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Ce qui avait alors rendu la séparation et l’exil supportables,
ce sont bien ces liens qui nous unissaient à nos frères d’armes,
mais aussi notre attachement commun aux principes et notre
constance en dépit des épreuves et malheurs rencontrés. Je
saisis cette occasion pour souhaiter plein succès aux travaux du
11ème Congrès de notre illustre organisation.
J’ai l’intime conviction que l’Organisation nationale des
Moudjahidine (ONM), forte de ses hommes et de ses femmes et
grâce à sa méthodologie reposant sur ses principes et les
enseignements de sa lutte et à sa fidélité à ses convictions et
à sa référence, apportera au cours de ce Congrès un plus
qualitatif, qu’il s’agisse des préoccupations et des affaires
internes de l’organisation ou de la qualité de la participation
à la réalisation des objectifs nationaux.
Depuis sa création, l’ONM n’a point failli à sa mission. Elle
s’est toujours acquittée pleinement de son devoir national et
elle continue d’assumer, soutenue en cela par une composante au
patriotisme avéré, des responsabilités cruciales puisque le pays
et les nouvelles générations en particulier attendent d’elle
qu’elle participe à l’accompagnement du processus de mutations
en cours et des réformes à venir.
Il est évident à mon sens que l’Organisation nationale des
Moudjahidine continuera de nous éclairer et guider dans le
contexte de dynamique globale de passage à une nouvelle étape
dans la construction du pays et de l’Homme. Certes la réforme
vise dans son essence l’orientation du mouvement de vie des
individus vers des valeurs à même d’améliorer la qualité de
cette vie, mais elle ne doit pas pour autant déboucher sur une
cassure globale dans le système social avec les graves
conséquences pouvant en découler.
J’entends par là que la réforme, donc le redressement de la
trajectoire, est avant tout une nécessité et un devoir national
qui vise à opérer des changements fondamentaux dans le système
social et politique avec efficacité et conformément aux choix et
aux aspirations populaires. Mais il n’est pas question de partir
sur des bases sans identité car une telle attitude risque de
porter un coup à la réforme en question et de produire un effet
contraire à ses objectifs.
C’est dans ce contexte précis qu’intervient le rôle de l’ONM
pour assurer le maintien et la perpétuation des liens avec les
valeurs nationales authentiques et avec le legs éternel de la
glorieuse révolution de Novembre.
Ces réformes, bien que radicales, ne nous empêchent en rien
d’assurer cette continuité et de garantir un havre sûr pour les
nouvelles générations face aux tentatives de déracinement
déferlant de tous bords.
La référence à l’importance de ces principes et à leur caractère
inéluctable dans la réalisation des objectifs conformément à la
volonté nationale et en prenant en compte les intérêts
essentiels du pays et du citoyen ne doit pas renvoyer à une
appréhension erronée de la nécessité de s’appuyer sur le
principe de la souveraineté populaire, de revenir à la volonté
du peuple et à la représentation émanant du choix démocratique
libre des citoyens à différents niveaux.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que la transition vers un
nouveau mode de pratique politique, d’exercice des libertés
individuelles et collectives et de liberté d’expression et de
critique, est une évolution naturelle et une étape
incontournable si nous voulons appréhender la nouvelle réalité
avec les moyens nécessaires, une entreprise qui loin de renier
ni dénigrer les efforts précédemment consentis, ambitionne de
les consolider.
Elle est aussi une exigence nationale dans toute sa spécificité
et sa différence tout comme l’était la glorieuse révolution de
Novembre singulière par sa méthode, ses hommes et son message.
Aussi, je reste convaincu que les prochaines élections
législatives qui interviendront à la lumière de nouvelles
donnes, en termes de garanties offertes et de moyens juridiques
confortés et autres exigences, constitueront une transition sûre
et de qualité qui cadre avec la volonté de changement et avec
notre détermination à éradiquer certains procédés résiduels qui
ont entaché les structures publiques voire l’image des
institutions de l’Etat et leurs missions.
