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Au nom de Dieu, Le Tout
Puissant,
Messieurs les
présidents de cours et de cours constitutionnelles,
Mesdames, Messieurs,
Il m'est très agréable de vous souhaiter
la bienvenue en ce jour où vous partagez avec l'Algérie la célébration,
dans la joie, du 20ème anniversaire de la création du Conseil
Constitutionnel. C'est réellement une heureuse occasion pour moi de me
trouver aux côtés d'une distinguée élite composée de présidents de cours
de justice, de cours constitutionnelles et de compétences du fikh et du
droit.
Vous êtes venus de différents continents
pour partager avec nous la célébration de cet évènement qui coïncide
avec la commémoration, par le peuple algérien, d'une date chère à nos
cœurs, celle du cinquante cinquième anniversaire du déclenchement de la
glorieuse révolution du 1er Novembre.
Cette révolution victorieuse a libéré la
terre et les hommes, diffusé les idéaux de liberté et de justice,
consolidé les principes et valeurs de l'identité nationale de la société
et institué le régime républicain dans le but de promouvoir un Etat de
droit et jeter les bases de la bonne gouvernance.
Mesdames, Messieurs
L'Algérie possède un legs culturel et
historique ancestral, riche de valeurs de liberté, de droit et de
justice ancrées dans l'âme et la conscience collective du peuple
algérien, un legs qui se transmet et se renouvelle dans la réalité des
mutations permanentes de la société. Ces mutations ont été à l'origine
de la nécessité de créer une institution constitutionnelle chargée de
veiller au respect de la Constitution et de ce qu'elle comporte comme
droits et libertés individuelles et collectives alors que dans le même
temps se développait le mouvement de la magistrature constitutionnelle
dans le monde qui a connu une envergure et une importance
internationales remarquées.
Le contexte des mutations profondes qu'a
connues notre pays durant les deux dernières décennies du siècle passé
dans de nombreux domaines, politique, économique, social et culturel en
interaction avec les grands évènements qui ont marqué le monde en ce
temps-là, a favorisé l'apparition du système basé sur de nouveaux
principes particulièrement celui de la séparation des pouvoirs, du
multipartisme et de l'élargissement des droits individuels et collectifs
du citoyen.
Ce même contexte a également permis la
création d'un Conseil Constitutionnel qui veille au respect de la
Constitution par l'exercice du contrôle de constitutionnalité. Il veille
à la régularité de l'opération du référendum , à celle de l'élection du
président de la République ainsi que des élections législatives. Il
proclame également les résultats des opérations électorales.
En créant ce Conseil avec les larges
prérogatives que lui confère la Constitution, l'Algérie s'est dotée d'un
autre mécanisme dans l'édifice institutionnel de la République et s'est
inscrite dans la dynamique mondiale de la magistrature
constitutionnelle.
C'est parce que l'Etat de droit n'est
pas un concept abstrait que nous devons le doter des moyens nécessaires
à sa consécration sur le terrain.
C'est aussi profondément convaincus de
l'importance de la fonction du Conseil constitutionnel dans la
préservation des droits et la protection des libertés en tant que
fondements de la pratique démocratique et expression de la bonne
gouvernance que nous nous employons à assurer les conditions adéquates
pour assurer un essor juridique et constitutionnel dans le pays.
Dans ce cadre, nous avons veillé à ce
que le siège du Conseil soit un édifice imposant de la démocratie, qui
consacre l'autorité de la loi, un site de rayonnement conciliant entre
l'authenticité civilisationnelle et l'éminence de la Constitution.
Nous avons tenu à le doter de tous les moyens modernes lui permettant
d'accomplir au mieux sa mission.
Bien que de création relativement
récente comparé à d'autres cours et conseils constitutionnels anciens
dans le monde, le Conseil constitutionnel algérien ne cesse de se
développer à travers la diversification de ses attributions, la
multiplication des pouvoirs habilités à le saisir, l'élargissement de sa
composante et la qualité de sa jurisprudence. Ce sont là autant
d'éléments qui renforcent son rôle dans la vie politique et le disposent
à une évolution positive à l'avenir.
C'est là une heureuse occasion qui nous
permet de relever avec objectivité les réalisations importantes du
Conseil constitutionnel pour l'instauration de l'Etat de droit ainsi que
ses efforts soutenus pour la consécration de la démocratie pluraliste et
son souci de veiller à la protection des droits et des libertés en toute
impartialité et indépendance. Ces efforts consolident sans cesse sa
place dans l'édification des institutions de l'Etat.
Par égard au rôle sensible du Conseil
constitutionnel qui veille au respect de la Constitution de la
République et à la promotion de la vie politique du pays, et dans le
souci de préserver son indépendance garantie par la Constitution ainsi
que sa crédibilité, les pouvoirs publics se sont interdits d'intervenir
de quelle que manière que ce soit dans les missions du Conseil ou de les
influencer. J'ajoute que les pouvoirs publics se sont engagés à
respecter à la lettre les avis et les décisions du Conseil et à les
appliquer sans réserve.
Les avis et les décisions du Conseil
constitutionnel ont incité les pouvoirs législatif et exécutif à
veiller scrupuleusement à la conformité de la Constitution au cours de
l'élaboration des lois pour éviter que les textes ne soient entachés
d'irrégularités.
La jurisprudence du Conseil est
profondément imprégnée de l'esprit même de la Constitution et de ses
objectifs pour consacrer le principe de séparation des pouvoirs et
asseoir la justice et l'équité entre tous les citoyens et citoyennes
devant la Loi. Elle tend à protéger les droits civiques, politiques,
économiques et socioculturels des citoyens et à préserver aussi bien les
droits de l'individu que ceux de la société tels que stipulés dans la
Constitution.
