes tenus de
relever, aujourd'hui, consiste en notre capacité de rationaliser
les apports des ressources humaines, à même d'en faire un acquis
stratégique fondé sur le capital humain compétent à la faveur de
sa formation et de son organisation.
L'éducation n'est plus cette vérité
reçue de simple prestation dispensée aux citoyens. Elle devient,
désormais, synonyme d'investissement à long terme, d'où
l'intérêt particulier et l'attention privilégiée que l'Etat ne
cesse d'accorder à l'université. L'approche de la société du
savoir que nous avons adoptée nous a amené, à juste titre, à
accorder un intérêt singulier à la formation du facteur humain
sans lequel toute entreprise de développement et de progrès
serait une pure chimère.
Mesdames et Messieurs,
Conscients de l'importance du
potentiel humain qualifié dans la concrétisation du changement
social et de la nécessité d'intégrer l'approche éducative dans
le cadre d'une optique systématique du processus de
modernisation et de développement que nous avons engagé dans le
cadre du Programme du Renouveau National, nous avons installé en
l'an 2000 la Commission nationale de réforme. Celle-ci a été
chargée d'opérer une évaluation exhaustive et cohérente du
système éducatif, tous paliers et étapes confondus, et de
dégager les grands axes référentiels permettant aux sphères
concernées d'engager des réformes de nature à répondre aux
aspirations légitimes de la société à un enseignement de qualité
garantissant aux diplômés l'acquisition des connaissances, du
savoir-faire et des technologies, dont la maîtrise,
l'appropriation et la production sont devenus un critère de la
capacité d'innovation et de créativité de la société.
Etant une entité vivante qui
requiert une adaptation continue de sa vision et la redéfinition
de ses objectifs et autres priorités, l'université s'est, ainsi,
affirmée comme un reflet saillant de la société et l'objet de
débats et de réformes permanents.
Elle ne représente plus cet espace
d'élites qui abrite un groupe d'individus, mais plutôt, le
centre d'intérêt de la société et une source d'espoir de la
nation pour le progrès et le développement. C'est ainsi, qu'elle
est appelée à œuvrer plus que jamais pour l'ancrage de la
culture de l'évaluation et de la production qualitative.
Mesdames et Messieurs,
L'enseignement supérieur fort des
moyens dont disposent ses structures, est en mesure de répondre
aux exigences et aux attentes de la société, mais son action
doit être sous-tendue par des efforts soutenus visant à adapter
les offres de formation et les programmes de recherche aux
besoins de l'environnement socio-économique.
Dans cette logique, l'université
représente non seulement un des facteurs déterminants de la
dynamique de développement social, mais aussi, un espace
d'évolution et de progression dans tous les autres domaines,
notamment, ceux des sciences et technologies, d'agronomie,
d'ingénierie, d'économie, d'informatique et de
télécommunications, d'administration et tant d'autres domaines
connus pour leur impact sur le développement économique dans ses
différentes étapes.
Toutes ces préoccupations et les
défis qui en découlent mettent le système de l'enseignement
supérieur devant l'obligation d'opérer des réformes et
d'introduire des nouveautés. Il s'agit, en effet, de concilier,
dans la mesure du possible, les attentes de la société et du
monde économique et la capacité du système d'enseignement à
concrétiser dans les faits ces prévisions en définissant les
objectifs et programmes.
De tels enjeux et de tels défis
avaient amené de nombreux pays à engager une évaluation sérieuse
des atouts, mais aussi, des faiblesses de leurs systèmes
d'enseignement.
C'est ce qu'a entrepris la
communauté européenne à travers sa stratégie visant la
réalisation de l'économie du savoir la plus compétitive et la
plus dynamique au monde. Il va sans dire, à ce propos, que cette
même stratégie visait à renforcer, surtout, la contribution de
la communauté à la dynamique des sciences et des connaissances
pour garantir un mouvement des compétences dans l'espace
européen en vue de faciliter la reconnaissance des diplômes.
Consciente de son rôle dans la
formation et la recherche et, partant, de la nécessité urgente
de répondre aux changements profonds survenus à l'échelle
nationale et internationale, en matière de développement des
connaissances et de maîtrise des technologies, elle a adhéré à
ce processus qui a conféré une dimension internationale à la
reforme de l'enseignement supérieur.