Il me faut également dire à cet effet, que l’élection d’une
Assemblée législative avec une composante humaine qui traduit la
libre volonté du peuple et la représente de la meilleure manière
qui soit, est une démarche à même de renforcer le processus de
développement et de progrès dans tous les domaines. Je serai
réellement heureux de voir notre nation concrétiser ce projet
alors qu’elle s’apprête à célébrer le cinquantenaire du
recouvrement de la souveraineté nationale et prouver ainsi sa
capacité de préserver cet acquis arraché au prix d’immenses
sacrifices.
Chers sœurs, chers frères
Nous pouvons, aujourd’hui, discourir plus aisément qu’auparavant
lorsqu’il s’agit d’évaluer ce qui a été entrepris pour répondre
aux besoins des Moudjahidine et des ayants droits. J’estime
qu’avec les avancées réalisées en matière de mise en œuvre de la
loi relative au Moudjahid et au Chahid et des textes
d’application, nous avons pu combler le fossé entre les besoins
réels en débat et les mesures de réponse proposées.
Nous sommes parvenus avec l’aide de Dieu, à assurer une vie
décente aux Moudjahidine et aux ayants droit et à suivre de
près, et à travers les dispositions successives, la situation de
cette catégorie par la multiplication de structures d’accueil et
la mise en place d’outils de travail pour sa prise en charge
psychologique et sanitaire et l’amélioration des différentes
aides sociales. Nous comptons continuer sur cette voie pour que
ni le Moudjahid ni l’ayant droit n’aient à ressentir une
quelconque forme de besoin ou de négligence.
Permettez-moi de rappeler à cette occasion, ce que j’avais
longuement évoqué lors de votre 10ème Congrès la priorité à
accorder à l’histoire de la révolution, à la résistance
nationale et à l’histoire de l’Algérie de manière générale. Car,
de jour en jour s’affirme la valeur de civilisation et
d’invincibilité des enfants de notre Nation et des générations
futures en particulier dans ses aspects liés à l’identité et à
l’histoire de la guerre de libération.
Il est donc attendu de l’ensemble des instances concernées, de
redoubler d’efforts pour propager la sensibilisation à
l’histoire considérée comme un facteur indispensable au
parachèvement de ce que nous voulons réaliser en matière de
développement civilisationnel au sein d’une société homogène et
forte, à l’abri de toute aliénation ou violation.
Si j’ai souhaité voir ce Congrès constituer une étape importante
dans le renforcement des capacités de l’Organisation et de son
rôle dans la société, nous ambitionnons à travers ce nouveau
souffle, l’intensification des efforts pour mettre à profit le
temps au service de la mémoire de la révolution et de son
histoire. Outre le fait qu’elle constitue un impératif vital et
un droit des générations montantes, l’Histoire est également un
espace pour s’affirmer et un fondement essentiel dans les
domaines de prééminence et de luttes.
Le temps passe emportant avec lui des hommes et des femmes au
fait des secrets de l’histoire, et aujourd’hui nous sommes face
à une situation qui ne tolèrerait ni négligence ni retard.
Toutes les fois qu’un Moudjahid disparaît, indépendamment de sa
position dans la pyramide de la révolution, nous enterrons avec
lui une partie de l’histoire, et une information précieuse s’en
va si elle ne venait pas à être enregistrée et répertoriée.
J’appelle les frères et sœurs, à sauver ce qui peut être sauvé,
car ils savent mieux que toute autre personne, que toute
édification dénuée d’histoire est une édification sans fondement
aucun et que toute Nation dépourvue de conscience historique est
une nation dépourvue de potentiel de créativité et d’intégration
dans le processus de développement.
