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J'aborderai avec vous aujourd'hui les aspects essentiels de la
vie des collectivités locales, notamment la réforme des
collectivités territoriales et la problématique de la
décentralisation et de la déconcentration qui en découle, le
développement local, la gestion des collectivités locales, et
toute l'importance de la ressource humaine et de la formation
dans cette gestion.
La
légitimité qui est aujourd'hui la vôtre est un motif de fierté
pour vous, mais elle est également porteuse d'une lourde
responsabilité parce que les suffrages que vous avez obtenus
expriment beaucoup d'attentes et beaucoup d'espoir chez les
citoyens qui vous ont choisis.
En
vous choisissant, chaque Algérienne et chaque Algérien vous ont
confié une grande responsabilité dans plusieurs domaines
consacrés par la Constitution et inscrits dans notre action
quotidienne.
Les
citoyens algériens, notamment les jeunes, attendent de vous des
réponses à leurs multiples attentes, une amélioration de
l'environnement et de la qualité de vie, une prise en charge
efficace du service public mais aussi plus de transparence dans
les décisions qui les concernent à travers une information
organisée, plus d'écoute et de participation dans les choix
relatifs au développement de leur commune.
Les
résultats des dernières élections locales illustrent
parfaitement les changements importants intervenus au sein de
notre société :
- 70%
des élus et des Présidents d'Assemblées populaires communales
ont moins de 50 ans, ce qui reflète la jeunesse de notre
population et son implication dans la vie politique locale.
-
Plus de 30% de ces mêmes élus ont un niveau supérieur.
Cette
nouvelle configuration des assemblées élus est révélatrice d'une
plus grande implication des jeunes générations qui prennent
ainsi le flambeau de la génération de la lutte de libération
pour construire l'Algérie nouvelle.
En
plaçant la réforme des collectivités territoriales au centre de
la réforme des missions et des structures de l'Etat, nous avons
voulu consolider la démocratie locale et lui donner tous les
moyens pour qu'elle s'exprime.
Notre
démarche fondée sur une décentralisation et une déconcentration
pragmatiques et progressives, est aujourd'hui largement engagée,
et des projets de loi ont été préparés, visant la clarification
des missions et des compétences de l'ensemble des acteurs locaux
et l'amélioration de l'organisation et du fonctionnement des
collectivités territoriales.
En
plus de toutes les améliorations attendues de cette réforme, la
réorganisation territoriale va bientôt se traduire par la
désignation de Walis délégués à la tête des circonscriptions
jugées importantes par leur population, le nombre de leurs
communes, leur vocation et la complexité de leur gestion, pour
une meilleure emprise sur la réalité du terrain et pour réduire
les distances entre les centres de décision et l'espace
territorial concerné pour une meilleure gestion de proximité.
Dans
cette démarche, un intérêt particulier a été accordé à la
refonte des finances et de la fiscalité locales, parce qu'elles
sont une condition préalable à toute la réforme des
collectivités locales. Cette refonte, qui va permettre une
augmentation appréciable des ressources communales, donnera à
l'élu les moyens d'exercer pleinement ses missions et le rendra
capable de plus d'initiatives.
Mesdames, Messieurs,
Le
développement local a constitué la pierre angulaire de notre
action économique et sociale.
Déjà,
la loi de finances complémentaire pour l'exercice 2008 a
introduit des mesures concrètes d'amélioration des finances
locales :
-
l'assainissement des dettes des communes évaluées pour la
période de 2000 à 2007 à 22,9 milliards DA,
- la
prise en charge sur le budget de l'Etat de l'incidence
financière résultant de l'augmentation des salaires des agents
des collectivités locales à 18,4 milliards DA,
-
l'augmentation des quote parts des communes dans le produit de
certains
impôts et taxes,
-
l'augmentation des dotations de péréquation pour compenser les
moins-values fiscales qui passent de 5,5 milliards DA à 25
milliards DA en 2008.
Maintenant, il est nécessaire que, de votre côté, vous fassiez
preuve de pragmatisme, de détermination, d'initiative et de
transparence dans la gestion de vos communes, car le
développement local qui a toujours été perçu comme relevant de
la seule responsabilité de l'Etat central, est en train d'être
redéfini pour s'inscrire dans les responsabilités des communes.
Cette option prioritaire du développement local a été affirmée
dans les différents programmes dont le programme de soutien à la
relance économique, le programme de soutien à la croissance
économique, les programmes sectoriels de développement, les
plans communaux de développement et les programmes spécifiques
tels que les programmes pour les régions du Sud et les Hauts
plateaux.
Tous
ces programmes ont été réalisés pour permettre aux citoyens de
bénéficier des équipements publics de base et de proximité, et
encourager prioritairement les grands projets économiques.
Rappelons qu'il s'agit au niveau national de plus de 110.000
opérations liées à l'alimentation en eau potable et
l'assainissement, à la réalisation d'infrastructures de jeunesse
et sport, de culture, d'éducation, de santé et d'environnement,
et d'infrastructures administratives et de désenclavement.
Plus de 530 milliards DA ont été mobilisés entre 1999 et 2008,
soit en moyenne 50 milliards DA par an, contre une moyenne de 8
milliards DA par an seulement entre 1962 et 1999.
Il
vous appartient, à votre tour, de prendre en charge les
réalisations achevées dans le cadre des programmes de
développement dans tous les volets liés à leur gestion, leur
maintenance et leur entretien, ainsi que leur bonne exploitation
pour éviter toute dégradation préjudiciable à la collectivité.