A l'évidence, une telle entreprise
ne se voulait pas une simple imitation comme d'aucuns pourraient
l'imaginer. Il s'agit, en effet, d'une action réfléchie et
volontaire, dictée par plusieurs facteurs, notamment, le pari de
la qualité dans une ère où la concurrence fait loi. Un
enseignement de qualité est un droit pour l'étudiant et une
condition fondamentale, voire une exigence à même de lui
garantir l'acquisition des connaissances et du savoir-faire.
C'est ainsi, seulement, qu'il gagnera la compétitivité devenue
le terme de référence dans un contexte de mondialisation de
l'économie, des marchés et des échanges.
Mesdames, Messieurs,
L'université algérienne n'avait
d'autre choix que de s'engager dans cette voie du futur pour
amorcer une réforme globale qui lui permette de s'adapter aux
exigences de l'époque mue en cela par sa conviction que le
savoir était la clef du développement de la nation. L'objectif
de cette réforme étant d'adapter le système universitaire aux
évènements en cours dans notre environnement et lui permettre
d'offrir une formation scientifique de qualité à même de
répondre aux attentes des générations montantes.
Aussi, fallait-il procéder à une
réforme intégrée dans sa vision, graduelle dans sa mise en œuvre
et participative dans ses approches qui favorise l'adaptation
des programmes de formation et la libération de toutes les
capacités créatives que recèle l'université algérienne.
Tous ces efforts ne donneront leurs
fruits que s'ils sont sous-tendus par les moyens de
modernisation continue qui permettent à l'université de jouer un
rôle moteur dans la société et la maintiendront étroitement liée
à cette même société.
Ainsi, seulement, la fonction de
recherche scientifique gagnera en importance et la créativité
contribuera au développement des industries qui sont le nerf de
l'économie et l'axe du développement économique et de l'essor
civilisationnel.
Mesdames et Messieurs,
L'évolution effrénée de
l'enseignement supérieur et l'expansion, sans précédent, du
réseau universitaire ont induit certaines contraintes qui ont
influé sur le processus d'enseignement et réduit la capacité de
l'université à répondre, de manière efficiente, aux exigences de
la conjoncture actuelle, d'où la nécessité de sortir
l'université de la situation dans laquelle elle est confinée.
Pour se faire, il convient de la
doter de moyens humains, pédagogiques, scientifiques, matériels
et structurels, à même de lui permettre de répondre aux besoins
de la société et de s'ajuster aux nouvelles orientations des
systèmes d'enseignement supérieur dans le monde.
L'objectif que nous escomptons de la
réforme initiée depuis plus de trois ans est d'ouvrir grand la
voie à l'étudiant pour qu'il puisse choisir la formation qui
s'adapte le mieux à ses aptitudes et qui réponde à ses ambitions
professionnelles.
Tout en consacrant le caractère
public de l'enseignement supérieur, cette réforme se propose de
préserver le principe de démocratisation de l'enseignement et
d'encourager toute contribution du secteur économique au
processus de formation et en y associant les personnes jouissant
d'une grande expérience dans l'enseignement aux volets
professionnel et pratique, outre le développement de
l'apprentissage et de la formation alternée.
C'est ainsi, que s'affirme
l'influence, mutuellement, bénéfique entre le système de
l'enseignement supérieur et l'environnement socio-économique.
Cette réforme tend, également, à
conforter la vocation culturelle de l'université à travers la
promotion des valeurs universelles de tolérance, de respect de
l'autre, de rejet de l'extrémisme et de la violence, ainsi, que
par la propagation de la culture du dialogue et de l'esprit
d'ouverture, outre la promotion et la diversification de la
coopération internationale de manière à préserver les
spécificités civilisationnelles et culturelles de la société.
Mesdames et Messieurs,
Le nouveau système
Licence-Master-Doctorat (LMD) proposé à la faveur de la réforme,
a été conçu par la communauté scientifique sous forme de
domaines de formation divisés, à leur tour, en branches et
spécialités pour hisser l'enseignement supérieur dans notre pays
au niveau des autres systèmes similaires dans le monde et
conférer aux diplômes délivrés par nos universités une meilleure
validité aux plans régional et international.
Une évaluation du processus de
réforme de l'enseignement supérieur est, désormais, "un
impératif" d'autant que ces assises représentent un espace
privilégié qui regroupe la communauté universitaire, les
spécialistes et les professionnels des différents secteurs
d'activité. Un espace qui saura jeter les bases d'un partenariat
durable et bénéfique et dont la redynamisation confortera
davantage ces réformes et insufflera un nouvel élan au rythme de
leur mise en oeuvre.