Il y a lieu de réaffirmer, dans ce sens, la nécessité de
l’écriture de l’histoire de la révolution et du mouvement
national sur la base d’une vision pertinente et de critères
objectifs de manière à répondre à l’aspiration de tous les
Algériens et Algériennes, à savoir une histoire où l’on se
réconcilie avec soi sans sélection, ni exclusion, ni occultation
ou falsification des faits.
Je souhaite que cette Organisation soit une citadelle qui
fournira à l’école algérienne de l’histoire la matière
authentique aidant à assainir notre histoire des éclaboussures
des écrits irréfléchis et des souillures des campagnes de
désinformation coloniales. L’Algérie qui aspire à de nouvelles
perspectives s’oriente vers l’avenir avec vigilance. Vous avez
choisi, à dessein, de tenir votre Congrès la veille de la
célébration de la fête de la victoire. D’où la nécessité
d’attirer votre attention sur les questions d’actualité majeures
en s’inspirant des hautes significations de cet événement
historique important pour notre nation.
Je tiens, tout d’abord, à rendre hommage aux valeureux Chouhada
de l’Algérie qui se sont sacrifiés pour la libération de la
patrie et à m’incliner devant leur mémoire priant Dieu
Tout-Puissant de les récompenser. Il est grand temps, cinquante
ans après le recouvrement de l’indépendance nationale, de
percevoir les fruits de l’interaction et de la complémentarité
réelle entre la génération de Novembre et les générations
montantes et de voir dans ce contexte particulier et délicat,
les Moudjahidate et Moudjahidine affirmer leur mobilisation et
leur engagement dans le soutien du processus national.
Comme il est temps de sentir leur souci de sensibiliser les
jeunes à l’importance des enjeux présents et à venir, de leur
ouvrir la voie, de les inciter à s’impliquer dans les mutations
que connaît la société et à participer activement au
développement du pays de manière à lui permettre d’occuper la
place qui lui sied.
Vous qui avez vaillamment accompli votre devoir national et qui
êtes restés fidèles au serment, Vous qui avez lutté, unis sous
la bannière du Front et de l’Armée de libération nationale,
constituerez à jamais et nonobstant les courants intellectuels
et appartenances politiques, une famille révolutionnaire unie et
dévouée à la protection de l’unité et de l’intégrité du pays, de
l’identité de la nation et de ses intérêts et de la cohésion du
peuple amazigh, arabe et musulman soudé au sein d’une seule et
unique Patrie.
Les Moudjahidine et leur organisation séculaire ont un rôle
prépondérant dans la préservation des précieux acquis de
l’indépendance, la pérennisation des valeurs révolutionnaires et
la préservation des symboles nationaux.
Notre pays qui est passé de la légitimité révolutionnaire à la
légitimité constitutionnelle, poursuit sa marche jalonnée de
réalisations en matière de développement et ponctuée de réformes
politiques dans le sens de la modernisation des institutions de
la République, la consolidation de l’Etat de Droit, l’ancrage de
la pratique démocratique, la protection des libertés et la
promotion des droits de l’Homme.
Autant d’efforts pour édifier une société équilibrée et prospère
où la citoyenneté se dévoile sous sa forme la plus noble et où
tous les Algériens jouissent d’une vie digne et décente. La
véritable révolution n’est autre qu’une volonté de changement,
d’édification et de renouveau continu.
Le patriotisme authentique est synonyme de bonne citoyenneté qui
doit prendre forme dans le comportement exemplaire de tous les
membres de la société, mais également, dans leur engagement à
assumer leurs responsabilités, accomplir au mieux leur devoir
national et exercer pleinement leur droit constitutionnel à
travers leur participation massive aux prochaines échéances
électorales, à commencer par les élections législatives.
Les citoyens sont appelés à exprimer librement leur choix. Ils
doivent savoir que leur voix est importante et qu’elle peut
influer non seulement sur la prise de décision mais aussi sur la
protection des acquis du pays et leur valorisation à travers le
parachèvement des programmes d’édification et de renouveau
susceptibles de consacrer développement et progrès.
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