Le Conseil constitutionnel s'est engagé
dans la voie du contrôle de constitutionnalité et statue sur la
régularité des opérations de vote et les réclamations qui s'y
rattachent avec pour seul souci d'assurer l'équilibre entre l'impératif
respect de la Constitution et les exigences de l'ancrage des fondements
démocratiques du pays. Il a, depuis sa création, rendu des décisions de
grande importance qui ont marqué la vie politique du pays.
Ainsi, le Conseil a assuré une grande
mission de contrôle qui a consisté à vérifier que la législation
nationale est conforme aux dispositions de la Constitution. Il a, ce
faisant, apporté sa propre contribution à travers des interprétations
judicieuses des règles constitutionnelles qu'il mit au diapason de
l'évolution de notre société, s'inspirant en cela des législations
régionales et internationales inhérentes aux droits de l'homme.
Ceux qui suivent le travail réalisé par
le Conseil ces deux dernières décennies sont unanimes à souligner qu
'il a accompli sa mission en veillant au respect de la Constitution et
en empêchant tout abus ou dépassement.
Le Conseil constitutionnel a assujetti
les deux pouvoirs législatif et exécutif au respect de leurs
attributions respectives pour éviter tout dépassement, conformément aux
dispositions constitutionnelles y afférentes et en application du
principe de séparation des pouvoirs.
Si le Conseil est plus connu auprès des
juristes et hommes de Droit d'assurer la fonction de contrôle de
constitutionnalité, sa mission de veiller à la régularité des élections,
à statuer sur les réclamations qui s'y rattachent et à proclamer les
résultats l'a mieux fait connaître au grand public. Les avis et
décisions rendus par le Conseil sont définitifs, immédiatement
exécutoires, s'imposent à l'ensemble des pouvoirs publics et ne sont
susceptibles d'aucun recours.
Mesdames et
Messieurs,
La dynamique de la magistrature
constitutionnelle et son évolution s'inscrivent dans le cadre du
processus de développement général de la société. C'est dans cette
perspective qu'il convient d'accorder un intérêt accru au contrôle de
constitutionnalité à la faveur de la nouvelle étape que notre pays vient
d'amorcer, une étape marquée par une croissance soutenue et rapide dans
divers domaines.
Le contrôle de constitutionnalité est
une culture, au même titre que la démocratie. Il doit passer par une
expérience et une pratique qui s'inscrivent dans la durée pour s'ériger
en partie intégrante de notre culture quotidienne et de notre réalité
politique.
Vous n'êtes pas sans savoir que la voie
vers la démocratie et l'Etat de Droit est longue et semée d'embûches,
c'est pourquoi il faut faire preuve de sagesse, de patience et de
persévérance et consentir autant d'efforts que de sacrifices.
Nous avons dès lors conscience que ce
que les autres ont accompli au fil de plusieurs générations ne saurait
être raccourci ni réalisé en un laps de temps chez nous, car nous
savons parfaitement que la démocratie n'est pas une prescription
médicale prête à l'emploi, valable pour toutes les sociétés quels qu'en
soient les lieux et les époques.
Il est tout à fait clair que la
démocratie ne peut être édictée par un décret, ni imposée aux gens par
la contrainte et la force. Elle est par essence une culture et une
pratique couronnant l'expérience d'une société donnée, dans sa
composante civilisationnelle et sa progression historique, étroitement
liée à ses spécificités, ses priorités et ses moyens.
L'Algérie qui oeuvre à être au diapason
des nouveautés au plan international et à s'intégrer positivement dans
le processus d'une mondialisation, que nous souhaitons porteuse de paix
et de prospérité pour toutes les nations, sans exception aucune, veille
assidûment à consacrer l'Etat de droit au sein d'une société
démocratique moderne et authentique. Elle aspire à occuper une place
particulière dans le concert de nations, partant de son attachement au
principe de la souveraineté de la Constitution.
Je saisis cette opportunité pour
encourager le Conseil constitutionnel à contribuer à répandre la
culture juridique constitutionnelle. J'exhorte dans le même temps toutes
les institutions nationales, et en particulier votre honorable Conseil
lui-même à s'ouvrir davantage sur leur environnement national, en
établissant des relations avec les universités et les centres de
recherche et en associant les chercheurs, les hommes de droit et les
étudiants pour qu'ils prennent connaissance du travail réalisé et de
tirer profit du capital jurisprudentiel que recèle le Conseil
constitutionnel. Ces efforts permettront ainsi de vulgariser la culture
constitutionnelle et de répandre les valeurs de la citoyenneté.
Je voudrais également saluer
l'établissement par le Conseil constitutionnel des relations d'échange
et de coopération solides avec d'autres tribunaux et conseils
constitutionnels, ainsi qu'avec les organisations et les organisations
régionales et internationales compétentes. Aussi, j'appelle à
l'élargissement et au renforcement de ces relations pour être au
diapason du développement du contrôle de constitutionnalité à travers
le monde et en tirer profit. Cette démarche permettra de renforcer les
opportunités de rapprochement et d'interaction et constituera une source
d'enrichissement mutuellement profitable.
Permettez-moi enfin d'adresser nos
remerciements à nos invités pour avoir répondu favorablement à
l'invitation de l'Algérie à prendre part à cette célébration en leur
souhaitant un très agréable séjour parmi nous.
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