Mais, avant tout, ces assises se
proposent d'éclairer la communauté universitaire et la société
toute entière quant à l'essence même de cette réforme et les
objectifs escomptés à la lumière des enjeux dont la prise en
charge échoit au système d'enseignement supérieur face aux défis
qui se posent aux volets éducatif, scientifique, culturel et
socio-économique.
Mesdames et Messieurs,
L'université ne peut accomplir,
pleinement, sa mission de formation sans s'appuyer sur la
recherche scientifique. Les deux missions étant étroitement
liées et formant ensemble le fondement et l'essence même de
l'université. Le renforcement de la recherche scientifique, en
tant que fonction essentielle de l'ensemble des modèles de
l'enseignement supérieur, générateurs de créativité et
d'innovation, doit sous-tendre toutes les politiques nationales
de recherche et de développement. L'université est tenue de
créer un équilibre en matière de recherche entre l'aspect
théorique, base de tout travail académique, et l'aspect pratique
qui offre des solutions aux différents problèmes de la société.
Nous avons tant besoin de travaux de
recherche dans les différentes spécialités, dont la société
algérienne saura en tirer profit à présent et à l'avenir. Notre
besoin est pressant en matière de recherche et d'études
sociologiques, au sens large du terme, susceptibles de faire
face aux fléaux graves et de proposer des solutions aux jeunes.
Ce besoin se fait, tout aussi, ressentir dans le domaine de la
recherche et des études techniques.
Si la mise en œuvre du programme
quinquennal 1998-2002 a permis des avancées considérables, le
nouveau programme 2008-2012 est venu consacrer la recherche
scientifique et le développement technologique comme priorité
nationale et traduire la volonté de l'Etat de promouvoir le
savoir et la culture en tant que facteurs déterminants dans le
développement socio-économique et culturel du pays.
Mesdames et Messieurs,
Il est indubitable que la
concrétisation de ces objectifs requiert l'exécution d'une série
d'actions dont certaines relatives au développement, à la
mobilisation, ainsi, qu'à l'encouragement des ressources
humaines dans le domaine de la recherche. La promulgation des
statuts particuliers de l'enseignant-chercheur, du chercheur
hospitalo-universitaire et du chercheur permanent procède, en
effet, de l'importance accordée par les pouvoirs publics à la
prise en charge de cette catégorie. L'adoption de ces textes de
lois constitue une première phase qui sera suivie, avec l'aide
de Dieu, de bien d'autres, afin de réhabiliter les
enseignants-chercheurs et de leur assurer le statut social qui
est le leur, en tant que partie authentique de l'élite
nationale. D'autre actions encore portent sur la promotion du
développement technologique en assurant un prolongement entre
l'université et les centres de recherche et le monde économique,
en instaurant des mesures incitatives relatives aux brevets
d'invention, et à travers la réalisation de plate-formes
technologiques et de pôles techniques et l'assistance aux
compétences techniques nationales dans le domaine des études et
d'expertise.
L'occasion m'était présentée, à
plusieurs reprises, pour rappeler que le pays est dans
l'impératif de se doter d'un véritable système national
d'innovation qui soit à même d'assurer une symbiose entre les
centres et les laboratoires de recherche d'une part, et les
entreprises économiques de l'autre, ainsi que la transformation
des découvertes de la recherche en investissements novateurs.
La mise en place des mécanismes de
soutien et d'encouragement à la création et à l'innovation et
l'adoption d'une véritable politique pour la valorisation des
fruits de la recherche et du développement technologiques,
doivent revêtir un caractère prioritaire lors de la prochaine
étape, aussi bien que la mise en place sans délai d'un système
national de l'information dans les domaines scientifique et
technologique qui s'articule autour d'une base de données
moderne et une stratégie audacieuse en matière d'édition
scientifique spécialisée.
Ce sont là, quelques idées que je
voulais vous livrer et des orientations que je me suis attelé à
exposer aux responsables du secteur de l'enseignement supérieur
et de la recherche scientifique pour aider à dégager des visions
élaborées, à définir des horizons encore plus clairs et à
adapter les efforts déployés aux résultats obtenus.
J'annonce, solennellement, l'ouverture des Assises nationales
sur l'enseignement supérieur et la recherche scientifique.
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