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Le 19 mai 1956, l’UGEMA prenait la décision
historique d’appeler les étudiants algériens à la grève générale
et à rejoindre les rangs de l’Armée de Libération Nationale et
du Front de Libération Nationale. Nous voulons aujourd’hui,
rendre un vibrant hommage au courage national des étudiantes et
étudiants qui se mirent au service de leur peuple en lutte,
depuis le 1er Novembre 1954, pour sa libération et son
indépendance.
Ces centaines de jeunes garçons et de jeunes
filles contribuèrent par leur formation intellectuelle et leur
savoir à transformer notre guerre pour l’indépendance politique
en une véritable révolution nationale, visant à moderniser en
profondeur notre société qui, en recouvrant sa liberté, devra
également, épouser son siècle.
Le sacrifice de ces jeunes étudiantes et
étudiants n’a pas été vain. Il n’a pas, seulement, été utile à
la reconquête de notre indépendance, il a, aussi, insufflé à
notre peuple la volonté irrépressible de généraliser
l’instruction et de permettre à notre jeunesse d’accéder à la
connaissance scientifique et technique dont le colonialisme nous
fermait les portes pour l’essentiel. Les Algériens
d’aujourd’hui, doivent être conscients de la formidable mutation
qui s’est produite dans notre pays au cours du demi-siècle qui a
suivi l’ébranlement du 19 mai 1956. Malgré un triplement de la
population, la scolarisation, qui ne concernait environ que 10 %
de nos enfants, est, aujourd’hui, quasi totale et les étudiants,
qui se comptaient en centaines, sont aujourd’hui, plus d’un
million cent mille (1.100.000). |
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Si la
révolution scolaire a ainsi, connu un progrès quantitatif
continu, il n’en est pas de même des autres secteurs de notre
économie, en particulier l’industrie qui, après un bel essor, a
connu un processus de déstructuration suivi d’une incontestable
régression. Par ailleurs, le progrès quantitatif des effectifs
scolaires et universitaires ne s’est pas toujours accompagné
d’une amélioration qualitative des formations, ni leur
adéquation aux demandes du marché de l’emploi. Nous nous sommes,
ainsi, retrouvés avec un nombre non négligeable de diplômés en
attente d’emploi, ce qui constitue une situation intolérable
pour les intéressés et la nation tout entière.
En évoquant ce jour mémorable du 19 mai 1956,
nous voulons affirmer la nécessité d’aborder une nouvelle étape
de notre révolution nationale, portant sur la
réindustrialisation, ainsi que sur le développement de
l’agriculture et la modernisation des institutions de l’État et
de leur fonctionnement. La réussite de cette nouvelle étape
passe par la mobilisation intelligente et efficiente de notre
élite intellectuelle formée sur les bancs de nos universités.
Une telle réussite représente un véritable défi, défi pacifique,
certes, mais, peut-être, encore plus difficile et plus exigeant
que celui qu’eurent à relever les pionniers du 19 mai 1956.
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