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| Président de la République | ||
| Discours du Président de la République à l'ouverture du Sommet de réflexion sur le NEPAD | ||
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Alger, Plais des Nations, le 21 mars 2007 |
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Puisque, lors de notre dernière réunion à Addis-Abeba, vous avez décidé de tenir ce sommet à Alger, je dois vous dire que mon pays est très honoré de ce choix et que je vous souhaite très chaleureusement la bienvenue sur cette terre africaine où vous êtes toujours chez vous. Je suis convaincu que ces importantes assises seront à la hauteur des attentes de notre continent et de nos populations. Permettez-moi d’abord de rendre un vibrant hommage au Président Obasanjo pour son action inlassable et son dévouement admirable au service du NEPAD depuis sa conception et tout au long de son processus de maturation et de développement. Peu de temps après son élection à la Présidence du Nigeria, le Président Obasanjo a eu à participer à Alger au 35ème Sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine. Il se retrouve aujourd’hui à Alger, au moment où il s’apprête à achever un mandat présidentiel qui a permis au Nigeria de progresser et de s’affirmer aussi bien sur la scène africaine que sur la scène internationale.
L’Afrique lui sera à
jamais redevable de tout ce qu’il a apporté à la naissance et au
développement du NEPAD, comme de la détermination avec laquelle il a
conduit nos travaux et notre action collective. Monsieur le Président, En tant que programme de développement socioéconomique de l’Union Africaine, le NEPAD est l’une des dimensions les plus importantes de cette pensée africaine nouvelle et de la perspective moderniste qui la porte. Il représente l’instrument adéquat pour la prise en charge des préoccupations socioéconomiques de l’Afrique. Le NEPAD est né du constat sur lequel nous étions tous d’accord de la marginalisation persistante et croissante de l’Afrique sur le plan international, et de l’échec des tentatives menées antérieurement pour sortir notre continent de cette situation de sous-développement. Le NEPAD a marqué à la fois une prise de conscience des Africains de cette situation et leur volonté de s’appuyer en premier lieu sur leurs ressources et leurs sacrifices pour en sortir. Le NEPAD traduit ainsi pour les Africains une vision nouvelle de leurs responsabilités fondée sur leur décision de rester maîtres de leurs initiatives et des voies choisies pour le développement de leur pays. Les efforts déployés ces dernières cinq années sur la base de cette approche sont méritoires, car ils illustrent la prise en charge des affaires politiques et économiques du continent directement par les Africains eux-mêmes. Cet engagement direct des Africains a permis de réduire les opportunités d’interférences étrangères ainsi que les espaces de conflit et d’instabilité. Il a permis également de les impliquer de façon directe et responsable dans le rétablissement et le maintien de la paix sur le continent, ainsi que dans la reconstruction post-conflit. Il nous a permis de mieux appréhender nos priorités économiques, de les structurer dans le cadre de stratégies de développement cohérentes, et d’en faire des bases crédibles et opérationnelles de dialogue et de coopération entre les pays africains eux-mêmes et avec les principaux partenaires internationaux. Les taux de croissance positifs enregistrés depuis quelques années par un grand nombre de nos pays, une moyenne de 5,4 %, ainsi que l’élargissement constant des espaces de droit et de démocratie tout autant que la diminution du nombre de différends et de conflits armés sont assurément à inscrire à l’actif de cette dynamique. C’est indubitablement sous l’effet du NEPAD que, désormais, les pays africains accordent une meilleure attention à la question de la bonne gouvernance, à la gestion participative de même qu’au partenariat et à la consolidation de l’État de droit. Notre continent a opportunément pris conscience que la mauvaise gouvernance est l’un des principaux facteurs aggravants du sous-développement et que sa prise en charge est devenue une exigence fondamentale dans tout effort durable de développement de nos pays. La création du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs dans le cadre du NEPAD s’inscrit dans cette logique. Le bénéfice apporté à l’Afrique par cet instrument original et unique en son genre réside principalement dans son apport en termes de modernisation des instruments et méthodes de gestion, d’ancrage des règles et de la culture de l’État de droit et d’incitation à l’internalisation et l’opérationnalisation des normes internationalement acceptées en matière de bonne gouvernance. Il représente ainsi une adhésion volontaire à une dynamique de changement et de transformation dont nos sociétés et notre continent ne peuvent plus faire l’économie. L’adhésion de la majorité des pays membres de l’Union Africaine à ce mécanisme ainsi que le lancement des processus d’évaluation dans une quinzaine de pays sont des indicateurs encourageants à cet égard. Il faut absolument maintenir ce processus à l’abri de toute utilisation ou manipulation à des fins répréhensibles de coercition ou de pression. Il faut évidemment le perfectionner régulièrement à la lumière des enseignements et des expériences tirés des revues déjà engagées et à travers des exercices périodiques de concertation entre l’ensemble des parties prenantes dans cet exercice. Nous ne pouvons cependant passer sous silence les nombreuses insuffisances mises en relief lors de la mise en œuvre des projets de développement initiés dans le cadre du NEPAD. Les principales d’entre elles concernent l’insuffisance des ressources financières locales et internationales et la nette faiblesse du capital privé local et