Mesdames et Messieurs,
Les
nouveaux moyens de communication donnent à nos jeunes un accès
facile et une plus grande ouverture sur le monde et ses progrès,
ce qui les rend plus exigeants dans leurs attentes et plus
conscients des enjeux économiques et sociaux.
En
même temps, la mondialisation a rendu les relations
internationales plus complexes, plus dures, et le compter sur
soi primordial.
Dans
cet environnement mondial complexe, nous avons opté pour un
développement véritable, celui qui maintiendra une balance des
paiements équilibrée, une disponibilité des produits de base,
une création d'emplois soutenue et de services publics
efficients.
Un
tel développement ne peut reposer que sur des activités
créatrices de richesses réelles, ce qui signifie que nous devons
rendre l'Algérie plus attractive pour l'investisseur national
tout d'abord, et aussi pour l'investisseur étranger.
Ces
investissements passent nécessairement par la création d'un
environnement adéquat, d'une meilleure qualité de vie, d'un bon
fonctionnement des services publics (ordre public, logement,
école, santé, transport y compris les loisirs) et des
infrastructures de base performantes.
Les Assemblées populaires communales portent la responsabilité
de la prise en charge du quotidien des citoyens de leurs
communes, mais elles ont aussi un rôle essentiel à jouer dans
l'encouragement aux investissements productifs.
Mais
toute cette dynamique de réforme des collectivités locales est
largement conditionnée par la modernisation des instruments et
des actes de gestion, des ressources humaines, ainsi que par
l'amélioration des compétences.
Pour
y parvenir, plusieurs mesures ont été prises, en particulier
l'élaboration d'un statut des personnels des collectivités
locales qui introduit la gestion par la compétence et permet la
professionnalisation des acteurs du service publics local. Ce
nouveau statut s'appuie sur un schéma directeur de la formation
au profit des collectivités locales.
La
construction de six établissements de formation vient d'être
inscrite et va porter à 11 les établissements de formation des
collectivités locales avec une capacité pédagogique de 9.000
places. Ces établissements seront le fer de lance de notre
politique de modernisation de la gestion, et le levier de la
professionnalisation des agents des collectivités locales.
Nous
avons voulu aussi que l'Ecole Nationale d'Administration soit
mise sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur et des
Collectivités Locales, et sa réforme doit lui permettre de mieux
répondre aux besoins de l'administration publique, et
particulièrement des collectivités locales.
Le
projet de création de l'Ecole des ingénieurs Territoriaux
viendra compléter le tissu de formation ainsi mis en place.
Nous
sommes convaincus que le véritable changement se fera par la
formation, et le souci de professionnalisation concerne d'abord
les hauts fonctionnaires territoriaux, comme les élus.
Des
secrétaires généraux de commune aux Chefs de Dairas, inspecteurs
généraux de Wilaya, directeurs, ainsi que les secrétaires
généraux de Wilaya et bientôt les walis, en bref tous les cadres
territoriaux, ont eu et auront à se remettre en question à
travers une formation au management public qui leur permettra
une meilleure compréhension de leurs rôles et activités, le
développement de leur efficacité personnelle et la maîtrise de
méthodes modernes de gestion.
La
communication, la qualité du service public, la gestion des
crises, les systèmes d'évaluation de la qualité et la
performance du service public sont autant de problèmes abordés
qui démontrent la volonté d'évoluer vers une gestion plus
qualitative fondée sur de réelles compétences managériales.
Mesdames et Messieurs,
La
formation que vous avez eu à suivre, et qui est une première du
genre, s'inscrit dans cette vision globale où tous les acteurs
de la vie locale, dont vous faites parties, auront à acquérir
des compétences et améliorer leurs capacités de gestion et
d'action.
Prendre en charge la complexité de la gestion communale,
privilégier l'efficacité des actions, instaurer la transparence
et l'écoute, développer l'initiative locale, c'est cette logique
de promotion de nouvelles méthodes et actions que nous
encourageons.
Il
est souhaitable que votre action s'inscrive désormais dans une
autre forme de rapports avec l'administration et avec les
citoyens.
D'abord, avec les citoyens que vous devez nécessairement faire
participer à l'élaboration du plan de développement de la
commune à travers la définition de leurs besoins et leur
hiérarchisation. Le citoyen ne doit plus se confiner dans une
attitude passive ou revendicative, mais vous devez l'aider à
s'engager dans une démarche participative qui fera réellement
évoluer la démocratie locale.
Les
ambitions de la commune, ses valeurs et son développement seront
mieux partagés par tous à travers cette approche dynamique de la
vie en collectivité.
Partant de là, vous devez être en mesure, si ce n'est déjà fait,
de projeter le développement de vos communes sur toute la durée
de votre mandat (5 ans), le concerter avec les autorités locales
et le formaliser dans un contrat programme qui est l'acte par
lequel se définissent les responsabilités de chacun et qui
permet d'évaluer les résultats de la gestion locale.
Mesdames et Messieurs,
Je
voudrais vous remercier d'avoir répondu à notre appel et
d'associer ainsi votre disponibilité à la réussite de cette
mission qui doit désormais être érigée en action permanente et
continue dans le but d'encourager les initiatives et
d'entretenir l'essor économique de nos collectivités.
C'est
sur cette dernière note toute chargée d'optimisme et de
confiance en l'avenir que je terminerai mon propos en vous
souhaitant beaucoup de succès dans vos travaux, dans
l'accomplissement de vos missions et dans la concrétisation des
projets de vos communes. Ces succès dépendront de la force de
votre détermination et de votre opiniâtreté au service de la
chose publique.
Je
vous remercie de votre attention".
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