Président de la République
Message du Président de la République à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Eau 

Alger,  le 22 mars 2007


La célébration de la Journée Mondiale de l’Eau a été placée cette année par les instances internationales, sous le thème « Comment faire face à la pénurie d’eau ? » 

Ce choix dénote une prise de conscience, à l’échelle planétaire, de la crise de l’eau, ressource rare, fragile et inégalement répartie. Dans de nombreux pays, les prélèvements d’eau approchent le niveau limite des ressources disponibles et les changements climatiques annoncés, ne feront qu’accroître les difficultés de répondre aux demandes, en constante augmentation, d’origines urbaines ou agricoles. 

Les populations qui n’ont pas accès à l’eau potable et ne bénéficient pas d’un système d’assainissement et souffrent des maladies de l’eau impropre, représentent des chiffres alarmants. Les tensions et les conflits entre peuples et États pour la répartition de la ressource deviennent, eux aussi, récurrents.

 A l’aube du XXIème siècle, plus d’un milliard d’êtres humains continuent à ne pas avoir accès à l’eau potable. C’est une véritable atteinte aux droits de l’homme qui touche particulièrement la vie des plus vulnérables de la planète.

 L’eau est devenue une problématique prioritaire du développement durable et, apporter les solutions idoines à sa rareté, un réel défi. 

En Algérie, le bouleversement climatique global et la baisse continue de la pluviométrie depuis plusieurs décennies font vivre à notre pays une réelle situation de stress hydrique et le situent dans la catégorie des pays pauvres en ressources en eau. 

Afin de faire face à cette situation et d’élaborer la réponse algérienne à la rareté de l’eau, l’État a fait de l’eau un droit pour les Algériens et s’est engagé dans un vaste programme dont les axes prioritaires sont d’augmenter et diversifier les capacités de mobilisation d’eau, de réduire les déficits en alimentation en eau potable des populations, de généraliser l’épuration des eaux usées, d’étendre les superficies irriguées et enfin, d’améliorer les indicateurs de gestion.

En adoptant, en février 2007, le schéma directeur national de l’eau, l’Algérie s’est dotée d’un outil de planification aux horizons 2040 souple et efficace, qui dresse un bilan exhaustif des potentialités hydriques nationales et définit les investissements et les options de gestion à mettre en œuvre. 

L’objectif de cette projection planificatrice est d’assurer un équilibre durable entre Besoins - Ressources dans le domaine de l’eau et de donner, ainsi, une visibilité qui puisse servir de base aux différents programmes de développements sectoriels. 

Ainsi, en 2009, le nombre des grandes infrastructures de mobilisation atteindra 69 barrages et 26 grands transferts pour une capacité totale de 7,2 milliards de m3. Cette capacité devra passer, pour l’ensemble des eaux conventionnelles (eaux souterraines comprises), à 11 milliards de m3 en 2025 et 12 milliards en 2040.        

Le recours aux eaux non conventionnelles constitue également un choix stratégique de l’Algérie, aussi bien pour le dessalement de l’eau de mer que pour l’épuration des eaux usées. Un programme important est conduit dans ce sens, pour la réalisation de 16 usines de dessalement produisant à terme 1 milliard de m3/an et de 60 nouvelles stations d’épuration qui permettront de réutiliser 900 millions de m3/an pour l’agriculture. 

Avec une dotation quotidienne moyenne par habitant de 150 litres et des taux de raccordement de 90 % pour l’eau potable et de 85 % pour l’assainissement, l’Algérie, qui a déjà atteint les objectifs de développement du millénaire en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, consolidera ces acquis à partir de 2009 en assurant un rééquilibrage entre les régions et les usages, et une équité dans la dotation en eau. 

Ces efforts considérables et coûteux pour la collectivité nationale devront obligatoirement avoir pour corollaire, une gouvernance éclairée, juste et efficace. Préserver la ressource et en rationaliser l’usage seront à l’avenir les maîtres mots de la politique nationale de l’eau.

 Les citoyennes et les citoyens doivent, pour leur bien et celui des générations futures, intégrer le fait que la rareté de l’eau n’est et ne sera plus un phénomène conjoncturel ou ponctuel, mais une donnée constante des prochaines années. Ils doivent également savoir que le cycle de l’eau est onéreux et que donc, les pratiques de gaspillage et de pollution sont à bannir au profit d’une démarche de l’économie solidaire et responsable.

 L’eau est un don précieux et vital. Il est indispensable de la respecter, de la préserver et d’en faire un usage parcimonieux. 

   Abdelaziz BOUTEFLIKA 

 


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