celle des investissements directs étrangers, en dépit des grandes facilités consenties, comme également la faiblesse des capacités institutionnelles nationales, régionales et continentales au niveau de la conception, de la réalisation, de la gestion et du contrôle de ces projets. Nos partenaires internationaux ont pris des engagements pour un accompagnement effectif dans la mise en œuvre des projets du NEPAD et le renforcement de nos capacités d’intervention. Ces engagements n’ont malheureusement pas été tenus comme nous l’aurions souhaité et ils ne sont pas toujours exempts de calculs qui servent davantage leurs intérêts que ceux de notre continent. Le Plan d’Action Africain reflète nos priorités de développement. Il fournit un aperçu de nos besoins mais aussi de nos efforts dans la préparation et le choix de nos principaux projets de développement régionaux et sous-régionaux. Il fournit de ce fait tous les renseignements utiles à ceux qui veulent sincèrement développer des partenariats productifs en Afrique et participer sérieusement au développement du continent. Au cours de cette réunion, nous aurons à prendre une décision sur la question cruciale de la finalisation du processus d’intégration du NEPAD à l’architecture globale de l’Union Africaine. Depuis l’année 2000, nous avons réalisé d’importants progrès tant dans la mise en place des différentes institutions politiques, économiques et sociales prévues par l’Acte constitutif de l’Union Africaine que dans la mise en chantier du NEPAD. Le parachèvement du processus de construction de cet édifice doit se poursuivre en satisfaisant à la même exigence de cohérence, de cohésion et d’harmonie dans la démarche qui nous a toujours guidés dans la conduite de cette grande entreprise. Notre expérience dans la mise en œuvre du NEPAD a mis en relief deux réalités. La première est que ce programme s’est imposé, par sa pertinence, sa rigueur et sa portée sur le long terme, comme une véritable plate-forme de travail en matière de développement socioéconomique. Le pari consiste aujourd’hui à rechercher les solutions adéquates permettant de surmonter les obstacles rencontrés et à trouver les moyens nécessaires à sa mise en œuvre progressive sur le terrain. La mobilisation des ressources locales et internationales par le recours à des voies innovantes, ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles d’intervention aux niveaux national, régional et continental sont, à cet égard, nos principales préoccupations. La seconde réalité est que le NEPAD apparaît de plus en plus comme faisant double emploi avec l’action de l’Union Africaine en matière de promotion du développement socioéconomique, et il est à craindre, pour nous comme pour nos partenaires au développement, une insuffisance de coordination en la matière avec l’Union Africaine dont le NEPAD est, en fait, l’émanation. C’est là une distorsion qu’il est urgent de rectifier. Le NEPAD est un programme de l’Union Africaine et nous nous devons de le renforcer dans cette dimension. Partant de ces considérations, il est opportun, à notre avis, que l’Afrique continue à accompagner fortement la mise en œuvre du NEPAD dans la phase actuelle. Il est tout aussi opportun que les mécanismes de coordination ainsi que les espaces de compétences soient revus dans un esprit de complémentarité et d’efficacité faisant du NEPAD le véritable programme de développement socioéconomique du continent et conférant à la Commission de l’Union Africaine la mission de la cohérence de ses objectifs et de sa démarche avec les autres programmes pertinents et complémentaires de notre organisation. Il me reste à faire une dernière observation concernant nos relations de partenariat avec le reste du monde et avec les grands pôles de développement en particulier. Le NEPAD a permis à l’Afrique de multiplier les cadres de concertation, de dialogue et de coopération avec les partenaires internationaux, aussi bien avec les principaux pays industrialisés, les grands ensembles économiques qu’avec les institutions économiques et financières internationales. Il a aussi permis de transformer et de renforcer ce dialogue pour l’inscrire dans une perspective de partenariat mutuellement bénéfique. Il convient, à cet égard, de rappeler que les stratégies et programmes sectoriels élaborés dans le cadre du NEPAD dans les différents domaines ont tous en partage, d’une part, l’insistance sur la responsabilité primordiale des pays africains eux-mêmes dans leur mise en œuvre et, d’autre part, l’appel pressant à nos partenaires au développement pour qu’ils contribuent à accompagner effectivement l’Afrique dans ses efforts. La vérité est que ces attentes de l’Afrique n’ont pas encore trouvé tout l’écho souhaité. Il est indéniable que les efforts déployés en direction du G8 ont ouvert des perspectives nouvelles à la coopération avec les principaux pays développés de l’OCDE, et à leur implication plus substantielle dans le développement du continent. Il en est de même des relations de coopération établies avec la République Populaire de Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, l’Amérique du Sud ou encore l’Asie. Nous avons toutes les raisons pour investir davantage d’efforts dans ces cadres de concertation et de coopération et de les intéresser encore plus au développement de notre continent. Car, il faut le relever, face à ces partenaires, l’Afrique a aujourd’hui des atouts multiples et des arguments solides à faire valoir pour instaurer avec eux des partenariats nouveaux fondés sur l’égalité, le respect mutuel, la complémentarité et la solidarité. Ce sont là seulement quelques modestes observations destinées à amorcer notre débat. En vous renouvelant mes souhaits de bienvenue, je souhaite plein succès à nos travaux et vous remercie de votre aimable attention. |
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